Suggestions et propositions au président Faure Gnassingbé

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Avant toutes choses, je voudrais présenter mes vœux de bonne et heureuse année 2012 à tous mes compatriotes, de l’intérieur comme de l’extérieur du Togo, à tous les malades, pour leur souhaiter une prompte guérison, à tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur esprit, pour les convier au courage et à la prière, à tous les sans emplois, pour leur donner le souffle de l’espérance et de la persévérance…

Cette année 2011, qui vient de s’achever, est une année à oublier dans notre filmogramme de l’histoire nationale, car, nous avons vu plus de choses négatives que positives dans ce petit rectangle de pays qu’est le Togo. Nous nous sommes tous amusés pendant douze mois, à l’exception de quelques gouvernants et gouvernés, qui ont déployé, certes, des efforts louables, mais insuffisants pour faire le bonheur minimal des togolais…

Qu’avons-nous vu en 2011?

Des journalistes qui s’identifient eux-mêmes comme des « frelatés », et qui pensent qu’en alignant de grosses injures dans leurs canards et éditoriaux, ils font du journalisme, des politiciens de l’opposition qui ont ont marché à perdre le souffle pendant des mois, en pensant qu’ils peuvent faire avancer ainsi la démocratie dans notre pays, des politiciens du pouvoir qui pensent plus à leur estomac qu’au bien-être du peuple, des étudiants qui ne savent pas que si la grève est un droit en démocratie, à contrario, la non-grève est un droit aussi fondamental, et que forcer d’autres étudiants ou élèves à faire grève, est un viol grave de la Constitution de la République, des citoyens togolais qui deviennent de plus en plus inciviques, et j’en passe et des pires…

Je voudrais livrer ces quelques suggestions au Premier Magistrat du pays, et par ricochet, à tout le peuple togolais ; mes propos s’étendront sur cinq points principaux :

I) La crise universitaire et scolaire

En 1969, quand nous avions passé le BAC II, tous ceux qui avaient obtenu une Mention Très Bien, Bien et Assez Bien, avaient tous des bourses universitaires. S’il restait encore des bourses (et il en restait toujours), on en attribuait aux bacheliers avec Mention Passable.

Le système fut amélioré plus tard, en attribuant par préfecture un quota aux bacheliers avec Mention Passable.

Là, tous les élèves savaient à quoi s’en tenir, dès la classe de Terminale, et même dès la Première des Lycées et collèges. La culture de l’Excellence fait que personne n’est lésé. On trouvait parmi ces bacheliers Mention Très Bien, Bien, et Assez-Bien, aussi bien des enfants de pauvres paysans que de fonctionnaires ou de Ministres. Le quota par préfecture attribuait par exemple cent (100) bourses pour chaque préfecture, ce qui f ait qu’une préfecture a ses cent bourses « Mention Passable » plus les bourses, obtenues par ses fils et filles méritants ayant obtenu une Mention Très Bien, Bien et Assez-Bien…

Une chose est sûre : aucun pays au monde ne peut attribuer des bourses conséquentes à tous ses bacheliers !
Il faut noter que si l’étudiant échoue en première année il ne peut doubler qu’une seule fois pour chaque cycle. C’est-à-dire, que pour  préparer votre licence par exemple, vous ne pouvez doubler qu’une seule fois, sous peine de voir votre bourse supprimée. Si vous faites un Doctorat par exemple, vous pouvez avoir une chance supplémentaire de doubler une fois, entre  la 4e année et la 8e année. Mais, si vous êtes renvoyé ou si vous échouez parce que vous avez manqué trois Travaux Dirigés (TD) sans raison valable, vous perdez votre bourse.

Aujourd’hui, avec le système LMD (Licence Master, Doctorat), les données ont changé, mais pas aussi fondamentalement que cela paraît, du moins, en ce qui concerne les conditions d’éligibilité au statut de boursier de l’Etat ou des bénéficiaires de l’aide Universitaire.
 
Je propose qu’on revienne au système d’attribution des bourses par les critères d’excellence (Mention Très bien, Bien, et Assez-Bien), les critères d’âge (on ne peut pas donner une bourse à un bachelier de 30 ou 35 ans), et des critères de performance universitaire (CPU). Les CPU concernent des étudiants qui, au cours d’une année universitaire, brillent par leurs notes, quelle que soit leur Mention obtenue au BAC.

Un étudiant qui a obtenu une Mention Passable au BAC, mais valide 90% ou 100% de ses modules pour l’année en cours, doit pouvoir bénéficier d’une bourse. L’Etat togolais doit aussi « se remuer «  les méninges pour chercher des bourses par le biais de certaines institutions internationales et privées et ne pas attendre seulement les maigres ressources de notre pays pour espérer donner assez de bourses à nos étudiants.

Des solutions additives consistent à octroyer des prêts-bourses aux étudiants togolais, mais, ici aussi, les critères de sélections doivent être rigoureux (âge, performance universitaire, filière universitaire). Ces prêts seront remboursés par l’Etudiant, une fois ses études terminées et à partir de la deuxième année de son entrée sur le marché du travail, qu’il ait trouvé un emploi sur le territoire national ou à l’Extérieur. Il s’agit, ici, d’un contrat dûment signé entre l’Etat togolais et le bénéficiaire de ce prêt-bourse…

Pour ce qui concerne les aides universitaires, le dilemme pour l’Etat est de savoir identifier les étudiants qui veulent vraiment étudier et les séparer des étudiants qui vont faire du tourisme estudiantin sur les campus universitaires. Il est établi que, dans tous les pays du monde, 20% des nouveaux bacheliers ne vont jamais au bout de leurs cursus universitaires. Beaucoup usent leur culotte sur les bancs des amphis, en changeant 3 ou 4 fois de cursus, d’autres s’inscrivent dans des écoles professionnelles à cycle court de un ou deux ans et touchent indûment les aides…

Je propose qu’une aide uniforme de soixante mille francs CFA (60.000) soit accordée à chaque étudiant inscrit en faculté, ce qui nous fait une enveloppe de trois milliards pour 50.000 étudiants pour chaque rentrée. A la fin du premier semestre universitaire (15 Février), tous les étudiants qui n’auront pas effectivement suivi les cours et les Travaux Dirigés (TD) seront tenus de rembourser à l’Etat cette aide. Tous ceux qui n’auront pas validé au moins 50% des modules se verront supprimer l’aide universitaire. L’aide sera reconduite le 2e semestre pour tout(e) étudiant(e) qui aura validé 50% au moins de ses modules …

En échange des bourses et des aides, tous les étudiants doivent souscrire à un code de bonne conduite de l’Etudiant. Au cours de cette crise universitaire, nous avons vu des comportements inqualifiables de certains étudiants. Casser des maisons, séquestrer un préfet, exercer des voies de faits sur des personnes physiques, dégrader des bâtiments publics, dresser des barricades dans les rues, aller sortir des élèves du primaire et de la maternelle des classes… ne sont pas synonymes de « grève », mais c’est sûrement du banditisme estudiantin. La grève est un droit reconnu par notre Constitution togolaise qui doit être prise en compte par la Justice. Les étudiants doivent savoir que, dans tous les pays du monde, on évalue la participation à une grève par des chiffres : « La grève est suivie à 50%, 60%, 80% ou 90% des concernés », selon les cas. Quand le corps médical était entré en grève cette année, la grève avait été suivie à plus de 95% du personnel. Les médecins, infirmiers, sages-femmes, Laborantins, gardes-malades, n’avaient pas besoin d’aller faire des barricades dans les rues ou d’aller faire sortir des élèves de leurs classes, pour se faire entendre des autorités. Voilà une grève intelligente et qui respecte la Constitution. Ce n’était pas responsable de la part des dirigeants des étudiants de menacer les autorités ou de tenir des discours incendiaires. L’émancipation de l’étudiant togolais doit passer par une bonne dose d’intelligence, de civisme et de flexibilité.
Là où je suis d’accord avec les étudiants, c’est leur ral-bol des conditions calmineuses d’études, l’état « dégueulasse) des cités universitaires, des sanitaires et le manque d’eau et d’électricité dans les cités. Ce n’est pas la mer à boire de faire cinq ou huit forages à trois millions CF l’unité, quand on sait que des particuliers font 3 ou 4 forages dans leurs maisons privées !

Au Mali, la bibliothèque universitaire de Bamako compte au moins une centaine d’ordinateurs, avec connection Internet vingt quatre heures sur vingt quatre ! L’Université de Lomé ressemble plus à une savane d’exploration botanique qu’à un lieu du savoir !

 Assistant à une thèse de Doctorat d’Etat en Médecine, il y a peu de temps, je constate avec horreur que les six splits placés dans le grand amphithéâtre de l’Ecole de Médecine, ne travaillent plus depuis belle lurette ! On a mis un ventilateur sur pied pour aérer les membres du Jury, composé de professeurs agrégés de Médecins, un autre ventilateur sur pied devant le récipiendaire. Les parents du nouveau Docteur et nous tous, sommes dans la chaleur ! C’est quoi ça cette université ?  Si la Faculté de Médecine ne peut pas faire réviser des splits, comment une telle faculté peut-elle entreprendre des recherches sérieuses en Médecine ?

Monsieur le Président de la République, ouvrez plus l’œil sur nos universités. Ce sont les laboratoires de notre développement…

Pour les enseignants du Primaire, Secondaire et du Supérieur, il n’y a pas polémique : leur situation est calamiteuse. L’enseignant est le phare du développement. Si ce phare est borgne, adieu le progrès et le développement !

II) Les Réformes Constitutionnelles et Institutionnelles

Si le pouvoir et l’opposition voulaient des réformes constitutionnelles et institutionnelles, il y a longtemps qu’ils auraient initié des projets de loi de révision constitutionnelle, surtout que le RPT, le CAR et l’UFC sont au Parlement depuis octobre 2007 ! Ces trois partis nous pompent l’air avec des logorrhées inutiles et improductives. Je pense que le Président doit prendre ses responsabilités et proposer au peuple, un référendum populaire sur ces réformes. Le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) va finaliser un texte définitif de révision constitutionnelle qui doit être soumise au peuple, qui l’adopte ou le rejette selon son bon vouloir. Au Liberia, la Présidente, Hélène S. JOHNSON a fait le même exercice, le peuple libérien a rejeté bon projet, mais elle a été récemment réélue sans problèmes. Je propose que ce référendum soit couplé avec les municipales et les législatives, en octobre 2012, pour que le peuple se mette sérieusement au travail, au lieu de nous rabattre l’oreille à longueur d’années avec les réformes institutionnelles et constitutionnelles…
 Je constate qu’on élit chaque année une Miss monde, mais jamais, personne n’a élu la plus belle constitution du monde. Une constitution ne vaut que par ce que valent les citoyens du pays. Alors, cessons de nous amuser !

 Eyadema a dit qu’il a été élu en 1993 et en 1998 sur la base d’une Constitution adoptée par le peuple togolais à une écrasante majorité de 96% !

Tant qu’on n’a pas mis des verrous juridiques inattaquables à notre Constitution, pour garantir des résultats réels et durables, on s’amuse, qu’on soit dans un schéma de régime présidentiel, parlementaire ou semi présidentiel !

Ma préférence va personnellement à un régime présidentiel, avec un Président et un Vice-président, à la mode ghanéenne ou américaine, flanqué de verrous juridiques, que j’avais largement expliqués dans mes interventions antérieures sur ce sujet.

III)  Les élections municipales et locales

La démocratie commence toujours par la base. Cette vérité de la Palisse est connue de tous les stratèges de la démocratie. Nos villes sont dans un était environnemental, hygiénique et sanitaire lamentable à cause de l’absence de maires élus. Ici encore, les trois partis parlementaires nous ont roulé dans la farine depuis les législatives d’octobre 2007 et ne sont pas apparemment pressés d’organiser des municipales. En passant chaque fois devant le monument de l’Indépendance, mon cœur se serre en voyant les crevasses du goudron et les trous sur la voie qui entoure cette place symbolique de notre lutte pour notre indépendance, et le petit jardin mal entretenu, la plupart du temps, qui sert de cadre au monument de l’Indépendance. Et tout ce site est à quelques dizaines de mètres de la Mairie de Lomé !

Y a-t-il un Maire dans notre capitale ? Oui, mais ce grand officier de notre Marine Nationale est aussi Directeur du  Port Autonome de Lomé, un poste qui nécessite au moins douze heures de travail par jour ! Quand pourra-t-il avoir le temps d’aller vérifier si le jardin de la place de l’Indépendance est touffu ?

Toute la classe politique togolaise doit rapidement finaliser les préparatifs pour organiser rapidement, au plus tard en Octobre 2012, ces fameuses consultations municipales. On fera d’une pierre deux coups en élisant en même temps les sénateurs de notre pays.

IV) Education et instruction civiques

Il suffit de passer un Week-end ou deux jours à Accra pour comparer le degré de civisme et d’incivisme au Ghana et au Togo. Au Togo, la situation d’incivisme a atteint un degré intolérable : le feux rouges sont brûlés sans vergogne, et avec insouciance, les dépassements à droite, les excès de vitesse incontrôlés, le non respect des passages cloutés, la surcharge des véhicules privés comme des taxis auto et motos, tout est permis dans notre pays ! Sans compter les invectives et les injures ordurières des conducteurs à quatre ou deux roues. L’autre grave fléau, ce sont les taxis motos qui roulent tous sans permis de conduire, et par conséquent, sans assurance. Il y a trente à quarante accidents provoqués par les taxi motos, avec 1,2 morts en moyenne par jour ! Excellence, Monsieur le Président, allez-vous tolérer encore longtemps que le Togo s’enfonce davantage chaque jour dans la pagaille ?

Je propose les mesures correctives ci-après :

1- La contravention  Exemple : feu rouge brûlé. La Police arrête le conducteur (moto, taxis, voiture personnelle) et lui dresse une contravention avec pénalité à payer (dans un délai de cinq jours ouvrables après infraction) au Trésor public (guichet unique) de vingt mille francs (20.000 FCFA) pour les voitures et dix mille francs (10.000 FCFA) pour les motos)

Si au bout des cinq jours, les taxes ne sont payées, elles sont majorées de 100%, à payer dans les cinq jours ouvrables, à compter du jour d’expiration de la première échéance. Si au bout des dix jours les contraventions ne sont toujours pas payées, le véhicule est saisi et consigné à la fourrière avec une pénalité de 30.000 F CFA par jour de pénalités. Le propriétaire retirera son véhicule après avoir payé les deux pénalités et les frais de fourrière. Si au bout de trente (30) jours, le véhicule n’est pas retiré de la fourrière, l’Etat va vendre aux enchères, au plus offrant. Si c’est un véhicule immatriculé à l’étranger, le véhicule sera immobilisé par la police jusqu’à ce que le propriétaire s’acquitte de la contravention. !

La fiche de contravention doit comporter les noms et prénom(s) du contrevenant, le numéro du permis de conduire, la description de l’infraction, la date, le lieu et l’heure de l’infraction avec les noms et les signatures des deux agents de police ayant officialisé et certifié la contravention.
Pour éviter la corruption des policiers, 20% du montant des amendes devant être reversés pour le Trésor dans une Caisse spéciale de soutien à la Police, sorte de caisse de ristournes aux policiers. Pour une surcharge d’un véhicule, la pénalité sera de 20.000 F par personne en surcharge.

2- Le retrait du permis de conduire : Peut survenir après verbalisation de cinq infractions certifiées et verbalisées dans la même année. Les infractions peuvent revêtir plusieurs formes : téléphoner avec son portable en conduisant, brûler un feu rouge, stationnement défectueux, surcharge de passagers, refus de boucler sa ceinture de sécurité, excès de vitesse en ville ou sur les routes etc. Pour certaines infractions graves comme la conduite en état d’ébriété ou délit de fuite, une seule infraction peut justifier un retrait du permis de conduire, pour trois, six ou douze mois, en fonction de la gravité de l’infraction. Les amendes doivent naturellement être payées, en plus du retrait du permis de conduire.
Toutes ces dispositions imposent d’avoir des policiers qui maîtrisent parfaitement le code de la route et qui possèdent eux-mêmes un permis de conduire de la  police. Tout policier qui aura effectué une fausse verbalisation, écopera d’un mois de mise à pied sans solde.

3- L’obligation pour les conducteurs de taxsi motos d’avoir un permis de conduire et d’assurer tout engin à deux roues. Ici l’Etat peut organiser des cours collectifs d’auto-école gratuits pour les conducteurs. Il suffit de regrouper, deux heures, trois fois par semaine, les conducteurs de moto et leur inculquer les notions cardinales de conduite. Comme il ne s’agit que du code seulement, on peut demander par exemple aux motos immatriculées de 0001 à 4000, de 40001, à 8000 de 8001 à 12.000 etc. d’aller suivre, au palais des Congrès par exemple, deux heures de cours collectifs. En quatre ou six semaines, on leur passe l’examen de permis de conduire.

4- L’introduction de l’Instruction civique (à nouveau) dans les programmes scolaires et universitaires, avec un coefficient plein. L’impolitesse, le mal éducation, l’ignorance, la démesure, l’indécence etc. ont élu domicile chez nos jeunes et les moins jeunes. Beaucoup de jeunes filles et jeunes garçons se baladent en ville, les fesses presque dénudées, sans que la police des mœurs ne dise un mot ! Jeunes et vieux vont à la plage et défèquent dans le sable, sans vergogne et impunément ! En lisant la presse écrite togolaise et en écoutant certains radios privées, on se demande sur quelle planète on est. Si les parents démissionnent dans leur rôle d’éducateurs, l’Etat lui, ne doit pas baisser le bras.

Je propose les mesures ci-après :
 
Si la Police des mœurs arrête une personne qui n’est pas folle mais qui se ballade dans nos rues, les fesses presque en l’air, cette personne arrêtée doit aller effectuer 08 heures de travaux d’intérêt national (curage de caniveau, balayage de la plage, défrichage de jardins publics, arrosage d’espace vert etc.)
Toute personne prise en flagrant délit de déféquer à la plage doit effectuer trois jours (8heures x3) de travaux d’intérêt national.
Tout organe de presse qui excelle dans les injures, le langage ordurier, l’incitation à la haine tribale, raciale, religieuse, ou qui incite à la violence doit être suspendu après trois rappels à l’ordre par la Haute Autorité de l’Audio visuel et de Communication (HAAC)…
L’obligation doit être pour les stations de radio et de  télévision de passer chaque jour, quinze minutes de programme d’éducation civique…

V) UNO POCO DE TODO

Parlons maintenant d’un peu de tout, et particulièrement :
 
-De l’Hôtel du 2 Février et de l’Hôtel de la Paix

La fierté (légitime) du Gal GNASSINGBE Eyadema, en matière d’infrastructures hôtelières, est constituée par le trépied ci- après : Hôtel du 2 Février-Hôtel de la Paix- Hôtel Sarakawa. Aujourd’hui, si le Général Président sortait de son caveau funéraire, il va faire une crise cardiaque, en voyant ce que sont devenus l’Hôtel du 2 Février et l’Hôtel de la Paix. Le premier montre toujours son allure majestueuse de building de 35 étages (en réalité, sept étages de moins), mais building en déperdition avancée. Si on ne rénove pas vite cet immeuble, il va s’effondrer un jour comme un château de cartes, emportant dans ses débris, le monument de l’indépendance, le CASEF et les services annexes. Quant au domaine de l’hôtel de la Paix, il est devenu le champ privilégié où les voisins vont faire des défécations et où les drogués et les bandits de toutes pointures, font leurs affaires. Pourquoi ne pas vendre tout simplement ces deux entités à des promoteurs immobiliers ou à des chaînes hôtelières internationales ? L’orgueil national ne peut nous freiner, car, aujourd’hui la moitié des palaces sur la Côte d’Azur française appartiennent à des richissimes hommes d’affaires saoudiens, koweitiens, barheini ou russes.
Les deux hôtels fournissaient au pays, au moins huit cent (800) emplois directs et indirects, sans compter ce qu’ils laissent aux impôts et aux douanes.

  b)- De l’éternel déficit en communication et de l’immobilisme virtuel du Président.

Le peuple a besoin de voir et d’entendre celui qu’il a élu pour défendre ses intérêts pendant cinq ans. C’est comme ça en démocratie. Le voir, non pas seulement à la Télévision (80% des togolais n’ont pas de télé, notre TVT national ne couvre pas tout le pays, 70% des togolais n’ont pas l’électricité !), mais le voir en chair et en os. Le Président devrait faire une visite officielle (au moins une fois l’an) dans chacune des cinq régions du pays, pour toucher du doigt les problèmes du pays, et son Premier Ministre devrait lui, faire au moins deux visites par région et par an. Combien de fois le Premier Ministre François FILLON a visité les régions de France depuis qu’il est à MATIGNON ?

Combien de fois le Président SARKOZY a visité les régions de France depuis qu’il est  à l’Elysée ? Ne parlons pas de BARAK OBAMA. Tout d’abord, celui-ci fait un discours radio diffusé hebdomadaire et ses apparitions sur les écrans sont innombrables. Il explique tout au peuple américain et c’est normal. Je me rappelle de la grève des étudiants de l’Université du Dakar en 1969-1970. Lors d’une Assemblée Générale au Campus de l’Université, un leader étudiant a traité le Président SENGHOR de « voyageur professionnel en France ! Nous étions chauds, chauds, chauds. Pour refroidir nos ardeurs, il a fait un discours, 48 heures après le début de la grève, pour nous expliquer des choses, pour promettre aussi, puis, il a mis une pique à notre étudiant, en terminant son discours par cette boutade :

« Le rêve de tous les sénégalais en général et des étudiants en particulier, c’est d’aller en France ; tous ceux qui n’ont pas les moyens s’arrêtent à Las Palmas ! ».

 Le lendemain, notre leader étudiant s’est vu affubler du surnom de « LAS PALMAS », sous la risée d’étudiants !
La démocratie impose aux dirigeants de s’expliquer, de se justifier, de se montrer (pas seulement en campagne électorale), de discuter avec le peuple. C’est le seul moyen de se faire réélire, si on veut se faire réélire !

Imaginez qu’on demande aux habitants d’un village comme Ayomé Todji, qui n’ont pas entendu à la radio, une seul fois, ni  vu le visage du Président une seule fois dans l’année (ils n’ont pas d’électricité) , de voter pour ce Président. Pourquoi le feront-ils, surtout qu’ils ne voient même pas concrètement que leur vie quotidienne s’est améliorée en cinq ou dix ans ? Bougez, Monsieur le Président !
Montrez-vous aux populations pour qu’elles vous voient en chair et en os !

c- Du chômage des jeunes

Comment faire pour créer des emplois au Togo ? C’est une question à un million de francs ! Tous les dirigeants du monde se posent cette question. Le taux fatidique de 10% de chômeurs dans un pays est un indicateur au rouge pour tout dirigeant conscient d’un pays.
Quel est le taux de chômage au Togo ? Je n’ai jamais entendu un ministre de l’Emploi nous fournir un chiffre un jour sur ce sujet ! Il est peut-être temps qu’on nous publie les conclusions d’une étude sur ce sujet. J’ai des pistes de solutions exploitables que je livrerai dans les prochaines semaines.

d- Du RPT du nouveau Parti éventuel du Président

Le RPT ne pouvant être dissous par décret (voir les textes de la Charte des Partis), le Rassemblement du Peuple Togolais va mourir certainement à la suite d’une autodissolution lors d’un congrès du Parti. La question que tout le monde se pose est de savoir si le nouveau parti qui va naître aura suffisamment les reins solides pour remporter les législatives et les municipales d’octobre 2012. Le gros handicap du nouveau Parti, sera d’imprimer le nouveau logo (emblème) du parti) dans le subconscient des togolais rptistes, qui sont habitués au Maïs, emblème du RPT. Et si les nostalgiques du RPT n’adhèrent pas massivement au nouveau parti ?
ET si Faure GNASSINGBE changeait tout simplement la dénomination du RPT, qui s’appellerait désormais RPTD (Rassemblement du Peuple Togolais pour le Développement), avec comme objectif principal, le Développement absolu du pays ? Comme cela, l’emblème sera sauvegardé et tout le monde est content !

 David IHOU (Ancien Ministre de la Santé et de la Population, Consultant en Géopolitique et en géostratégie sécuritaire)

 

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