TOGO: Dialogue, encore Dialogue, et toujours Dialogue ?

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  Le DIALOGUE se définit comme  «  un entretien entre deux personnes, ou un contact, ou des discussion entre deux groupes ».

Par contre, la PALABRE est « une discussion interminable et oiseuse »…

J’ai passé les trois derniers mois à lire et à fouiller les livres qui traitent de la DEMOCRATIE, et je n’ai pas réussi à trouver quelque part, un rapport quelconque  direct entre Démocratie et Dialogue, ou Démocratie et Palabre !

Au Togo, depuis des années on ne parle que de dialogues, encore de dialogues et toujours de dialogues ! Certains ont même inventé le terme de « dialogue franc et sincère» ou de « dialogue inclusif ». Si mes calculs sont exacts, nous avons eu, au total, plus de 24 dialogues !

Depuis les législatives de 2007, il y a eu des Cadres Permanents de Dialogues et de Concertation (CPDC), où toute la classe politique du pays devait venir exposer ses griefs et ses préoccupations ! CPDC1, CPDC2, CPDC3, CPDC4… Mieux ou pire, les togolais ont eu et veulent avoir recours à des « Facilitateurs », de préférence Mossi, Zoulou, Tutsi ou Bantou… J’ai cherché aussi longuement,  dans les livres qui traitent de la notion de démocratie, et je n’ai pas trouvé cette recette de « Facilitateur » !

Par contre, dans tous les livres que j’ai consultés, seules les notions et les termes de LOI FONDAMENTALE (Constitution), d’ELECTIONS, de PARLEMENT, de CODE ELECTORAL, de MAJORITE et de MINORITE, de POUVOIR (Exécutif, Judiciaire, Législatif), sont pris en compte !

Si je m’en réfère à ce que j’ai lu dans mes recherches, nous n’avons pas eu de « Dialogues » au TOGO, mais des « PALABRES », et ceux qui demandent  encore aujourd’hui un dialogue, ne veulent, en réalité que « palabre » !

La définition du mot PALABRE, telle que livrée plus haut, est sans équivoque : « discussion interminable et oiseuse » ! Oui, c’est la paresse, c’est-à-dire l’oisiveté,  de ceux qui n’ont pas beaucoup travaillé dans leur vie (et qui ne veulent pas travailler),  et qui demandent éternellement le dialogue ! En 1994, le CAR et l’UTD, avec le découpage défavorable et le nombre de députés à 81, avaient battu le Parti au pouvoir, dans une dictature pure et dure, et c’est le Ministère de l’Intérieur qui avait organisé ces élections, et sous EYADEMA !

Aujourd’hui, les « oiseux  »  de la République ne veulent pas aller à GUERINKOUKA, à TANDJOARE, à NAKI, pour solliciter le suffrage des électeurs et des électrices ! Ils veulent qu’on leur fasse un découpage électoral sur mesure, pour qu’ils marchent de KONDJINDJI à la plage, et obtiennent la majorité absolue au Parlement ! « Tandjoaré, c’est trop loin ; il  y a des serpents, des insectes, des crapauds, des scorpions, etc. », disent-ils ! Pourtant c’est ce que Mr EDEM KODJO et Me AGBOYIBO ont fait en 1994, pour rafler la mise !

On ne se base pas seulement sur la démographie pour faire un découpage électoral ! On tient comte de l’économie, de l’environnement, de l’apport agricole, minier, industriel, environnemental, sécuritaire etc. ! La ville de PARIS, avec ses 8 millions d’habitants  n’a que 24 députés sur 577 parlementaires que compte la France !  La ville ne LOME compte moins de 40% d’habitants originaires de la région maritime !

Le Dialogue, si dialogue il doit y avoir,  ne peut intervenir, en tous les cas, qu’entre les échéances électorales, tous les 4, les 5, les 6 ou les 7 ans, selon les textes en vigueur ! Ce n’est pas à la veille des scrutins, quand on a baladé, pendant 4 ans et demi, son oisiveté et son ennui dans les rues de Lomé, qu’on se réveille, ou qu’on s’agite, comme si on avait la maladie de la vache folle, pour demander, « un dialogue franc et sincère » !

La Démocratie, c’est «  la gouvernance du peuple, par le peuple,  et pour le peuple », et les textes fondamentaux sont là pour orienter et éclairer le peuple. Un Etat  a des droits et des devoirs : il doit payer les salaires, les pensions, les allocations familiales, les bourses des étudiants, les dettes intérieures et extérieures, et assurer les services sociaux au peuple (eau, électricité, gaz…) et les services sanitaires fondamentaux ! Un  ETAT n’a pas le temps de s’asseoir pour palabrer « ad vitam », alors que de sérieux problèmes de développement se posent dans le pays ! L’Etat doit faire des élections aux dates prévues, pour que le peuple choisisse ses dirigeants à temps…

Et pour éviter les fraudes, il suffit de mettre des verrous juridiques à nos textes fondamentaux, comme je n’ai cessé de le proposer depuis des années ! Cela évitera aux palabreurs de distraire le peuple, à longueur d’année, et de se mettre eux-mêmes au travail, pour convaincre leurs électeurs et électrices de voter pour eux !

Dr IHOU Ancien Ministre de la SANTE et de la POPULATION

 

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