Méïmounatou : Elle fait main basse sur les dons…

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« …Je suis fier d’être à 42 ans ministre et membre du bureau politique de mon parti… ». Ainsi s’exprimait entre autres, au téléphone, Madame Ibrahima Méïmounatou ministre de l’Action Sociale Houngbo I et II. Elle faisait des remontrances au rédacteur en chef d’un journal au Togo qui avait rendu publiques à l’époque des informations selon lesquelles des détournements de dons étaient opérés dans les services des affaires sociales à l’intérieur du pays. C’était en 2008.

D’ailleurs quand nos lugubres « députés » ont convoqué la belle Konkomba qu’on dit aurait aussi des accointances très dangereuses avec le prince de la nation, c’est un petit conte de fée qui leur a été exposé. Méïmounatou a des comptes à rendre à qui ?

Crime de lèse majesté à l’époque des faits, la titulaire du portefeuille avait alors cru qu’on s’en prenait à ses intérêts et qu’on voulait faire tomber le « kpono  zozo» qu’elle tenait dans les mains. Elle avait ainsi décroché son téléphone pour nous raconter sa vie. Morceaux choisis : « …Je suis fier d’être à 42 ans ministre et membre du bureau politique de mon parti… ». Applaudissez pour elle !   Comme si nous avions besoin de son âge et de la place qu’elle occupait dans le bureau de son parti pour développer le Togo. S’il y avait ministre d’Etat à côté de son titre, elle allait à coup sûr nous le faire savoir. En fait, c’était les sautes d’humeurs d’une ministre de la République.
Si Ibrahima Méïmounatou pouvait savoir ce que le Togolais moyen pense d’elle, elle allait s’abstenir de tenir de tels propos. Hum, quand nous y pensons !

Madame la ministre a trouvé aujourd’hui un plus jeune qu’elle de 10 ans au moins dans le gouvernement. Djimon Oré est son nom ; il est le nouveau ministre UFC de la Communication. Le mec  vient de célébrer ses 35 bougies. Il est le benjamin de l’équipe Houngbo II.

Un jour, si des informations nous tombent du département de la Communication et que nous nous mettons à les rendre publiques, le titulaire du poste Djimon Oré va peut être nous appeler pour nous signifier qu’il est fier de se savoir benjamin du gouvernement et patati patata. Un autre jour, ce serait peut être le tour du président himself qui décrocherait son téléphone pour nous servir aussi son show.

En bon ministre de son Etat, Meïmounatou Ibrahima aurait plutôt diligenté des enquêtes pour voir si ce que rapportait en 2008 le journal est fondé ou non. Au lieu de ça, notre chère ministre s’est mise plutôt à se féliciter. Alors que tout ce que le journal avait écrit était bel et bien vrai et connu de tous sauf d’elle-même. Qui au Togo ne sait pas que les agents des services sociaux détournent souvent les dons destinés aux nécessiteux ? Pour sa propre gouverne, nous informons Méïmounatou que les détournements des dons continuent de plus bel dans son ministère.

Un ministre qui se respecte s’abstient d’un certain nombre de comportements. Etre à 42 ans ministre et membre du bureau politique de son parti est un exploit pour Ibrahima Memounatou. Pouf !
Un ministre, ça se respecte et ça ne pète pas les plombs à tout bout de champ comme les pètes d’un lapin. Le ministre doit être pondéré.
Deux ans après le coup de téléphone amusant et ridicule d’Ibrahima Meïmounatou, la ministre des inondations, des vieux et vieilles dans l’équipe Houngbo I est toujours au gouvernement au titre du RPT son parti. C’est à croire qu’il y a pénurie de femmes dans ce parti.

A propos des ministres, nous en avons vu et connu de toutes les couleurs à travers l’Afrique et dans le monde. Des ministres à 29 ans et moins, le monde entier en a enregistré. D’ailleurs, nous avons eu un cas au Togo. Il s’agit de celui de Jean Yaovi Dégli, l’un des plus jeunes et plus brillants ministres que le Togo ait connus. Jean Yaovi Dégli est l’un des plus doués de sa génération. Il a eu son diplôme en Droit avec félicitations du jury. Mais il n’a jamais décroché son téléphone pour raconter sa petite vie à un journaliste dans ce pays.

« Nous sommes au Togo et nous nous connaissons bien », avait l’habitude de dire feu Eyadema. Nous savons comment les gens deviennent ministres au Togo. Si Ibrahima  Méïmounatou n’était pas arrivée par des concours de circonstances à être trésorière générale du RPT, difficilement elle allait accéder au poste ministériel.

D’ailleurs, quelle fierté y a-t-il à être à 42 ans ministre des Affaires Sociales et membre du bureau politique de son parti ? Au moment où d’aucuns parlent des postes comme ceux de la Défense, de l’Economie et des Finances, des Affaires Etrangères par exemple, Meïmounatou elle est fière d’occuper le portefeuille «calme cœur » des Affaires Sociales. Pouah !

Que dirait alors un Djimon Oré par exemple à un journaliste qui aurait écrit des choses vraies sur son département et ce, pour lui ouvrir les yeux ?

Un ministre n’est pas Dieu pour tout connaître de son département. Voilà pourquoi les journalistes sont là pour apporter des concours aux autorités sur un certain nombre d’aspects qu’elles ignoreraient.
Dans ce pays, des confrères ont écrit qu’un coup d’Etat était en préparation, les autorités avaient balayé cela d’un revers de main mais au finish, elles ont parlé de coup d’Etat. Les journalistes sont-ils des plaisantins qui racontent de n’importe quoi à chaque fois?

Mabizo Kiri Lynx.info

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