Nicolas Lawson écrit á Gilchrist Olympio

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Monsieur Gilchrist Olympio
Président
U F C
Lomé – TOGO
Objet : Lettre ouverte

Monsieur le Président,

Je vous adresse cette lettre ouverte pour le témoignage devant l’histoire et les togolais. Je me le permets parce que j’ai voué depuis 1976 tout mon effort à l’œuvre de liberté, de démocratie et de progrès du Togo.Durant la campagne présidentielle de 2003, mon équipe été victime d’agressions, d’outrages et de calomnies de la part des militants de votre mouvement. J’avais dû réagir fortement en les traitant de : « ALLAGA », « KAKARAKA » et « LANKPANKPAN ». Depuis, je fais l’objet de dénigrement et de complot de leur part et de tous les délinquants gravitant autour de vos factions. J’étais allé à votre siège pour me plaindre et j’avais rencontré le Secrétaire Général de votre mouvement pour des entretiens responsables. Hélas, sans succès.

Je tiens à vous dire que vous n’avez aucun droit ni aucune autorité morale pour vous attribuer exclusivement le monopole de l’opposition au pouvoir en place. Mû par des principes différents de vos considérations et mobiles politiques, j’ai combattu ouvertement de l’intérieur du pays et sans crainte le régime dictatorial incarné par le défunt Général Eyadema. Au moment où d’autres compatriotes et moi-même, nous menions le combat démocratique courageusement de l’intérieur, vous étiez accusé d’ourdir des complots et de faire mener des agressions de l’extérieur, qui provoquaient des morts dans notre armée et parmi les civils. Ce qui renforçait la répression contre la population. Les échecs de tous les complots et agressions extérieures et leurs conséquences tragiques sur la sécurité et les libertés de la population auraient dû susciter chez vous du respect pour le courage de ceux qui ont résisté pacifiquement de l’intérieur au régime. Malheureusement, ce n’est pas le cas. On peut affirmer que l’ingratitude et le mépris des autres sont aussi héréditaires chez vous.
Je me rappelle votre comportement quand le régime avait suspendu la retransmission de la Conférence Nationale Souveraine et avait sorti les chars. Je sais aussi ce que pensent de vous ceux qui n’ont pas été tués lors de l’agression du 23 septembre 1986 et qui avaient été abandonnés à leur triste sort. Ceux, qui sont morts inutilement en défendant le palmier rouge de malheur, doivent se retourner dans leurs fosses communes en voyant vos nouveaux compagnons d’opposants de circonstance au Fréau Jardin le 26 septembre 2009. Quel malheur pour notre peuple !Je me demande où vous vous trouviez quand nous étions séquestrés et molestés au Haut Conseil de la République (HCR) ?
Pour l’histoire, les togolais doivent savoir que j’aurais pu accepter d’aller à Abuja le 24 Avril 2005 pour négocier le partage du pouvoir avec Faure Gnassingbé. J’avais plutôt retiré ma candidature le 22 Avril 2005 et j’avais refusé l’offre qui m’était proposée. Vous aviez alors poussé le peuple à aller voter et vous étiez allé à Abuja à ma place. Cette haute trahison du peuple, votre velléité et votre incapacité à prendre le pouvoir, malgré les victoires électorales dont vous vous prévalez, vous disqualifient pour incarner la volonté populaire et pour diriger le pays.
Vous êtes l’opposant idéal pour le RPT. En nous excluant et en nous discréditant par vos calomniateurs, vous favorisez la pérennité du RPT au pouvoir. Votre jeu cynique a trouvé sa plus flagrante illustration dans votre bataille contre le candidat du PDR à la Présidence de la CENI, Mr KOLANI, pour le remplacer par Mr TABIOU proche du RPT. Ayant combattu le défunt Gnassingbé Eyadema sans peur, je vous combattrai tout aussi crânement.

Je vous apprends que ce n’est pas moi ni les militants du PRR qui avaient tenté de perturber votre réunion à Nyekonakpoé. C’étaient des jeunes de votre mouvement qui prétendaient être déçus par vos trahisons et l’incapacité de votre mouvement à délier le corselet de fer où la politique du régime les enserre. Je suis donc scandalisé d’apprendre que des députés de votre mouvement étaient allés intimider des chefs et menacer d’organiser des délinquants pour perturber la réunion que je dois avoir avec mes compatriotes et parents de Bè le mercredi 9 décembre 2009. A aucun moment, le RPT n’a jamais tenté de m’empêcher d’aller rencontrer mes frères et sœurs d’Adewui et de Kara. Je constate que vous n’acceptez dans votre mouvement aucun compétiteur ni aucune critique. Vous êtes incontestablement un obstacle majeur à l’épanouissement de la démocratie au Togo.

En ressuscitant le slogan « Ablodé », vous suscitez la terreur chez les héritiers des partis du PROGRES et de la JUVENTO. Ils revivent le triste souvenir des actes brutaux et inhumains des redoutables « Ablodé Sodja » du CUT. Vous pouvez flouer les ignorants et les frustrés du régime du RPT que le slogan « Ablodé » signifie liberté. Mais en parent de Augustino De Souza et fin connaisseur de l’histoire du Togo et de l’humanité, vous ne pouvez pas m’abuser. L’apologie insolente de ce slogan suranné, la triste et dramatique parodie et la plus odieuse falsification de notre histoire sont insupportables, tout comme la manière dont vous aviez traité Amah Gnassingbé. Depuis votre engagement en politique, il y a trop de complots, de morts, de violences et d’échecs dans votre Curriculum Vitae. Vos récents actes, votre adoubement d’un anti-démocrate notoire et votre prétention à être le seul vrai opposant au RPT sont des insultes aux mémoires des morts de la cause démocratique et un mépris pour le combat que nous avons mené pour arracher les libertés de la presse, d’association et de la création de partis politiques, etc.

Par ailleurs, c’est votre mouvement qui suscite les instincts grégaires de nos compatriotes et qui poussent ses militants à se comporter pendant les périodes électorales comme des lémuriens et des lycaons, en provoquant et en organisant le désordre qui amène les réactions de violences inouïes et les crimes du RPT par peur.

Nous avons assez de l’assassinat de nos jeunes, de leur avilissement, de la dégradation de nos mœurs, de la culture de la haine, de la division, de l’exclusion, de l’intolérance, des marches à répétition et de la violence. Vous êtes un homme du passé et vous ne pouvez jamais incarner le changement dont notre pays a besoin. Comment notre peuple en qui s’éveillent des énergies nouvelles, des appétits nouveaux d’action et d’espérance peut-il continuer à suivre un homme dont le fond de commerce est la restauration de l’héritage pourrie de son père ?

Après avoir obtenu tout pour vous dans des discussions secrètes avec le pouvoir en place depuis 2005, vous venez exiger à trois mois de l’élection présidentielle le scrutin à deux tours. Vous ne pouvez pas exister sans la tension dans le pays et sans la surenchère de revendications opportunistes, fantaisistes et déstabilisatrices. En provoquant l’incertitude et la crise constamment dans le pays, vous évitez tout débat de fond sur les projets de société que vous n’avez pas. Vous êtes un vrai furoncle pour le corps social et vous vous nourrissez de l’accablante ignorance et du matérialisme vulgaire qui dominent notre société. C’est ici et maintenant qu’il faut mettre un terme à vos prétentions et aux malheurs que vous occasionnez à chaque élection présidentielle. Votre coterie a trahi notre peuple et a lourdement échoué. Elle n’a ni honneur ni morale. Son indigence spirituelle et morale n’a d’égales que son incompétence et sa servitude à l’argent et à la fausse popularité.

Le budget de 2010 proposé par le pouvoir en place sera porteur de plus de misère pour notre population l’année prochaine mais ce n’est pas votre préoccupation. Vous êtes un opposant historique et vous oeuvrez pour conserver ce trophée. Pour cela, vous nous excluez du jeu pour faire élire Faure Gnassingbé. Dieu ne favorisera plus ce dessein machiavélique et l’année 2010 sera la dernière pour vos machinations politiciennes. Aucun togolais ne doit plus mourir pour votre stérile popularité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments patriotiques.

Nicolas Adokposé LAWSON
Président du PRR
Candidat à la Présidence de la République

Copie : Président de la République, Chefs de partis politiques, Ambassadeurs et Presse.

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