Tido Brassier jette l’eponge. L’ANC fédération internationale est verrouillé !

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Paris, le 17 septembre 2012

Monsieur le président de la Fédération internationale de l’ANC,

Mon cher Antoine,

Objet: démission de l’ANC

Au terme d’un militantisme mitigé au sein de la Fédération internationale de l’ANC, dans un souci partagé de contribuer à la réalisation de l’alternance politique au Togo, permettant l’expression de la liberté, la démocratie, l’Etat de droit et le développement de notre pays, je démissionne de mon mandat politique et de militant membre du parti.

L’immobilisme du bureau fédéral que j’observe depuis son implantation, le positionnement activiste et réactionnaire de certains membres dont la présence dans notre combat politique n’est qu’un investissement intéressé, caractérisé par le zèle et le mépris, me paraissent éloignés des objectifs attendus par les Togolais de la part de la classe politique. Cet état d’esprit regrettable, doublé de compétition interne entre militants membres d’un même parti, à la recherche d’un ascenseur social, reléguant les travaux aux arrières plans, sont aux antipodes de mes convictions politiques fortes. Cet état d’esprit infantilisant, qui pollue le débat politique au bureau fédéral, en le rabaissant à des considérations de personne en dehors de la production d’idées et des compétences, m’emmène à douter de la stratégie décidée par le parti en vue de conquérir le pouvoir d’Etat et encore moins son exercice. Je pense entre autres à l’absence de grands chantiers de réflexion, à un lobbying politique beaucoup plus large auprès des institutions internationales autres que l’U1P et la CEDEAO pour faire plier le régime togolais grâce à une cascade de sanctions et non des sanctions isolées, je pense également à une levée de fonds beaucoup plus méthodique et à grande échelle etc.

Mais le verrouillage de la fédération internationale, qui est en définitive un appareil sous tutelle, sans feuille de route, dont la mission officielle est exclusivement limitée à la collecte des fonds ne fait plus l’ombre d’aucun doute. Fort de ce constat, j’en déduis l’existence d’un bureau fédéral parallèle et opaque qui détient en réalité le pouvoir politique au sein de la diaspora. En d’autres termes, ce bureau parallèle, marqué par le sceau de la duplicité institutionnelle à l’instar de la dictature togolaise, qui supplante le bureau fédéral [légalement constitué et reconnu par les autorités françaises], constitue l’interlocuteur privilégié des architectes de cette disposition dont il reçoit les missions essentielles à savoir le lobbying à Genève auprès de l’Union interparlementaire, l’acquisition d’imprimantes, la collecte désordonnée des fonds auprès des sections et sous-sections etc. A quoi cela sert-il de détenir un mandat politique sans en avoir les moyens de son exercice?

Dans les circonstances actuelles [du verrouillage de la Fédération internationale de l’ANC], je doute fort que cette méthode choisie, fondée sur le dogmatisme inavoué d’une minorité radicale, créant un climat de méfiance et de suspicion de tous envers tous, ne soit la bonne voie pour obtenir l’alternance politique en vue de changer la vie des Togolais.

Tandis que Nelson Mandela et ses compagnons de lutte, entre autres, Govan Mbeki, Walter Sisulu, Ahmed Kathrada, Raymond Mhlaba, Andrew Mlangeni etc ….. sans oublier Robert Sobukwe du PAC [Pan African Congress] étaient incarcérés à Robben Island, c’est de l’extérieur de l’Afrique du sud, que Oliver Tambo ralluma la flamme du lobbying le plus redoutable de l’histoire de la lutte de libération politique des peuples africains, avec l’ouverture d’une agence de l’ANC à Lusaka en Zambie en 1960, puis à Accra au Ghana et à Londres en Angleterre afin de sensibiliser l’opinion internationale et collecter des fonds. C’est certainement la convergence du lobbying réalisé par les agences à l’extérieur avec le travail des combattants de la liberté à l’intérieur du pays que les forces démocratiques de l’Afrique du sud sont arrivées à renverser le régime de l’apartheid. Cette organisation en tant que telle devrait inspirer notre lutte.

Cordialement,

Tido BRASSIER

PS : Par souci de transparence vis-à-vis des militants et de l’opinion, cette lettre sera publiée.

 

 

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