Le Lynx en deuil : Dans le viseur de Ouattara, ses guerriers ont violé et égorgé Patricia Hamza

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De ma petite vie de journaliste, des personnes m’ont convaincu de leur spontanéité et du respect qu’ils avaient pour les médias. Dans l’ordre, Pr Apedo Tagoata Amah, feu Agbobli Atsutsè, Odile Biyidi, Comi Toulabor, Gilbert Bawara ex-ministre de la Coopération du Togo et la regrettée Me Patricia Hamza. Assis, debout, au bureau, au lit, au dîner, en famille, je pouvais demander une interview et l’avoir séance tenante . La première et la dernière fois que j’ai vu Me Patricia Hamza remonte en janvier 2005. La France venait de tuer, décembre 2004, à bout portant des patriotes ivoiriens et Patricia Hamza, militante des droits de l’homme, était dans la délégation pour une explication à Bruxelles. Félicité Doudou et le sénior Zeff (tous deux Ivoiriens) que j’ai connus à la faculté des Sciences Politiques à l’Université d’Aix-la-Chapelle m’appelèrent pour me demander s’il ne fallait pas tendre le micro de InfosTogo aux messagers de Laurent Gbagbo. Le rendez-vous fut pris, et je devrais rencontrer ces Ivoiriens chez Zeff. Je me présentai et dans la petite bibliothèque de Zeff je vis une femme souriante et très humoriste en binocle, c’était Me Patricia Atea Hamza. Dans le coin un autre avec des binocles, petite tasse de thé en main, marquait une confiance sur sa personne et un calme olympien, c’était Alain Toussaint, porte-parole du président Laurent Gbagbo. Un sexagénaire était de la partie, c’était un député du FPI. L’interview fut rapidement fait et nous nous transportâmes au lieu où des étudiants africains et allemands nous attendaient. En bonne avocate, elle vint avec dans sa gibecière, des preuves. Des cassettes vidéos furent diffusées pour que de visu, personne ne contestât les horreurs. On voyait des soldats de la Licorne tuer de sang froid en tirant à bout portant sur des civils ivoiriens. Dans la salle, les étudiants criaient leur rage, demandaient à savoir pourquoi tant d’atrocités…

A la fin, je demandai à mieux connaître cette femme forte de caractère. Je n’avais ni argent ni or. Je lui remis une montre que j’avais par hasard dans ma petite veste pour lui témoigner de mon respect pour tout ce qu’elle faisait pour l’Afrique. Elle me laissa ses coordonnées et depuis on ne s’était plus quitté du téléphone. Interview sur interview, elle me gavait. La dernière est encore sur la rubrique Micro du Lynx que tous les lecteurs peuvent encore écouter. Toutes les fois que j’appelai chez elle,  elle voulut même que je m’installe en Côte d’Ivoire. Souriante, elle me fit savoir qu’elle pouvait me donner un coin de son bureau pour faire les bureaux de mon journal. Elle m’expliqua tous les problèmes que le TPI du procureur Ocampo lui donnait à faire avancer les dossiers de ses clients tués par la barbarie française et ouattariste en 2002 au nord et 2004 à Abidjan. Notre seule pomme de discorde, elle voulait me voir marier… sourires.

Je finis par lui présenter un parent, et elle devint pratiquement la tutrice à Abidjan. Un ami qui lui a rendu visite un jour a eu droit au poisson braisé  accompagné de Atiéké  et reconnait avoir partagé avec elle des histoires drôles qu’elle aimait raconter. Par elle, je pouvais désormais joindre Charles Blé Goudé le ministre de la jeunesse et j’eus le numéro de téléphone du Président de l’Assemblée Mamadou Coulibaly.

Quand survint, la crise postélectorale de novembre 2010, je l’appelai pour savoir un peu sur les frappes chirurgicales dont Ouattara parlait. Dans son humour habituel, elle me parlât plutôt du droit, ce qu’elle savait mieux faire, et de la souveraineté de son pays, la Côte d’Ivoire. Erreur de calcul sur la France? Depuis je passai des dizaines de coups de fil sans plus jamais l’avoir au bout. C’est dans la journée d’hier, qu’un ami me fit lire la dépêche qui mis fin à sa vie. Patricia a été violée et égorgée par les Khmers noirs de Ouattara. Brave patriote, mon vœu pieux est que tu dises à nos parents tombés pour l’indépendance, que 50 ans après rien a changé sous le soleil. Il y a toujours des suppôts nègres et des racistes blancs pour lutter contre l’indépendance totale de l’Afrique. Que la terre te soit légère…. Brave Femme digne de l’Afrique.

Camus Ali Lynx.info
Rédacteur en chef

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