Le journal « Liberté Hebdo » passe au sensationnel, Le Pr Aimé Gogué (ADDI) recadre dans un droit de réponse !

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ADDI ne pouvait donc appeler ses militants à participer à des manifestations dont elle ignorait les objectifs et les stratégies.

 

Au Directeur de publication du journal « Liberté »

Suite à votre article intitulé;  » Des gymnastiques et des mensonges pour justifier la candidature du Prof Aimé Gogué  », en page 7 de la parution de Liberté n0 1852 du mardi 23 décembre 2014, je vous prie de publier intégralement le droit de réponse de ADDI que vous trouverez ci-joint.
L’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI) a toujours loué les services rendus par les médias, surtout les medias privés pour leur engagement dans la lutte pour la promotion de l’état de droit et la démocratie au Togo. Liberté figure en bonne place parmi les quotidiens togolais dont ADDI recommande la lecture. Nous avions malheureusement constaté depuis notamment le retrait du parti du conclave une dérive du journal. Directement mais discrètement, nous avions eu à attirer l’attention du directeur de publication sur les contre-vérités qui étaient apparues dans une des parutions du journal après la sortie du parti dans la Région des Plateaux. Et pourtant la publication de mensonges sur le parti sont devenues monnaie courantes. Par contre, tout article envoyé par ADDI pour publication ne paraissait plus dans votre journal. Cependant, en raison du fait que nous avions pensé que Liberté était un journal indépendant et respecté, nous avons voulu observer pour voir jusqu’où vous conduira cette dérive dans le mensonge et le dénigrement méchant et gratuit .

Malheureusement, dans la parution du 23 décembre dernier, votre journal publiait in extenso ce qui est qualifié de « Compte rendu d’une réunion de l’ADDI à Dapaong ». Nous confirmons que le document en question qui du reste n’est pas authentifié, est un faux. Ce document n’a jamais existé puisqu’à ce jour où nous vous écrivons, la Fédération de l’ADDI de Tone, n’a encore adopté aucun compte-rendu relatif à la réunion du 15 décembre qui elle, a bien eu lieu. C’est dommage !

Nous profitons de ce droit de réponse pour préciser la position de ADDI sur : (i) la candidature unique ; (ii) la proposition de loi portant modification de la constitution ; (iii) les manifestations organisées par CAP 2015 et des ODDH ; et (iv) un éventuel troisième mandat à Faure.

(i) Candidature unique

Cela fait plus d’un an que ADDI, le seul parti politique à avoir lutté pour la candidature unique de manière constante, explique à ces camarades de lutte que la candidature unique n’est pas la meilleure stratégie pour garantir la victoire de l’opposition aux élections présidentielles. Ce n’est pas parce que nous avions toujours soutenu un candidat qui n’est pas de ADDI par le passé qui justifierait le choix d’un candidat appartenant à ADDI pour la prochaine élection présidentielle.

(ii) Proposition de loi portant modification de la constitution

A la suite de l’échec de Togotélécom 2, nous avions proposé, sans succès, à notre principal partenaire politique, l’ANC, de prendre des initiatives pour les réformes. Nous avions renouvelé notre proposition au lendemain du rejet, par les députés de UNIR, du projet de loi portant révision de la constitution le 30 juin dernier : sans succès. Dès l’ouverture du conclave, nous sommes revenus à la charge. Cette fois-ci les participants au conclave ont adhéré à l’idée. Malheureusement, ceux qui avaient la charge de faire avancer ce dossier n’ont rien fait. Faisant le constat que nos collègues du conclave ne voulaient pas accorder la priorité aux réformes, ADDI s’est donc retirée du conclave. Il est important de rappeler que nulle part dans la plate-forme du CST, il n’est question de candidature unique. La plate-forme du CST ne parle que des réformes.

Pour confirmer à la population que notre sortie du conclave était justifiée par la priorité à accorder aux réformes, ADDI et le CAR ont pris l’initiative de la proposition de loi.

(iii) Manifestations organisées par CAP 2015 et les ODDH

L’adhésion des partis politiques membres de CAP 2015 ont permis de transformer cette initiative en proposition de loi.
Avant l’obtention de cet accord CAP 2015 avait invité la population à une grande manifestation dans le but de soutenir la demande pour les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Nous avions demandé aux responsables de deux partis politiques membres de CAP 2015 et au Président d’un des ODDH aux manifestations, de dire aux responsables de CAP 2015 notre position sur les manifestations : bien que conscient des résistances du régime en place de procéder aux réformes, il serait plus indiqué d’attendre leur réaction à la proposition de loi avant d’entreprendre quelle qu’action que ce soit. Nous profiterions de cette période d’attente pour sensibiliser la population afin qu’elle soit prête pour participer à des manifestations sur toute l’étendue du territoire national au cas où le régime démontrerait sa volonté à ne pas entreprendre les réformes tant souhaitées par les Togolais. Nous avions dit à nos militants de se tenir prêts pour participer aux manifestations si la situation le justifiait. Pour ADDI, les manifestations sont prématurées. En outre, il est important que l’objectif des manifestations soit clair : est-ce pour ce qui concerne l’élection présidentielle, l’obtention de la limitation des mandats et d’un mode de scrutin à deux tours ou l’interdiction à Faure d’être candidat pour la prochaine élection présidentielle ?

Malgré cette diplomatie discrète envers CAP 2015 sur ces manifestations, il faut réaffirmer que de manière officielle, ni CAP 2015 , ni les ODDH, n’ont jamais associé ADDI à l’organisation des ces manifestations. ADDI ne pouvait donc appeler ses militants à participer à des manifestations dont elle ignorait les objectifs et les stratégies.

Sans s’être associé aux manifestations, dans ses interventions dans les media, ADDI a toujours ouvertement soutenu ses amis de CAP2015 lorsque le gouvernement les a malmenés et a toujours soutenu que si ces manifestations pouvaient contribuer à l’obtention des réformes ce serait une bonne chose.

Dans notre dernière visite à Tone, et dans la réunion dont vous avez publié un faux PV, nous avons clairement mis en alerte nos militants, pour qu’ils se tiennent prêt à manifester lorsque nous leur ferons signe.

(iv) Question d’in troisième mandat à Faure2015

Pour ADDI la question de réformes ne doit pas être liée à celle de la candidature de Faure. Il revient à la Cour Constitutionnelle de s’occuper de la deuxième question qui est par ailleurs différente de l’octroi d’un troisième mandat à Faure. Il faut également noter en passant que l’histoire d’inéligibilité de Faure, pour cause de coup d’état de 2015, devrait aussi être réglée par la Cour Constitutionnelle. Telle est la position officielle d’ADDI. Notre parti n’a jamais négocié un quelconque troisième mandat pour Faure car c’est une absurdité de parler de négociation d’une telle nature. Dans tous les contacts avec les diplomates ou les religieux, la question de la candidature éventuelle de Faure aux prochaines élections est évoquée en tant que pomme de discorde essentielle entre UNIR et une partie de l’opposition et des propositions diverses ont été évoquées pour résoudre ce différent. ADDI pour sa part a pris et a annoncé sa position officielle qui consiste à dissocier cette question de la candidature de Faure avec la question des réformes pour permettre de rechercher un consensus non personnalisé. Est-ce cette position qui fait de ADDI un vendu à UNIR ?

ADDI n’est pas membre de CAP 2015 mais reste convaincue que la stratégie de la candidature unique n’est pas la panacée pour l’alternance en 2015. La probabilité que le Conseil National de ADDI décide du choix d’un militant du parti pour représenter ADDI à la prochaine élection présidentielle est fort élevée mais pour l’instant le parti choisit de consacrer plus d’efforts à l’obtention des réformes. Pour ADDI, l’unité d’action de l’opposition reste possible même sans candidature unique. Du reste, la candidature unique de l’opposition est une utopie rendue irréalisable du fait des divergences sur la question et l’annonce déjà actée de plusieurs candidats déjà en campagne. ADDI estime donc que ses actions peuvent encore s’inscrire dans une stratégie unitaire plus inclusive pour l’alternance en 2015.

ADDI estime important de prendre de la hauteur afin d’inscrire toute action dans le cadre d’une réflexion stratégique approfondie afin d’éviter les erreurs et errements du passé qui ont souvent coûté très cher à l’opposition et au peuple togolais.

Joyeux Noel.

Pour le Comité de Direction de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), le Président

Tchabouré Aimé GOGUE
 

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