L’armée américaine ne fait pas le poids en cas de conflits multiples (rapport)

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Aujourd’hui les USA ne peuvent gérer qu’un conflit à la fois. Participer à deux grandes campagnes militaires ou plus serait au-dessus de leurs moyens. Telle est la conclusion du rapport « Indice de puissance militaire des USA 2015 » préparé par les experts de l’ONG Heritage Foundation.

« Les forces armées américaines sont trop mal équipées pour participer à deux grands conflits régionaux à la fois », estiment les auteurs, rappelant que ce niveau de potentiel militaire était considéré comme un standard pour l’armée américaine depuis la Guerre froide: « A cette époque, les USA s’engageaient dans une grande campagne tous les 15-20 ans, conservant en parallèle leur présence militaire dans d’autres régions ». Selon les estimations du commandement militaire, cela permettait d’infliger une défaite à un grand ennemi, sans pour autant permettre à d’autres forces de profiter de la situation et d’attaquer les USA dans une autre région.

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« Mais les temps ont changé. La réduction permanente des dépenses militaires et, par conséquent, du potentiel des forces armées, exercent sur elles une très forte pression. La maintenance nécessaire du matériel est reportée, son délai de service est prolongé et des difficultés surviennent sur la voie de la modernisation planifiée. De moins en moins d’unités sont envoyées pour un déploiement opérationnel à long terme par rotations », expliquent les experts.

Le rapport se préoccupe notamment des arsenaux nucléaires, qui ne sont pas modernisés. Il est souligné que l’armée de terre ne compte qu’environ 12 brigades de combat (BCT, Brigade Combat Team) opérationnelles, tandis que dans les documents de 2010 l’administration Obama comptait disposer de près de 45 unités similaires. La marine compte 24 navires de combat de moins par rapport à la demande du commandement naval en 2013, alors que dans les deux années à venir les forces navales devront réduire leur personnel d’environ 8%. Seule l’armée de l’air se trouve dans un état satisfaisant, selon le rapport.

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Au final, les experts concluent que « la somme de ces facteurs permet à peine aux forces armées de satisfaire les besoins des intérêts vitaux des USA ». Ils constatent dans le même temps que la taille et le niveau opérationnel des forces armées se réduisent en période d’aggravation des situations de crise à travers le monde. Selon les auteurs du rapport, des menaces émanent de l’Iran, de la Chine, de la Corée du Nord, de la Russie et des groupes terroristes au Moyen-Orient.
Rappelons que dans le cadre des mesures pour la réduction du déficit budgétaire, un programme de réduction automatique des dépenses pour la défense est à l’œuvre depuis 2013. Si ses paramètres restaient inchangés, d’ici dix ans des centaines de milliards de dollars manqueraient au Pentagone.

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Ces derniers mois, les représentants du parti républicain, disposant d’une majorité aux deux chambres du congrès américain, critiquent le programme de réduction des dépenses militaires et exigent sa révision. Ils tirent la sonnette d’alarme à cause de la baisse du potentiel des forces armées. Ce point de vue est également partagé par les « faucons » des ONG conservatrices, dont Heritage Foundation, qui estiment que pour défendre ses intérêts nationaux sur l’arène mondiale l’Amérique doit s’appuyer avant tout sur sa puissance militaire — et prônent son accroissement.

Le Secrétaire à l’Armée de terre des États-Unis, John McHugh, a annoncé mercredi qu’il était prévu d’ici 2018 de réduire le personnel de l’US Army jusqu’à 450 000 hommes. L’armée de terre des USA compte actuellement près de 500 000 hommes, et d’ici la fin de l’année fiscale ils seront 10 000 de moins. McHugh a également reconnu que les conséquences du séquestre budgétaire du Pentagone se répercutaient sur l’opérationnalité des forces armées.

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