USA: Barack Obama, fils à maman blanche

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La réélection d’Obama est passée presque inaperçue à Alger. En cause, la déception par cet enfant gâté de l’Amérique, qui parle beaucoup plus qu’il n’agit.

 

En noir et blanc, deux faces de la même médaille sans couleurs. C’est par cette phrase qu’un Algérien, admirateur déçu de Barack Obama, a commenté la réélection du président américain.

En effet, mormon ultralibéraliste, néoconservateur milliardaire, interventionniste avéré et enfant des lobbies militaro-industriels, il n’y avait en théorie pas pire que Mitt Romney, à part, peut-être, Sylvester Stallone, qui non, ne s’est pas présenté à l’élection.

Pour autant, l’Africain-Américain Obama n’a pas brillé sur la scène internationale et a fortiori aux yeux des Algériens.

Malgré ses promesses, il n’a pas fermé Guantanamo, où des Algériens croupissent encore sans jugement. Il est resté collé au soutien indéfectible à Israël dans son balayage systématique des revendications palestiniennes. Et, d’une manière générale, il a assuré la continuité d’une politique internationale agressive, qui consiste à défendre les intérêts américains, partout, y compris par la force.

«Les Etats-Unis sont comme un grand paquebot, il est très difficile de lui changer de cap», ont coutume de dire les Américains. «Ddunit ulac ixfis» (le monde n’a pas de bout par où le prendre), rappellent les Algériens dans l’un de leurs proverbes. Match nul, balle (réelle) au centre, la vie continue, avec toutes ses injustices.

La théorie des deux mandats

«On aime dire qu’il est Africain, mais il est surtout le fils de sa mère», blanche, et est parfaitement intégré dans la logique de l’establishment, blanc aussi, évidemment.

C’est ainsi que l’on résume Obama en Algérie, au pays du patriarcat dur et solide. Obama n’est peut-être pas Bush, sûrement pas Romney mais n’est pas Martin Luther King non plus.

«Il se rapproche plutôt de Michael Jackson et de son fameux moon walk. Tente de faire oublier qu’il est noir tout en fascinant avec sa marche arrière sur la lune.»

Un effet de show, qui lui va si bien, dans une Amérique où le paraître peut changer le débat, face à des Américains décervelés. Seul bon point au pays de l’argent roi (2,4 milliards de dollars injectés dans la campagne présidentielle), la réforme de l’assurance maladie (1.000 milliards de dollars sur 10 ans), promise et réalisée par Obama, défenseur des classes moyennes, et qui a plu aux Algériens, fervents partisans d’un socialisme humain.

C’est tout. Globalement, pour les Algériens, les nuances s’affaiblissent et la machine tourne d’elle-même, une promesse pouvant être contrée au Congrès, à majorité républicain.

Il est admis que dans les grandes démocraties occidentales, les présidents font deux mandats puis laissent la place, comme George Bush et Bill Clinton avant Obama, Jacques Chirac ou François Mitterrand.

Une exception notable, Nicolas Sarkozy, dégagé à l’issue du premier mandat, ce qui a ravi les Algériens. Et bien sûr, Abdelaziz Bouteflika, qui n’est ni démocrate ni dictateur, ni Occidental ni Oriental, mais en est déjà à son troisième mandat et va probablement mourir sur son trône.

Face-à-face, Alger et Paris se regardent, bras d’honneur en guise de bras armés du dialogue, même si Alger regarde aussi Washington, de loin et de plus en plus loin.

Entre la fascination pour l’Amérique et son rejet total, les Algériens oscillent encore un peu. Même si cela ne change rien, un noir peut-être président des Etats-Unis. A l’inverse d’un Kabyle en Algérie. Même fils de son père et de sa mère.

Chawki Amari

 

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