Question au peuple togolais : est-il possible de vaincre une monarchie par les urnes ?

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Mon Ami et Frère Ali Camus, dans son combat pour un Togo « démocratisable », débarrassé de la Monarchie des Gnassingbé, me permet de savoir qu’il y a un combat politique au Togo et qu’une certaine opposition politique mal raccommodée tenterait de faire une alliance de « bras cassés » pour arracher le pouvoir à Eyadema fils, celui qui s’appelle « Fraude » Gnassingbé.

Je ne sais pas si mon Ami et Frère, Digne fils du Togo, croit en ce combat politique, tel qu’il est mené depuis le début à ce jour.

Sans attendre sa réponse, je pense qu’Ali est intimement convaincu qu’il y a un combat à mener. Mais, je suis presque persuadé qu’Ali ne peut pas croire que le Peuple togolais pourra venir à bout d’une Monarchie dictatoriale, vieille de plus de 50 années, par les Urnes.

La raison est toute simple.

 D’abord, une Monarchie, déguisée en parodie de démocratie travestie, est forcément une fraude à l’opinion nationale et internationale, une arnaque politique, une escroquerie en bande organisée de malfaiteurs locaux et supra-locaux, pour asseoir une domination sans partage sur un pays essoré financièrement, pressurisé militairement, exploité jusqu’au sang afin d’engraisser sur le dos du paysan togolais, de la ménagère togolaise, du contribuable de Lomé, les fils mal-élevés d’une lignée d’autocrates divisés, ce conglomérat de parricides et de fratricides qui fait honte à l’Afrique Digne.

Ensuite, une Monarchie implique un système de transmission du pouvoir d’ascendant à descendant. Le choix du Monarque du moment peut donner lieu à une consultation interne et à des tractations au sein de la lignée. Mais mêler les gens du dehors au processus de désignation d’un Monarque relève d’une pure fantaisie trompeuse. C’est pourquoi dans les Monarchies, lorsqu’il y a plusieurs prétendants au trône, la lutte pour le contrôle du trône se fait toujours de façon violente, sanglante et macabre.

Cela dit, je penser avoir ma réponse concernant mon ami Ali Camus.

Non. Mon Ami et Frère Ali Camus est un homme bien avec une tête bien faite. Il ne peut attendre grand-chose d’une confrontation politique où le jeu des urnes est une scène de braquage armé durant laquelle le Peuple se fait voler et au terme duquel il est mis devant le fait accompli, après que plusieurs parmi ses enfants qui ont osé dire « Non » se sont fait liquider de la bonne des manières, c’est-à-dire, avec les moyens de l’Etat au grand dam d’un Peuple Digne mais sans véritable leader qui ose penser juste et agir de façon utile et déterminante.

Mais qu’en est-il du Peuple togolais dans son immense majorité ?

Parvient-il à cerner, bien cerner les contours du problème politique togolais ? Comprend-il les enjeux et les vrais défis de son combat politique ?

Oui et non.

Oui pour certains, qui comprennent bien qu’il n’est pas raisonnable de vouloir une alternative politique dans un jeu des urnes avec un pouvoir autocratique à relent monarchique, mais préfèrent jouer les insensés, préférant un monarque sanguinaire connu à un hypothétique homme du changement aussi rare au Togo qu’est rare l’eau dans un désert.

Non. Parce qu’il y a des gens de bonne éducation qui croient encore au Togo qu’il faut jurer fidélité aux Gnassingbé qui ne sont certes pas les meilleurs pour le Togo, mais qui au moins ont toujours été là, à la différence des Gilchrist Olympio,  Kofi Yamgnane et Consorts qui veulent utiliser les Togolais comme de simples faiseurs et porteurs de roi sans jamais être là, au bon moment, pour partager leurs peines.

Que dire d’autre après tout ce qui est dit ci-dessus ? Désespérer du Togo ? L’abandonner à son sort si compliqué et si chargé d’incertitudes ?

Non. Surtout pas. Mais comme un médecin, on ne peut aider un grand malade, sans poser un bon diagnostic.

Le débat est donc à ce niveau ci. Ceux qui veulent sauver le Togo de plus d’un demi-siècle de parodie de République, cette chose nuisible qui n’est rien d’autre qu’une Monarchie d’autocrates confirmés, eh bien ceux-là doivent avoir de le courage de soulever la bonne problématique, celle qui est de savoir « s’il est possible de vaincre une monarchie par un jeu électoral».

A Très Bientôt.

Hassane Magued,

 

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