L’économiste Nadim. M. Kalife ne trouve pas le raport de « Doing Business » convaincant !

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Mes chers collègues économistes,

je vous fais parvenir le Rapport de la Banque Mondiale sur le climat des affaires en 2012 au Togo, sous le titre américain de « DOING BUSINESS »

A force de relire chaque année la même chose, sans que les choses n’évoluent au fond, je trouve ce RAPPORT sans saveur, car se limitant aux formalités des affaires, ignorant la substance des problèmes qui intéressent les investisseurs.

Certes, des formalités allégées sont toujours agréables pour tout investisseur, mais ce qui compte pour lui, c’est la transparence des marchés publics et la concurrence saine sur le marché local où il exerce ses activités, sans les fraudes douanières ni fiscales qui instaurent une discrimination entre les opérateurs économiques au détriment des plus civiques. C’est ce climat-là des affaires, en plus de leur sécurité physique et judiciaire,  que les investisseurs apprécient essentiellement, même si les formalités administratives traînent un peu…

Ce sont ces conditions-là qui peuvent ou non leur inspirer confiance pour risquer ou non  leurs capitaux et leur vie.

Or, tout le monde sait bien qu’au Togo, comme encore dans certains autres pays d’Afrique, tous les opérateurs économiques ne sont pas traités sur un pied d’égalité devant la Loi, la Douane et les Impôts, du fait que beaucoup d’opérateurs de l’ombre bénéficient outrageusement de passe-droits aux niveaux des Douanes, des Impôts, de l’attribution des marchés publics,…etc

Donc, pour que ce RAPPORT « Doing business » de la Banque mondiale devienne intéressant et crédible pour faire autorité morale auprès des citoyens et des dirigeants de tous pays, il faut absolument y intégrer, avec un coefficient adapté, la sécurité physique, la sécurité judiciaire, l’égalité de tous devant la Douane et les Impôts, les facilités bancaires de financement des projets, et, bien sûr, le niveau de corruption de l’Administration.

C’est la réunion de tous ces facteurs essentiels qui attirent ou rebutent les investisseurs, que ceux-ci soient des Nationaux, des membres riches de la Diaspora ou des étrangers.

Il faudrait donc faire évoluer et orienter l’élaboration de ce RAPPORT DOING BUSINESS vers le VRAI, le REEL, le FOND, et ne plus se limiter au formalisme. Les représentations nationales de la BM à travers tous les pays, devraient pouvoir réaliser ces enquêtes en profondeur avec l’aide de cabinets performants en la matière et de personnes ressources dans chaque pays-

La BM pourrait, notamment, organiser, dans chaque pays et chaque année, un colloque ou séminaire sur le sujet avec des participants éclairés et compétents, sans maniement de la langue de bois, pour diagnostiquer les freins du climat local des affaires et en évaluer les progrès : c’est alors qu’elle ferait œuvre utile et efficace, servant à faire avancer certains pays toujours retardataires… comme le nôtre.

En toute sincérité et avec audace, je vous livre ces observations

Nadim Michel KALIFE

 

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