À chacun son discours de l’indépendance.

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Chers frères et sœurs togolais,

A la veille de la commémoration du 51e anniversaire de notre indépendance nationale, ce 27 avril 2011, permettez-nous de vous souhaiter une bonne fête de l’indépendance.

Que cette fête nationale soit pour nous tous l’occasion de nous retrouver ensemble pour célébrer la victoire de notre peuple sur les forces de domination et sur les puissances impérialistes qui n’ont jamais eu à cœur le bien-être de notre pays.

Un regard rapide sur le passé nous renvoie une image de fierté rehaussée par les couleurs de notre drapeau et les valeurs de notre devise.

51 ans se sont passés depuis le 27 avril 1960 et la courte histoire de notre nation nous projette vers un futur des plus incertains. En effet, il est difficile de concevoir, dans les circonstances actuelles, la pérennité de notre nation et notre survie en tant que peuple. L’essentiel de notre indépendance a été remis en cause par une aventure hasardeuse de parti unique qui perdure sournoisement, après avoir été transformée en République monarchique par un petit groupe d’individus dont le leader actuel, Faure Kodzo Essozimna GNASSINGBE, occupe, en toute illégitimité, les locaux de la Présidence de notre République au compte de son clan familial, au pouvoir depuis plus de 44 ans.

Il y a deux mois, lassés par la dégradation des conditions de vie de nos populations, écœurés par l’injustice croissante, le pillage de nos resources et les dénis quotidiens de nos droits, nous lancions un ultimatum pressant à Faure Essozimna Kodzo GNASSINGBE de démissionner pour ouvrir la voie au progrès et à la  prospérité du Togo. A ce jour, sans surprise, Faure GNASSINGBE  n’y a pas répondu. Il n’a pas donné suite à notre requête citoyenne parce qu’il n’a aucun respect pour nous, les citoyens togolais. Il sait qu’il n’est pas élu par le peuple togolais et n’a donc pas l’intention de lui rendre  compte. C’est ce genre de mépris envers le peuple, envers nous citoyens, qui nous oblige à nous mettre en ordre de bataille pour libérer notre pays de cette dictature rétrograde. Nous, peuples togolais, méritons mieux que Faure GNASSINGBE et le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), parti qu’il a hérité de son père, le défunt dictateur GNASSINGBE Eyadema.

 

Chers compatriotes,

Ce 27 Avril 2011 marque le début d’un nouveau processus de libération, de démocratisation avec, à terme, la mise en place d’institutions républicaines respectueuses de la volonté populaire. Cette nouvelle dynamique n’est pas seulement un mécanisme de conquête du pouvoir mais, mieux, un devoir sacré que nous avons envers nous-mêmes, envers notre patrie et envers nos aieux. C’est pourquoi notre démarche se veut citoyenne et civique tant par l’esprit que la forme car nous sommes les seuls artisans du bonheur et de l’avenir de notre pays. La dictature du RPT n’a que trop duré. Les excuses et faiblesses qui nous paralysent ont aussi trop duré.

Nous ne pouvons plus continuer à regarder nos frères mourir dans nos hôpitaux faute de soins, la dégradation de notre système de santé faisant augmenter de  jour en jour le taux de mortalité et diminuer l’espérance de vie notamment pour les bébés qui meurent dans de scandaleuses proportions.

Nous ne pouvons plus vivre dans un pays où l’emploi est un luxe alors que la misère et le chômage se généralisent, où les rares infrastructures s’ébranlent, où notre système scolaire se détruit de jour en jour, où l’insalubrité devient la norme et où la corruption se mue en vertu.

Nous ne pouvons plus supporter de voir notre jeunesse détruite et nos sœurs s’adonner à la prostitution pour survivre.

Nous ne pouvons plus accepter que des criminels fassent la loi ni que des voleurs fassent la fête sur le dos des citoyens honnêtes.

Nous ne pouvons tout simplement plus accepter que 1% de la population tyranise et terrorise les 99%  autres juste parce qu’ils ont des armes et bénéficient de soutiens étrangers.

Parce que le Togo nous appartient, nous nous levons, ce 27 Avril 2011, pour la réclamer, cette patrie que nous aimons tant.

Chers compatriotes,

A l’instar des pères de notre indépendance, nous voici à la croisée des chemins. 2011 doit marquer l’année où nous aurons reconquis notre indépendance. Pour cela, il nous faut nous disposer en rangs serrés, soudés, unis dans l’esprit et dans l’effort pour refuser l’avenir sinistre que nous réserve Faure GNASSINGBE et sa bande. Telle est la seule option que nous devons avoir.

Nous devons dire Non, Non et Non à ce Togo où règnent des kleptocrates sans vergogne qui, après avoir vidé les caisses de l’état, pillent jusqu’aux ressources des générations futures. Non,   la continuation de ce système ne passera pas par notre génération !

Certains d’entre nous sont sceptiques quant à notre capacité à réaliser effectivement un changement. A ceux-là, nous disons que la peur et le doute sont nos pires ennemis.

Commençons, dès aujourd’hui, à refuser le fait accompli, à récuser le statu quo.

Commençons par dire, partout, que Faure GNASSINGBE n’est pas le président du Togo, que Faure GNASSINGBE n’a jamais été élu par le peuple togolais et faisons de la libération du Togo un devoir civique sacré.

A partir d’aujourd’hui, nous appelons à une campagne ininterrompue de désobéissance civile et de pression populaire pour appuyer notre détermination à dégager le régime de Faure GNASSINGBE. Soyez mobilisés et prêts pour les consignes à venir.

Permettez-moi, avant de finir, de m’adresser à nos frères et sœurs des Forces armées togolaises. Beaucoup a été dit sur votre responsabilité directe ou indirecte dans la situation actuelle. Mais à l’heure des grands enjeux comme celui-ci, où toute une nation décide d’opérer un tournant vers la prospérité, nous vous offrons l’occasion de vous racheter en rejoignant le peuple dans son combat pour la liberté et la justice comme vos compagnons d’armes viennent de le faire notamment en Tunisie et en Egypte. C’est une main tendue que nous vous offrons pour bâtir un Togo véritablement réconcilié et discipliné. Nous sommes tous nés togolais et les choix de nos métiers ne doivent pas nourrir un conflit entre nous. Vos uniformes ne doivent pas faire de vous des ennemis du peuple, mais ses protecteurs et gardiens. Nous sommes tous conscients de ce qui va mal dans notre pays et nous sommes également conscients des possibilités qui se créent lorsque la justice et le droit sont la norme. Ne soyez donc pas une entrave à la liberté mais rejoignez plutôt l’élan populaire pour un Togo libre, prospère et démocratique.

Dans l’unité nous vaincrons.

 En avant pour dégager Faure Essozimna Kodzo GNASSINGBE du pouvoir !

Vive la révolution populaire !

Vive le Togo !

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