« Sinon cela risque de se perpétuer dans d’autres pays ». Pourquoi Tiken Jah Fakoly adjure les Ivoiriens de bloquer le 3ème mandat de Ouattara [Par Ndam Njoya Nzoméné]

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Même pas ceux d’entre eux qui jouissaient d’un certain charisme à l’instar d’Olusegun Obasanjo du Nigeria, qui avait succombé à la tentation d’un trisième mandat, mais qui fut tranquillement ramené sur terre par un Sénat constitué au 2/3 des membres de son parti –alors au pouvoir- le PDP, qui rejeta une proposition ambiguë dans ce sens émanant de lui.

 Arrivé au pouvoir après avoir plongé le bras jusqu’à l’épaule dans le sang, le “rectificateur” sanguinaire Blaise Compaoré du Burkina, parrain et compatriote de Alassane Ouattara, pour avoir la vie sauve, dut sortir par la fenêtre pour se jucher sur un avion un certain 31 octobre 2014, entamant alors une fuite éperdue qui le fera échouer en Côte d’Ivoire. La jeunesse burkinabé avait eu les couilles d’affronter l’armée pour empêcher l’assassin de Thomas Sankara de se porter à nouveau candidat en 2015 après avoir violé en 2005 et 2010 la constitution de 2000 qui limitait à deux le nombre de mandats présidentiels par individu, sous le prétexte validé par le Conseil Constitutionnel à sa solde, que Compaoré étant président en exercice en 2000, l’amendement ne pouvait pas prendre effet avant la fin de son second mandat, au risque de s’appliquer rétroactivement.  Pour les Burkinabés qui avaient avalé l’assassinat sacrilège de Sankara, qui avait accepté que Compaoré viole la constitution amendée de 2000 en se présentant en 2005 et 2010, il n’était pas question qu’il soient enc***s pour la troisième fois par le frère de l’assassin présumé de Norbert Zongo qui ne se donnait même plus la peine de leur enlever le bas de chausse avant de passer à l’ignominieux… viol… de la Constitution

Outre ce cas pathétiquement illustratif du sort que les Ouest-Africains réservent aux récalcitrants qui les prennent par-dessus la jambe en tentant de leur faire avaler la couleuvre de la nécessité pour eux d’un troisième mandat prélude à l’instauration de la présidence à vie,  Abdoulaye Wade du Sénégal avait subi une véritable déculottée à la présidentielle de  2012 après s’être entêté à courir un troisième mandat indu. Il se résolut la mort dans l’âme à accepter sa défaite et à féliciter son adversaire Macky Sall.   

Au Niger, Mamadou Tandja fut purement et simplement renversé par l’armée le 18 février 2010, pour avoir agité le chiffon rouge à la face du peuple en faisant voter en 2009 un référendum prolongeant  de trois ans  son deuxième et dernier mandat obtenu en 2004 et lui permettant de se représenter pour un troisième mandat au bout de cette prorogation.

Au Bénin le soupçon plus ou moins infondé d’une tentation de modifier la Constitution par Thomas Boni Yayi, à l’effet de briguer un troisième mandat après 2016, avait installé un véritable froid entre celui-ci et le peuple béninois qui l’avait pourtant presque plébiscité en 2006 en l’élisant à plus de 74% contre un peu plus de 25% pour le vieux briscard et opposant de tous les temps, Adrien Houngbedji.

Les Guinéens ont toléré la mauvaise éducation d’Alpha Condé qui les traite souvent de “cabris”, jusqu’à ce que cet apprenti-dictateur veuille leur imposer son indispensabilité, en leur faisant assumer par la force sa volonté égoïstement narcissique d’être président encore après son deuxième mandat, pour continuer de jouir des honneurs et avantages du titre à ne rien faire. Mais les anciens sujets de l’Almany Samory Touré ne supportent pas l’idée du chiffre “3” dont le professeur foldingue veut faire précéder le nombre de ses mandats à la tête de l’Etat guinéen.

En Gambie,  le fantasque Yayha Jammeh a dû dégager vite fait pour éviter le feu des forces de la Cedeao en route pour Banjul afin de déloger le naturopathe-capitaine qui terrorisait son monde, et qui pouvait reconnaitre sa défaite à une élection présidentielle la veille, puis reconsidérer cette position très tôt le lendemain.

Au Libéria, en Sierra Leone,  au Ghana, en Guinée-Bissau, au Mali, au Cap-Vert, les présidents se battent, bon an, mal an, pour ne pas fausser le jeu démocratique avec des histoires de troisième mandat. Seul le Togolais Faure Gnassingbe représentait encore, du moins avant la volte-face spectaculaire du Mogho Naaba de Dimbokro, le 6 août dernier,  un caillou dans la chaussure d’une Afrique de l’Ouest en pleine modernisation politique. un exception qui confirme la règle qui voudrait que les chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest soient plus élevés moralement que les braves rois de brousse qui dirigent les pays de la forêt équatoriale… euh… de l’Afrique centrale.

Voilà pourquoi, après avoir ardemment soutenu Ouattara pendant la crise politique de 2002-2011,  l’artiste engagé Tiken Jah Fakoly, en est à ne pas vouloir que le petit Togo devienne le maître à penser de la Côte d’Ivoire, et que par la suite le chemin emprunté par l’influente et paradigmatique Côte d’Ivoire fasse tâche d’huile sur les démocraties en construction de la sous-région.

Voici ce qu’il dit du combat que les Ivoiriens doivent mener, et des raisons pour lesquelles ils doivent tous s’y mettre pour que Ouattara ne soit pas conforté dans son idée que pour l’avoir seulement déclarée, sa candidature à l’élection présidentielle en violation des lois de la République de Côte d’Ivoire peut et doit faire loi. Lisons :

” C’est sûr que si le Président Alassane Ouattara se présente, cela n’arrangera pas la  Côte d’Ivoire. Et ne l’arrangera pas lui même. Tous les présidents de l’Afrique de l’Ouest qui se sont entêtés à rester au pouvoir, tout le monde a vu comment nous les avons ” accompagnés”. Il y a deux possibilités : sortir par la grande porte ou rester  par la petite porte.
Au  Burkina Faso, Blaise Compaoré a décidé de rentrer par la petite porte, on a sait tous comment cela s’est soldé. En Afrique de l’Ouest, il est difficile de faire trois mandats. Nous allons empêcher cela en Côte d’Ivoire. Sinon, cela risque de se perpétuer dans d’autres pays. Les 3ème et 4ème mandats bloquent la nouvelle génération. La classe politique ne se renouvelle pas. Qu’on soit FPI, PDCI, RDR, la population ivoirienne doit se mettre ensemble surtout quand il s’agit de l’intérêt général. “

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