Qui va respecter un peuple qui abandonne sa culture pour un mimétisme bovin et illusoire ?

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Photo : Imitation de Jésus Christ dans les rues de Lomé (Togo)

Perdu dans un monde où il ne sait plus s’orienter, l’africain ne sait plus à quel Saint se vouer. Trempé jusqu’au cou dans la fébrilité et l’impuissance dans un monde dont les règles – fixées par les plus forts car mieux organisés pour atteindre des buts préalablement définis – sont impitoyables pour les peuples dominés, dispersés, désorganisés et incapables de livrer le combat libérateur, l’africain se débat dans l’imitation la plus ridicule qui est le trait de génie d’un peuple qui refuse absolument de se voir tel qu’il est pour devoir faire tout ce qu’il doit pour se redresser. Dans cet art vil et émasculateur, il faut dire que l’africain est premier sans ex-aequo, ni deuxième. Dans le jeu de l’imitation, seul peut-être, le caméléon, animal pour qui le mimétisme est une question de nécessité existentielle, ferait mieux que « l’homme noir », qu’on appelle d’ailleurs (faussement!) Homme de couleur, dans les sociétés occidentales.

Réinventé par l’homme blanc pour ses besoins depuis au moins 3000 ans maintenant, l’africain fait tout ce qu’il peut pour ressembler à ses inventeurs ou pour obéir aux critères fixés par ceux-ci. N’ayant quasiment jamais honte de se couvrir du comble du ridicule, l’africain fait et fera tout ce qui est en son pouvoir (de faiblesse) pour se donner des identités qui ne sont pas et ne seront jamais les siennes. Ainsi, est-il condamné à vivre (sauf s’il se reprend effectivement) dans l’errance, l’infertilité, le déshonneur et la déshérence, car coopérant à l’assassinat de son propre être.

Une des manifestations les plus courantes et les plus frappantes du mimétisme chez un peuple étant son refus absolu de s’assumer et de se définir, les africains préfèrent s’affirmer et se lire par le truchement d’autrui. Parviennent-ils donc à esquiver leurs propres blessures pour ne sentir de peine que pour celles d’autrui. L’africain actuel ne peut plus nier, avec son visage minable, d’être une fabrication des différents peuples qui l’ont colonisé jusqu’ici. Peuples dans lesquels il se retrouve parfaitement à chaque occasion. Parfaite incarnation du visage d’autrui qui l’a recréé pour ses besoins et ses desseins, l’africain porte sur ses épaules les peines de ses fabricants. Si la croix de Jésus ne repose sur ses frêles épaules, ce sont les versets coraniques qu’il répète platement qui saturent sa boîte crânienne. Il ressent même les malheurs avant qu’ils ne surviennent à ses fabricants. Malcolm X avait, depuis longtemps, identifié ce caractère chez des noirs, lorsqu’il parlait de l’esclave domestique qui pleurait lorsque le maître pleurait et dit Nous avons mal à la tête lorsque le maître souffrait des maux de tête. Face à ses propres douleurs et celles de son peuple, le noir reste un monstre froid. Silencieux comme une carpe et indifférent comme un sapin de Noël en plastique. Se soucier de son peuple, de son pays, de la renaissance de l’Afrique est le dernier de ses soucis.

Pour obtenir une telle attitude de l’africain, des outils sont légion. En dehors de la répression brute, le colonialisme utilise d’autres outils plus doux, imperceptibles pour la majorité pour briser la résistance ou, en tout cas, pour retarder la prise de conscience des africains. Il s’agit entre autres des médias (BBC, RFI, France 24, CNN, Vox of America, Deutsche Welle…) dont les africains en raffolent, en se considérant civilisés en les écoutant, des séries télévisées, des sectes et autres loges maçonniques qui mystifient les plus crédules, de l’école coloniale, du catholicisme colonial, du protestantisme le plus éculé, de l’évangélisme born-again destructeur, du business associatif qui appâte avec des miettes de fonds et financements des esprits qui manifestent des signes de compréhension, des ONG prétendument humanitaires paralysant toute imagination locale et consolidant l’extraversion, des centres culturels français, allemands (instituts Goethe)…faisant des africains qui les fréquentent des amis de ces cultures au détriment de la culture africaine, des institutions telles que la francophonie qui structure patiemment mais résolument la jeunesse africaine en la dotant des CNJ (Congrès National de la Jeunesse) et le Commonwealth promouvant les langues des pays qui les ont pensées aux fins de conserver et renforcer les liens entre les métropoles et les colonies…

Résultat : l’aliénation mentale est telle qu’il y a toujours des descendants de pharaons qui déclarent que leurs territoires est 1er producteur mondial de cacao, de café, de banane et quoi encore? Et qui sont fiers de l’être. Ils entendent même combattre farouchement tout autre pays souhaitant rivaliser dans leur domaine réservé de production de banane, de café-cacao…de matières premières. Avec une économie cacaoyère, caféière, alimentée par la force musculaire revigorée au paracétamol frelaté qui peut nous respecter? Etre là, à cultiver avec ardeur des produits coloniaux d’exportation (avec l’aide du FMI et de la BM), au détriment des produits vivriers de moindre qualité importés, qui peut nous respecter?

Quel respect pour un peuple dont les enfants errent en quête de miettes alors qu’il a les terres les plus fertiles au monde, du soleil, des cours d’eaux intarissables et qui a une économie qui fonctionne au lampion et au générateur électrogène importé d’ailleurs? Quel respect pour un peuple qui a abandonné sa culture pour un mimétisme bovin et illusoire des autres? Un peuple soumis par la France notamment, un pays pourtant battu si souvent par les autres nations européennes dans leurs différentes guerres fratricides?

Qui peut avoir du respect pour les enfants d’un peuple qui a abandonné son territoire entre les mains de la racaille africaine constituée de dirigeants assassins et kleptocrates élévés par des parrains « blancs » génocidaires? Quel respect peut-on avoir pour un peuple qui a perdu le contrôle de son espace depuis bientôt 3000 ans et qui n’a relevé aucun des défis auxquels il fait face depuis lors? Quel respect pour un peuple qui est là, en haillons mais cultivant du coton pour habiller ses maîtres? Cultiver du cacao pour du chocolat, du café, de la banane, des fleurs, du thé pour le bonheur de ses maîtres? Quel respect pour un peuple dont de nombreux enfants dansent et chantent pour leurs maîtres?

Ces pharaons, mieux, ces descendants de pharaons ne peuvent qu’être ridiculisés dans leur satisfaction passéiste, car ils baignent dans l’illusion d’une grandeur qui est perdue. Ils ont été passés dans les fers esclavagistes et aujourd’hui, ils nagent dans un bas-fond colonial qu’ils comprennent à peine. Beaucoup n’envisageant pas retourner sur la terre de leurs ancêtres, veulent qu’on leur reconnaisse leur « pharaonité » dans le système oppresseur qui a ruiné la civilisation pharaonique. Ils quémandent de la reconnaissance pour leur contribution, la « contribution de l’Afrique » à la réussite des autres. Autrement dit, en étant rien sur nos terres originelles, en laissant les dirigeants kleptocrates imposés, les Occidentaux et leurs multinationales, les Chinois, les Indiens, les Libanais, les Syriens, les Turcs, les Saoudiens, les Brésiliens, les Coréens…tenir les rênes politico-économiques de l’Afrique, nous exigeons de la considération et du respect sur les terres des autres. Quel culot ! Et, lorsqu’en maîtres assurés, les dominateurs nous refusent un tel « honneur », une telle reconnaissance, les pharaons se plaignent de racisme, de méchanceté, d’inhumanisme. Certains, tellement versés dans la chose religieuse, disent même que ces maîtres « ingrats » sont Apophis et qu’ils auraient donc besoin de notre enseignement afin d’acquérir la sagesse Mâatique ou Kamitique pour ainsi redevenir des humains capables de reconnaissance.

Nous redeviendrons des pharaons, donc fiers, si nous allons à la reconquête de notre espace sur lequel nous bâtissons notre renaissance pleine et entière. Pas la peine de prétendre la Renaissance sur la terre des autres. C’est la géographie qui fait l’histoire et non le contraire.

Komla KPOGLI
S.G du MOLTRA
 

 

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