Togo. Qui en veut à la vie de Kpatcha ?

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Depuis quelques jours, des rumeurs insistantes font état d’un projet d’assassinat de Kpatcha Gnassingbé alors qu’une justice aux ordres l’avait déjà condamné à 20 ans de prison en même temps que d’autres compagnons d’infortune à la même peine et d’autres à des peines diverses. C’était il y a un peu plus d’un an, suite au procès de septembre 2011. Il importe de souligner qu’il y a quelques mois, suite à la déconvenue subie par ce juge-là même qui s’était chargé de condamner les yeux fermés, prenant soin de joindre toutes les exceptions soulevées par les avocats au fond, aurait lâché un précieux secret d’alcôve qui vaut tout son pesant d’or pour l’histoire. Le chef de l’Etat n’aurait pas respecté sa parole, apprendra-t-on de certaines sources. Il aurait promis au juge, de condamner les prévenus, après quoi, il se chargera de les gracier. Il est aisé de comprendre que c’est, fort de cet engagement pris par le chef de l’Etat, et persuadé de sa concrétisation, que le juge avait pu prononcer toutes ces condamnations à la pelle. Même ceux qui, comme Adjinon et bien d’autres, étaient sûrs après tout ce que l’assistance les avait entendu dire, bénéficieraient de la libération immédiate, croupissent aujourd’hui encore en prison, même malades. Cela peut aujourd’hui être considéré comme une arnaque indigne d’un responsable.

En avril 2012, à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance, Faure Gnassingbé avait pris toutes les dispositions pour la libération par grâce présidentielle de son demi-frère. Cela a été évité in extremis. Sûrement que sa libération devait impliquer aussi celle des codétenus. La rumeur véhiculera que c’est un(e) très très proche qui le lui aurait déconseillé au dernier moment. Vrai ? Faux ? Attention, au Togo, libération du ‘’cerveau’’ n’entraîne pas forcément celle des compagnons de misère. Ici, les dirigeants marchent les pieds en l’air et la tête en bas. Le cas du Col. Biténéwé devenu depuis des années très propre collaborateur de Faure, alors que ceux qui ont été arrêtés à cause de lui, sont aujourd’hui tous abandonnés à leur triste sort et ont perdu leur emploi depuis leur élargissement. Leurs démarches n’auront rien donné. Si rumeurs d’assassinat de Kpatcha il y a, ce ne peut qu’être par empoisonnement tout comme cela avait été tenté avec Bertin Agba et vite ébruitées par la presse. Ce que, toute honte bue, le pouvoir a eu l’audace la semaine dernière de retenir parmi les quatre chefs d’accusation fabriqués pour enfoncer Agba dans la perspective d’Abuja. Quelqu’un aurait-il intérêt à assassiner aujourd’hui Kpatcha dans sa cellule à un moment où une folle rumeur circulerait sur le grave état de santé de celui qui l’y a placé pour des raisons qu’on dit politiques ? Qui devrait-on indexer, si jamais quelque chose arrivait à Kpatcha ?

Le seul Togolais à qui le crime devra profiter, tout le monde le connaît donc. C’est la même personne qui serait indexée si un malheur arrivait à Adjinon qu’on refuse de soigner, tout comme à Bertin Agba ou le Français Le Floch-Prigent. Au-delà de celui que tout le monde sait, si d’aventure après une éventuelle disparition prématurée de …., sait-on jamais, un malheur arrivait à Kpatcha dont les journaux évoquent le cas depuis quelques jours, alors il faut viser les gens de l’ANR et leur patron, celui qui est allé tirer chez lui en 2009 avec l’intention de le tuer, celle qui se permet de gifler des officiers des FAT et dont tout le monde connaît la situation de tension avec Kpatcha depuis quelques années. Facile de voir tout ce monde entre autres, exécuter une consigne. Celui qui refuse de faire soigner un homme gravement malade alors qu’il en a les moyens, ne vise rien d’autres que sa mort par non assistance ? Alors y a-t-il de différence entre celui qui refuse qu’on soigne un malade pour le laisser mourir et celui qu’on pourrait aider à mourir par empoisonnement par exemple ?

Alors que pour certains, ces affaires au sein d’une même famille qui a nui au pays ne regarderaient pas les Togolais, nous autres, considérons que jusqu’au bout, tous les Togolais doivent défendre la bonne cause et condamner toute forme d’injustice. La culture de la tolérance est le socle sur lequel, le Togo doit se reconstruire.

A. S.

 

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