M05 : C’est un procès rocambolesque contre OBUTS

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Le juge Pawelé Sogoyou vient de prononcer le vendredi 04 Juin 2010, et au terme d’une procédure judiciaire tout aussi rocambolesque qu’expéditive, la dissolution d’OBUTS, parti politique de l’opposition, prétextant la démission de 7 des membres fondateurs de ce parti alors que les dirigeants avaient toute la latitude de pourvoir au remplacement des démissionnaires.

Ce nouveau coup de force qui intervient dans un contexte politique trouble voulu par un pouvoir en mal de légitimité, marque, non seulement un recul désolant de la liberté de pensée et d’association mais aussi l’accentuation sans vergogne de l’intrusion du pouvoir dans la liberté d’organisation des partis politiques dans notre pays. Cette énième collusion entre l’exécutif et le judiciaire, vient indubitablement jeter un véritable discrédit sur la soi- disant politique de large ouverture du RPT. Loin d’apaiser le climat politique, cette manœuvre polico-judiciaire ravive le sentiment qu’ont les Togolais que ce pouvoir est revanchard et n’acceptera jamais l’alternance.

Ce rocambolesque procès, disons-nous, vient purement et simplement de mettre à jour un fait du prince plus attentatoire à la démocratie et à la sacro-sainte règle de la séparation des pouvoirs. En effet, il n’est pas concevable dans un pays comme le nôtre où la Justice est tout sauf indépendante, qu’un juge puisse prendre seul sur lui, la lourde responsabilité de prononcer la dissolution d’un parti politique dont la présence dans le débat démocratique, et l’action mobilisatrice en faveur du changement sont jugées positives ces derniers temps, sans la complicité, la connivence du pouvoir en place.

Ce précédent dangereux est une preuve que le régime vise à terme l’affaiblissement et le démantèlement, ou bien même, à mettre un coup de frein à notre émergente démocratie et à bannir de l’environnement, du paysage politique, l’opposition encore debout, celle qui refuse d’abdiquer.

Pour Faure Gnassingbe et son équipe, ce procès ne fait que jeter de l’ombre sur le discours officiel  à propos de l’apaisement social et la réconciliation nationale. Quand la politique rentre dans le prétoire c’est la vérité qui le déserte, dit-on souvent, mais le peuple togolais ne saurait être indéfiniment à la merci des gens du pouvoir et des intérêts sordides qu’ils cherchent à perpétuer. Le MO5 en appelle au chef de l’Etat togolais à garantir de sa personne la prospérité du débat contradictoire et de la démocratie, et à promouvoir une vraie justice en laquelle puissent se reconnaître la veuve et l’orphelin.

En définitive, le Mouvement patriotique du 5 octobre (MO5) s’indigne, condamne donc sans nuance cette nouvelle forfaiture d’une certaine justice togolaise et d’une certaine époque. IL exhorte enfin la justice du Togo à sortir des voies tortueuses car c’est là que le bât blesse.

Fait à Bruxelles, le 07 Juin 2010.

Pour le MO5, le Coordinateur Général
Eloi Koussawo.

 

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