WikiLeaks met en cause Bongo, Chirac et Sarkozy

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Près de 30 millions d’euros détournés de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) à son profit par Omar Bongo et qui auraient également profité à des partis français: les notes diplomatiques américaines divulguées par Wikileaks et visibles ce mercredi sur le site de l’un de ses partenaires, le quotidien espagnol El Pais, pourrait embarrasser la classe politique hexagonale.

L’information a été fournie, quatre jours après la mort du président gabonais, en juin 2009, par un haut fonctionnaire de la BEAC à un diplomate de l’ambassade américaine au Cameroun.

Selon cette même source, « les dirigeants gabonais ont utilisé les fonds détournés pour leur enrichissement personnel et, suivant les instructions de Bongo, ont remis une partie de l’argent à des partis politiques français, y compris en soutien au président Nicolas Sarkozy ».

L’argent aurait profité « aux deux camps, mais surtout à droite, en particulier à Chirac mais aussi Sarkozy ». « Bongo était le président africain préféré de la France », précise le fonctionnaire.

La BEAC regroupe les réserves des Etats membres de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale: le Gabon (qui en désigne le gouverneur), le Cameroun (où est situé le siège), la République du Congo, la République centrafricaine, le Tchad et la Guinée Equatoriale.

Selon le télégramme, datant de juillet 2009, le gouverneur de la BEAC, le Gabonais Philip Andzembe, avait placé en secret 500 millions d’euros dans un investissement à haut risque de la banque française Société Générale.

Après que ce placement non autorisé a été rendu public, un audit de la BEAC a été mené et « a révélé des malversations encore plus larges et plus audacieuses, liées à la hiérarchie des officiels gabonais, révèle le fonctionnaire à l’origine de cette information. L’enquête interne a montré que 36 millions de dollars (environ 28 millions d’euros, ndlr) ont été détournés via des chèques à des hauts responsables du Gabon ».

Le clan au pouvoir au Gabon, « dont le défunt président Omar Bongo et son fils Ali, ministre de la Défense et candidat à la présidence (il a été élu depuis à la tête du pays, ndlr), a bénéficié du détournement de fonds », indique le document.

« Cette ambassade n’est pas en mesure de vérifier la véracité de l’accusation selon laquelle des hommes politiques français ont bénéficié du détournement de fonds », se contente de conclure le câble, signé de l’ambassadeur américain au Cameroun, Janet Garvey.

Une enquête est en cours en France sur le patrimoine dans l’Hexagone de trois présidents africains et de leurs proches, dont Omar Bongo, suite à une plainte de Transparency International, une ONG spécialisée dans la lutte contre la corruption.

 LEXPRESS.fr

 

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