Non à la France-Afrique et son réseau de Mafiosi

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Comment justifier l’intervention militaire de la communauté internationale en Côte d’Ivoire pour déloger de façon sanglante Laurent Gbagbo ?
Guillaume Soro, l’ex chef rebelle qui a majestueusement repris son armure de chef de guerre, a consacré sur France 24, la solution violente : la force pour déloger Laurent Koudou Gbagbo. La journaliste en bonne professionnelle ne s’est nullement inquiétée des conséquences désastreuses de cette option. Pis la CEDEAO n’est réunie en urgence après avoir suspendu la Cote d’Ivoire et menace maintenant d’agir militairement pour placer Wattara au pouvoir.

Cette situation gravissime qui augure d’énormes pertes en vies humaines et la destruction du pays et partant de la sous région appelle à une réflexion sur les fins, les moyens et ses justifications.
Un constat clair s’impose : Les puissances occidentales qui sont derrière ce dessein macabre veulent faire jouer le rôle de sale boulot aux africains eux mêmes: des africains vont tuer d’autres africains au nom d’une certaine conception du pouvoir et de la démocratie pour le compte des intérêts machiavéliques de leurs maîtres blancs. À quand le réveil des Africains sur le contrôle des grands enjeux qui dessinent leur propre destin ?

Trouver des justifications objectives à cette œuvre d’intervention militaire qui défie les principes fondamentaux de la raison politique dont la finalité est le bien-être des hommes et femmes qui fondent la société, relève d’un exercice intellectuel difficile.

Sur le plan du droit international, l’usage de la force militaire contre la souveraineté d’un État membre par les autres membres de la communauté ne peut advenir que dans des cas précis et très rarissimes après que toutes les voies de négociations et de médiation aient été épuisées.
Ces cas rarissimes se présentent lorsqu’un État empiète en violation flagrante de toutes lois fondamentales du droit international sur la souveraineté d’un autre État. On pourra citer à tire d’exemple l’invasion du Koweït par l’Irak. Le refus obstiné de Saddam Hussein de se plier aux injonctions de retrait de la communauté internationale, l’a exposé à une intervention militaire dont nous connaissons tous les conséquences immédiates et lointaines pour lui-même et pour l’Irak.
Un autre volet qui justifierait une intervention militaire de la communauté internationale est le droit d’ingérence humanitaire. Lorsque les autorités d’un pays massacrent ses propres populations ou que le pays est en proie à une guerre civile fratricide, cas de génocide, la communauté internationale ne peut rester indifférente aux violations massives des droits humains et aux massacres systématiques des populations civiles qui sont protégées par des conventions et des traités en cas de guerre et de conflits.

Nous passerons sous silence le cas où le pays sombre dans l’anarchie et se retrouve sans gouvernement et institution légitimes. Aussi n’évoquerons-nous pas ici le cas de la nouvelle trouvaille américaine qui perturbe les grands centres universitaires de droit et science politique dans le monde ; celle de la guerre préventive qui permet de déclarer la guerre à un pays si l’on estime que ce pays constitue un danger potentiel pour les autres pays de la communauté internationale.
Dans tous les cas de figure, l’intervention militaire de la communauté internationale devrait se situer au service du droit, de l’ordre et de la protection des populations civiles, de la paix et la sécurité dans le monde. Au lieu et place du respect des grands textes fondateur de Nations –Unis comme leçon tirée de la deuxième guerre mondiale, de l’application scrupuleuse du droit international, de la convention de Genève et la Déclaration Universelle des Droit de l’Homme , nous assistions à une instrumentalisation des actions de la communauté internationale au service des intérêts partisans de puissances qui forment le Conseil de Sécurité de l’ONU. L’Afrique en a particulièrement souffert et continue d’en souffrir. Le Cas du Congo et du Rwanda dont l’intervention de l’ONU n’a pu empêcher ni génocide, ni l’assassinat de LUMUMBA, ni la partition du pays, demeure vifs dans nos esprits. L’ONU a-t-il jamais réussi en Afrique ? La question mérite d’être posée.

Vous conviendrez avec moi que rien ne justifie aujourd’hui l’intervention militaire de la CEDEAO, de l’OUNUCI et de la force française Licorne en Côte d’Ivoire. Le cas de ce pays ferrait jurisprudence à l’encontre de l’orthodoxie juridique internationale car ce sera la première fois que la communauté internationale par le biais de la CEDEAO veut intervenir militairement pour placer au pouvoir un candidat donné perdant par la plus haute juridiction du pays. Encore que la crédibilité des dirigeants de la CEDEAO laisse beaucoup à désirer en matière de démocratie et d’élection. Remarquez Jonathan GOOLUCK n’a pas encore connu d’élection présidentielle dans son pays. Blaise Comparé, le tombeur sanglant de Thomas Sankara, se fait réélire à 80%. Faure Gnassingbé a remplacé dans le sang son père au mépris de toutes les lois de son pays. Niger, une situation de coup d’État non aplani. Au libéra, une dame de bonne classe, diplômée de Harvard, choisie à la place d’un footballeur populaire mais pas très fréquentable. Guinée, des intrigues et magouilles qui ont vu imposer l’opposant historique qui a fait un saut en longueur tellement spectaculaire entre le premier et le deuxième tour que le livre Guinness des records a pris acte. On peut passer ainsi les 15 pays qui composent la CÉDEAO au peigne fin démocratique et on verra que le résultat n’est pas reluisant et pourtant ils veulent intervenir militairement en Côte d’Ivoire au non de la démocratie.

Le point focal de ma réflexion est de trouver comment cette jurisprudence s’appliquerait au cours des prochaines élections assurément problématiques dans les autres pays africains connus pour leurs difficultés démocratiques. La formule qui me parait évidente serait de commencer par un coup d’État qui se muerait en rébellion en cas d’échec. Puis il faut avec la complicité de la puissance coloniale aller à l’ONU et à l’aide d’un lobbying pressant créer l’ONU machin. Entendez par machin les deux premières lettres du pays concerné. ONU CI pour la Côte-d’Ivoire, ONUTO pour le Togo, ONU BU pour le Burkina-Faso, ONU Li pour le Libéria…etc. . Organisez les élections sans le désarmement des rebelles. Faites certifier les résultats à la CHOI par le chef de l’ONU machin au mépris de la décision de la cour constitutionnelle du pays et déclencher une campagne médiation caricaturale et avec l’appui des puissances étrangères avec à la clé l’ultimatum du président de la puissance coloniale. Dernier acte de la pièce l’intervention militaire des pays africains pour installer le candidat malheur au pouvoir. La formule paraît invraisemblable n’est- ce pas ?

 Ce n’est pas tout simplement sérieux cette nouvelle conception démocratique en Afrique au gré de la nouvelle géopolitique internationale. Le réveil économique de la Chine, la panique et la saturation de l’Europe, la fin des bulles financières avec leur création de richesse factice sur fond d’endettement et de spéculation, la recherche de nouveaux marchés d’approvisionnement remet l’Afrique au centre des intrigues, des guerres et des génocides futurs.
Vivement la prise de conscience des Africains pour éviter que l’Histoire triste du continent noir se répète inexorablement

C’est pourquoi nous lançons un appel à manifester dans tous les pays africains pour dire non la guerre,
Non à l’intervention militaire de la communauté internationale en Côte d’ivoire pour placer au pouvoir un candidat
Non à l’instrumentalisation des organisations internationales pour servir des buts et intérêts occultes et inavoués
Non aux Africains qui donnent l’Afrique en pâture à la rébellion et à la guerre
Non aux dictateurs et à leurs fils à la tête des régimes monarchiques comme le cas du Togo et du Gabon
Non à la France –Afrique et son réseau de Mafiosi
Non aux élections truquées, source de conflits en Afrique
Non à l’exploitation des richesses de l’Afrique au mépris de la vie des Africains, de leurs institutions et de leurs États
Oui à la renaissance de l’Afrique et à la prise en main de son propre destin.
Oui l’arbre à palabre, instrument diplomatique historique des Africains pour régler les conflits sociaux et politiques.
Oui à la paix et à la concorde entre les peuples
Oui au développement de l’Afrique
Oui à l’épanouissement et au bien- être du peuple africain,
Oui à l’unité africaine
Vive l’Afrique
Unis pour la même cause, la lutte continue


Che Alphonse Lawson-Héllu
Ancien président du Conseil des Étudiants de l’Université de Lomé (Togo)
Président du Mouvement pour un TOGO Nouveau (MTN)
Email : [email protected]
Canada
   

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