S’unir ou mourir, la seule alternative pour l’opposition togolaise

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Le 14 Août dernier, François Hollande, le Président français, bouclait ses cent jours de pouvoir. Tous les analystes politiques reconnaissent que la plupart des promesses électorales du candidat Hollande ont été tenues. Plusieurs lois votées par l’équipe de Nicolas SARKOZY ont été abrogées et remplacées par la nouvelle majorité parlementaire. Dans un système politique de type « Régime semi-présidentiel ou semi-parlementaire », tout se joue au Parlement. Toutes les formations politiques d’un pays à régime semi-présidentiel s’évertuent à obtenir la majorité absolue à l’Assemblée Nationale pour diriger le pays, indépendamment de la coloration politique du Président de la République en place, et tant mieux si le Président est de la même coloration politique que le la majorité parlementaire…

C’est ce que je m’évertue à rappeler aux politiciens et apprentis politiciens de l’opposition togolaise…

Pendant cinq ans, cette opposition a dormi, ronflé et rêvé à sa guise, puis, brusquement, comme à ses habitudes, se réveille, à quelques mois des législatives, et se met à gesticuler dans tous les sens, de façon anarchique. Les plus intelligents s’organisent pour prôner l’union de l’opposition et aller unis aux législatives, les plus idiots confient leur destin à la rue, en croyant que si l’Armée togolaise arrache de force le pouvoir à l’un des siens, elle va le confier à un FABRE ou à un AJAVON…

Dans un de mes articles, publiés il y a quelques semaines, sous le titre « J’accuse et je propose », j’avais fustigé le Pouvoir et l’Opposition, à cause des manœuvres politiciennes des uns et des autres, et j’avais proposé un report des législatives de quelques mois, non pas pour entamer encore des discussions internationales ou initier encore des dialogues inutiles…

Les textes sont clairs, et les lois votées par l’Assemblée Nationale , relatives au découpage électoral et au nombre de députés à la future Assemblée sont jugées « conformes à la Constitution » par la Cour Constitutionnelle. Ceux qui sont atteints de la maladie de «dialoguite chronique » n’ont qu’à consulter un psychiatre. J’avais aussi démontré récemment, que le nouveau découpage électoral et le nombre de 91 députés retenus, étaient en réalité favorable à l’opposition « intelligente et unie », qui peut remporter, sans trop de difficultés, les prochaines législatives, pourvu que cette opposition fasse ce que font toutes les oppositions du monde, pour gagner les législatives : convaincre les électeurs sur le terrain, village par village, ville par ville, localité par localité, hameau par hameau, et veiller à la transparence du scrutin…Et quand cette opposition aura gagné les législatives, elle pourra abroger (si elle veut), toutes les lois de la majorité sortante, comme cela se fait dans tous les pays du monde…

Mieux, si cette opposition, forte de sa majorité nouvelle, gouverne bien, dans l’union, jusqu’en 2015, Faure GNASSINGBE (ou n’importe quel autre candidat du pouvoir actuel) sera battu à plate couture, s’il se présente à ce scrutin présidentiel…

J’avais indirectement répondu à ceux qui font une fixation sur la candidature éventuelle de Faure GNASSINGBE en 2015, en leur expliquant que le président actuel peut ne pas se présenter, mais soutenir un de ses frères comme Toyi GNASSINGBE, et le résultat est le même, et que donc, l’essentiel est de le battre, et non chercher à l’empêcher de se présenter (ce qui ne sera même pas possible, car la Cour Constitutionnelle va déclarer sa candidature recevable : prenez la peine de lire les textes de la République, Messieurs les apprentis politiciens togolais)…

Reste le problème de la transparence du scrutin. Ici aussi, comme la mobilisation est au rendez-vous, les 6300 bureaux de vote du pays seront soigneusement pourvus observateurs. Les jeunes doivent être là,  pour communiquer les résultats, au fur et à mesure des dépouillements.

Même unie pour les législatives, l’opposition doit le rester tout au long des années à venir, parce que, si Faure GNASSINGBE perd les prochaines législatives, il dissoudra la nouvelle Assemblée élue, comme l’autorise l’article 68 de notre Constitution ! « Cette dissolution ne peut intervenir dans la première année de la législature », mais le Président peut dissoudre le Parlement dès le 13e ou 14e mois de vie de la nouvelle Assemblée, d’où de nouvelles élections dans les soixante jours qui suivent la dissolution, et il faut les gagner encore, Messieurs les politiciens et apprentis politiciens !

A la lumière de ce qui précède, si l’opposition n’est pas unie pour aller aux prochaines législatives, elle les perdra encore, et devra battre encore les pavés, et faire des sit-in, pendant cinq ans… avant de mourir, et pour de bon, parce que les togolais n’auront plus jamais confiance aux  opposants, du moins à cette génération d’opposants…

Au moment où certains opposants ne jurent que par les sit-in, et les marches dans les rues de Lomé, je leur rappelle que toute la région Maritime aura à élire, en tout et pour tout, 24 députés, la région des Plateaux, 26 députés, la Région Centrale, 12 députés, la région de la Kozah, 17 députés, et la région des Savanes, 12 députés, ce qui nous fait les 91 députés prévus pour la nouvelle législature…

Ah, un simple rappel de l’histoire : Hitler a réussi à mobiliser, un jour, 20 millions de ses partisans dans les rues de l’Allemagne, en 1936, sur une population allemande de 60 millions à l’époque (ce qui fait le tiers de la population !). Mais Hitler a provoqué, après, la mort de 20 millions d’hommes et de femmes, en déclenchant la 2è guerre mondiale, et 100 millions de blessés… C’est pourquoi, pour moi, la rue n’est pas ma stratégie politique préférée…

Dr IHOU

David IHOU, Ancien Ministre de la Santé et de la Population, Consultant en Géopolitique et Stratégie Sécuritaire.

 

 

 

 

 

 

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