OTR : Faure frappe « Faure » en retirant des mains d’Ingrid Awadé la clé des impôts

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A l’heure où vous lisez ces lignes, ce n’est pas du tout la forme dans les rangs des voleurs des douanes, des impôts et du transit au Togo. Et pour cause. Ceux-ci craignent que leur sésame ne s’ouvre plus aussi facilement comme avant. Tous ceux qui officient dans les deux régies financières notamment la douane et les impôts et les transitaires et qui ont toujours fraudé massivement au détriment des caisses de l’Etat, ne savent pas trop à quelle sauce ils seront bouffés avec la création de l’Office Togolais des Recettes (OTR). Un office si cher au ministre de l’Economie et des Finances Adji Otèth Ayassor et son patron Faure qui s’inspirent des cas rwandais, mauricien, ghanéen pour ne citer que ceux-ci. Et pourtant, l’OTR ne viendra pas changer grand-chose  dans le microcosme des voleurs même si cet office est prévu pour « mettre de l’ordre dans les régies financières du Togo, en vue de renflouer les caisses de l’Etat avec en toile de fond la transparence, la rigueur et la rentabilité comme le recommandent les institutions de Bretton Woods ». Les voleurs et leurs complices qui n’ont pas fini de ruminer leur colère concoctent déjà de petits détours pour s’en mettre plein les poches. Ces voleurs patentés savent qu’ils pourront toujours voler mais avec quelle ampleur? Cette question trottine déjà mille fois dans leur tête et c’est pour cette raison qu’ils ont manœuvré pour que le projet visant à créer l’OTR soit enterré. D’aucuns ont fait des navettes chez les vendeurs d’illusions et prêcheurs de minuit pour que les géniteurs de l’office voient bleu et abdiquent mais que nenni. Si tous ces marabouts et « gbasseurs » devant l’Eternel étaient aussi forts qu’ils font croire, ils n’allaient pas trépasser plus facilement qu’une poule ou un canard. Passons pour vite rejoindre le train de l’OTR encore à l’embarquement.  En attendant que cet office dont le commissaire général vient d’être nommé, démarre ses activités, voici un tout petit pan de l’ampleur des dégâts à la douane et aux impôts.

Un douanier encore en service qui boucle cette année dix ans d’ancienneté et dont nous taisons le nom mais qui se reconnaîtra à travers ces lignes, compte parmi ses biens immobiliers cinq villas à Lomé. Sa fille inscrite dans un centre de formation de Lomé vit dans une villa de papa, dispose d’une boutique, d’une voiture et d’une moto connue à Lomé sous le nom de glacière. Un autre est propriétaire de deux immeubles de standing à Lomé dont les chambres sont louées aux particuliers et à une société publique qui en a fait une de ses succursales. Un autre encore pour dissimuler ses avoirs, vire à chaque occasion des sommes sur les comptes de ses trois rejetons au Burkina-Faso voisin. En 2013 et plus précisément en février, une affaire de voleur volé avait fait le tour des ménages dans une banlieue de Lomé. La domestique de la famille d’un inspecteur des douanes a réussi à subtiliser pendant trois ans la rondelette somme de 28 millions de F CFA à ses employés, somme qu’elle remettait à son petit copain qui a pu construire une villa. La domestique soutirait discrètement les sous à la maison sans que sa patronne s’en rende compte. La mèche a été vendue par la petite amie du copain de la fille, en froid avec son homme. L’inspecteur des douanes chez qui ce vol a eu lieu ne vivait pas sous le même toit que son épouse. Si nous continuons, ces lignes ne suffiront pas pour énumérer les voleurs de la douane togolaise dont la direction générale est à huit km de celle des impôts sise en face de l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique pour ceux qui connaissent Lomé. Aux services des impôts, la même situation de vol et de pillage prévaut. Des agents qui gagnent à peine 200.000 F CFA la mensualité érigent des hôtels et des villas à faire pâlir d’envie. Sans oublier les cas connus dans tout Lomé de la directrice en partance des impôts Ingrid Awadé, de son protégé Noël Depouk’n et d’autres qui se sont enrichis comme il n’est pas permis en moins d’une dizaine d’années d’exercice. Beaucoup de sous qui devraient normalement atterrir dans les caisses de l’Etat finissent leur course dans les poches d’une poignée d’individus au service des impôts. Douaniers, agents du fisc et transitaires bossent main dans la main et sont solidaires dans le mal. Du côté des transitaires habitués aux fraudes, l’heure est aussi aux petits plans pour contourner les dispositifs anti corruption et anti fraude dont l’OTR est porteur. Le nouveau commissaire général et ses collaborateurs sont avertis. La partie ne sera pas du tout facile. L’informatisation du circuit et la centralisation des données au commissariat général vont diminuer la fraude, la corruption, le vol mais pas les éradiquer complètement. Mais habitués à empocher gros, les agents de la douane, des impôts et du transit sont inquiets au point de commander courant 2013 à l’annonce de la création de l’OTR, des articles dans la presse locale pour crier à une supercherie et patati patata. L’Office Togolais des Recettes va ouvrir ses portes bientôt avec la nomination mercredi de son commissaire général, le Rwandais Henry Gaperi Kanyesiim. Un homme que d’aucuns voient comme un novice dans la faune multicolore des régies financières togolaises mais qui, à en croire deux de ses proches, a déjà une idée du travail à abattre sur le terrain pour renflouer les caisses de l’Etat togolais. Un Etat qui a besoin d’argent frais pour faire face aux revendications légitimes des fonctionnaires, des enseignants, des personnels hospitaliers, des corps habillés, des retraités et des étudiants. Le Togo est le seul pays de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) à payer de rachitiques salaires à ses agents. Dans un tel contexte, l’OTR s’il fonctionne bien sera d’un appui considérable. Il revient à l’office d’innover et d’être surtout imaginatif pour déjouer les pièges oh combien nombreux que les Ali Baba et leurs 40 voleurs de trésors au Togo vont poser sur son chemin. Son échec sera du pain béni pour ces voleurs aux aguets qui pourront s’en réjouir et déclarer avoir eu raison dès le départ. Entre cet office si cher à Faure et son ministre de l’Economie et des Finances Adji Otèth Ayassor, et ceux qui veulent continuer à voler, à siphonner et à piller allègrement le Togo suivez très bien nos regards, qui sera en avance sur l’autre ?

Taffa Biassi/ Camus Ali Lynx.info

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