Retrait de la Cpi, prise de conscience ou fuite en avant ?

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Les dirigeants africains sont réunis à Addis Abeba  ce weekend pour discuter d’un éventuel retrait collectif de la Cour Pénale Internationale (CPI) car ils jugent « totalement inacceptable » la façon « injuste » dont la CPI traite l’Afrique.

 

Les pays africains représentent 34 des 122 pays ayant ratifié le statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, entré en vigueur en juillet 2002.

Depuis sa création, la CPI a inculpé une trentaine de personnes, tous ou presque des Africains, pour des crimes survenus dans huit pays d’Afrique. Lorsqu’on voit le pourcentage que representent les pays africains par rapport à l’ensemble des pays ayant ratifié le statut de Rome, nous nous retrouvons dans un cas de figure qui défie toutes les lois de la probabilité et cela me rappelle étrangement la population carcérale étasunienne qui est composée à plus de 80/100 d’afro-américains et de latino (qui sont évidemment des minorités raciales)et les 80/100 des employés de prisons sont blancs caucasiens. Il est certes vrai que l’Afrique est très secouée par des conflits, guerres et autres violations des droits de l’Homme d’une rare violence mais, a-t-on le droit d’ignorer les auteurs des conflits et crimes graves dans les autres parties du monde sous prétexte que les auteurs sont occidentaux ? La CPI tente maladroitement de s’expliquer par le fait qu’elle a été saisie dans de nombreux cas par des pays africains eux-mêmes. Rien d’étonnant quand on sait que ce sont ceux-là mêmes que les occidentaux ont aidé à gagner qui règlent les comptes  aux vaincus  ou ceux que les occidentaux n’ont pas réussi à placer au pouvoir qu’ils aident à se venger. N’y-a-t-il pas eu des pays comme le TOGO qui ont connu de graves crimes contre l’humanité ? La CPI n’a-t-elle pas été saisie ?

Mais notre inquiétude n’est pas le retrait de la CPI, mais  que les auteurs des crimes puissent être poursuivis par des juridictions africaines indépendantes et crédibles afin d’éviter de délivrer « un permis de tuer, de mutiler et d’oppresser » en toute impunité pour reprendre les mots  du prix Nobel de la paix Desmond Tutu.

Quoiqu’on dise, nous africains sommes responsables de notre destin et devons cesser de nous plaindre et culpabiliser les autres. Ce confort intellectuel que nous avons d’accuser l’occident ne nous dédouane pas de nos responsabilités premières car si  le miroir Lampedusa est devenu un mouroir pour les jeunes africains, c’est d’abord notre faute car on aurait préféré qu’ils meurent chez nous parce qu’ils luttaient pour le changement. Il est très commode d’accuser les autres mais aussi longtemps que l’Afrique va se louer et se vendre comme une prostituée, rien ne changera car des pays comme la Chine, l’Inde, la Corée du sud, Hong-Kong et bien d’autres pays n’ont pas les richesses de l’Afrique et ont été aussi maltraités par l’histoire comme nous

mais émergent et même viennent s’accaparer de nos terres avec le consentement de nos dirigeants corrompus et vendus. Est-ce l’occident qui leur a demandé  de vendre nos terres ?

PAUL LANWI  Lynx.info

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