Libérez Gbagbo !

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Déclaration du CRI-Togo, relative à la déportation
et à la détention illégale du Président ivoirien,
Laurent Gbagbo, à la CPI à La Haye, aux Pays-Bas

 

Dans la nuit du 28 au 29 novembre 2011, les autorités de la Cour Pénale Internationale (CPI) et de la Côte d’Ivoire ont procédé, à la sauvette et en toute  clandestinité, à l’enlèvement de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, de son lieu de détention à Korogho (sans même en aviser le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies, monsieur Bert Koenders) puis à sa déportation à La Haye, pour être jugé par cette juridiction internationale aux ordres des grandes puissances.. C’est donc par un procès arrangé qu’Alassane Dramane Ouattara pense pouvoir régler le contentieux né du trucage électoral qu’il avait organisé lors de la présidentielle de 2010 dans les zones tenues par ses rebelles en armes. Battu aux élections malgré les violences exercées par ces derniers contre le corps électoral, malgré les votes multiples de ses partisans et les falsification des procès-verbaux, il a fini par être imposé à la tête du pays au moyen d’une guerre particulièrement meurtrière que l’armée française alliée à celle des Nations Unies et à celle des rebelles a livrée à la Côte d’Ivoire, Mais un procès truqué devant une CPI discréditée saura-t-il lui donner la légitimité qui lui fait cruellement défaut pour gouverner le pays et que la guerre franco-onusienne n’a pas réussi à lui donner Déjà le Conseil des avocats du président ont à juste titre dénoncé le caract1ere illégal de cette procédure, qui viole 1a la fois les lois ivoiriennes et le Traité de Rome instituant cette juridiction internationale.   

« C’est le manque d’humilité et l’absence de repentance de son parti le FPI comme le refus de celui-ci de participer a la formation du gouvernement et aux législatives, qui ont conduit l’ex-président à la CPI. Pendant sa détention á Korogho, Laurent Gbagbo n’a jamais entrepris aucune démarche pour entamer le dialogue avec le président Alassane Ouattara. Cela montre aussi que personne ne peut défier la communauté internationale »,

(Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Côte d’Ivoire : Soro tire les leçons du transfèrement de Gbagbo à La Haye )

Voilà comment Guillaume Soro, le chef rebelle et Premier ministre de Ouattara justifie l’exil infligé au président Gbagbo à la Haye. Edifiant! Dans la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui lorsqu’un parti politique ne veut pas entrer au gouvernement ou au parlement et faire allégeance au pouvoir en place, on envoie son chef à la CPI. Qui eût pensé que cette juridiction était également chargée de juger les crimes politiques ! La Côte d’Ivoire est donc redevenue une dictature avec un parti unique. Tous ceux qui ne s’alignent pas sont jetés en taule sans autre forme de procès. Dans le même temps que le président Gbagbo était déporté aux Pays-Bas, trois journalistes de «Notre Voie» (organe d’information du FPI) arrêtés quelques jours plus tôt sont transférés à la prison centrale d’Abidjan, en attente de leur jugement, pour avoir révélé que le franc cfa allait être bientôt dévalué pour sauver l’euro en difficulté. Les meetings du FPI sont constamment réprimés par les miliciens et les forces de répression du pouvoir, avec une rare violence qui occasionne des blessés et même des morts. Et dire que certains continuent  de soutenir que c’était Gbagbo le tyran et Ouattara le démocrate!

Bien qu’il soit scandaleux, le transfert de Laurent Gbagbo à la Haye était prévisible.
Bien évidemment, les charognards impérialistes peuvent penser que cela constitue une grande victoire pour eux, après qu’ils ont, des siècles durant, meurtri puis assassiné l’Afrique. Ils s’appliquent aujourd’hui à dépecer sa charogne.
Mais les vrais fils d’Afrique ne sont nullement étonnés et encore moins ébranlés par cette nouvelle forfaiture. Elle s’inscrit dans la suite logique de la guerre impérialiste à laquelle l’Afrique résiste depuis bien des années.

On a assassiné Um Nyobé, Félix Mounier, Patrice Lumumba, Sylvanus Olympio, Amilcar Cabral, Steve Bikho, Thomas Sankara. Cela n’a pas empêché la lutte de continuer.
On a déporté Samory Touré et Béhanzin. Cela n’a rien enlevé à la détermination des peuples africains
 

L’exil de Gbagbo à La Haye ne vient qu’allonger  la liste des traitements cruels et honteux infligés à ces illustres personnages qui n’ont pas hésité à donner leur vie pour notre souveraineté.

Au CRI-TD, nous sommes donc fiers que le président Gbagbo leur tienne tête jusqu’au bout, obligeant les prédateurs à tomber les masques. Notre seul regret est que certains de nos camarades de lutte se soient laissés berner par la propagande Franco-Ouattariste. A ces camarades qui, au fond sont de bonne foi mais par amour propre et contre l’évidence continuent de camper sur des positions erronées, nous lançons un appel militant, en leur disant. «Prenez du recul; essayez de réfléchir par vous-mêmes; relisez l’histoire de l’Afrique; comparez les parcours de Gbagbo et de Ouattara et demandez-vous lequel des deux poursuit réellement  le but ultime de notre lutte commune».
La propagande qui consiste à élever la “démocratie” au rang de concept suprême au nom duquel tout est permis ne doit pas nous aveugler. Et ceci pour plusieurs raisons:

D’abord la Démocratie suppose un gouvernement du peuple par le peuple ET POUR LE PEUPLE! Il n’est écrit nulle part que la démocratie devrait être le gouvernement du peuple par le peuple et pour la France. Ni le pillage des ressources du pays auquel se sont livrés les com-zones de Ouattara dans les zones qu’ils contrôlaient (250 milliards de FCFA détournés par an), ni le pillage du Cacao par les beaux-fils de Ouattara, le sieur Anthony Ward surnommé “Chocolat finger” et le sieur Loïc Folloroux (fils de madame Ouattara) ne font partie de la démocratie. Ces deux messieurs ont créée la société Armajaro et se sont scandaleusement enrichis sur le dos des planteurs et du peuple ivoirien . Leur méthode était simple: beau-papa Ouattara se confiait à beau-fils Loïc, chaque fois qu’il s’apprêtait à semer des troubles en Cote d’Ivoire, pour que celui-ci ensemble avec Anthony “chocolat finger” achètent massivement tous les stocks de cacao disponibles sur le marché. Beau papa Ouattara déclenche les troubles et comme les pauvres paysans ne peuvent plus aller au champ, le cacao devient rare. Les prix s’envolent et beau-fils Loïc et son compère Anthony “chocolat finger” peuvent revendre leurs stocks au prix fort. C’est trois lascars ont fait cette opération en 2002 en spéculant sur 204.000 tonnes de cacao (profit réalisé €47 millions) et renouvelé l’opération en juillet 2010 en spéculant sur 241.000 tonne de cacao. Coïncidence, le coup d’Etat, qui s’est mué en rébellion contre Gbagbo date de 2002 et le dernier coup d’Etat à commencé en décembre 2010!
        

Anthoy Ward( Mister Choc-Finger)   Loïc Folloroux (Mister Beau-Fils Ouattara)

Ensuite, la démocratie est un système de gouvernement d’un pays. C’est le meilleur moyen pour atteindre le bien-être du peuple. Le but est donc le bien-être et la démocratie reste un moyen (même si c’est jusqu’à présent le meilleur moyen qu’on a pu trouver). Quand la démocratie devient le but ultime et non plus un simple moyen, on se retrouve sur un terrain glissant. (N’oublions pas qu’Hitler est arrivé au pouvoir démocratiquement!!!). Il convient donc d’être vigilant pour que non seulement l’on ne nous fasse accepter tout et n’importe quoi au nom de la démocratie. Sinon on en arrive à sacrifier le bien-être du peuple sur l’autel de la démocratie. Il convient en plus que quand on parle de démocratie, toutes les règles soient respectées. Il y a un an, à Rotterdam (où l’avion exilant le président Gbagbo a atterri), on a dû recompter les voix parce qu’aux élections municipales il y a eu des recours et des contestations. Personne n’avait jeté des bombes sur Rotterdam ou sur la résidence du maire de la ville à cause de ce problème électoral. Au nom de quelle démocratie a-t-on refusé de recompter les voix des élections en Cote d’Ivoire? Au nom de quelle démocratie a-t-on bombardé la résidence du président Ivoirien?

Le plus absurde est que les Français ont justifié leurs bombardements en déclarant qu’ils étaient passés à l’assaut pour empêcher Laurent Gbagbo de massacrer la population. Autrement dit, ils ont massacré eux mêmes les Ivoiriens pour empêcher que Laurent Gbagbo ne les massacre. Allez-y comprendre quelque chose.

Nous pensons que l’intervention française avait tout simplement pour but d’installer leur représentant à la tête de l’Etat Ivoirien afin de mieux piller les ressources du pays. Cette stratégie est la même pour toute l’Afrique. Les multinationales françaises de Bouygues et Bolloré qui détiennent dans les pays issus de l’ancien empire colonial français pratiquement le monopole de la gestion des ports, de l’eau de l’électricité etc…en constituent la meilleure illustration. Nous en savons quelque chose au Togo.
Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres encore, le CRI-TD est plus que jamais décidé á se battre aux cotés du peuple frère de Cote d’Ivoire pour dénoncer l’injustice qui lui est faite.

Libérez Gbagbo!

Gaëtan Gbati ZOUMARO
CRI-TD
0031 634400367
Rotterdam (Pays-Bas)

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