Le pouvoir togolais aux abois face aux attaques judiciaires de Me Djovi Gally

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père, se garait devant l’Institut Goethe où travaille sa mère. Il venait la prendre pour la conduire à la maison. En sortant de la voiture, ce jeune homme se trouva nez à nez avec un individu habillé (en civil) d’un survêtement complet, qui, apparemment surpris de voir une autre personne que Me Gally sortir de sa voiture, lui intima l’ordre de présenter les pièces du véhicule. Au même moment, sa mère arriva, sortant de son boulot à l’Institut Goethe.
Elle interdit aussitôt à son fils de s’exécuter, et elle demanda à l’inconnu de décliner son identité, tout en lui disant qu’un Civil n’a pas le droit de lui demander ses papiers sans présenter une carte de policier en mission spéciale.

Et cet individu-là, énervé par cette remarque bien fondée, apostropha Mme Gally en la menaçant par ces mots : « Vous nous embêtez trop dans ce pays ! Vous ne savez pas ce qui vous attend… ».

Aussitôt après cette interpellation, un gendarme sortit d’un véhicule garé à proximité, et se dirigea vers eux, une arme à la main, en proférant cette autre menace : « De quoi vous vous mêlez ? Vous allez le regretter… !!! »

Mme Gally comprit, alors, que toutes ces menaces sont des intimidations liées à l’affaire KPATCHA, dont Me Gally est l’avocat principal, mais qui est trop actif aux yeux du pouvoir, puisqu’il réussit à mobiliser l’opinion internationale sur le sort de son client : il vient en effet d’associer à sa défense, l’ancien et le nouveau bâtonnier de l’Ordre des avocats près la Cour de Justice de Paris, Me Mario Stasi et Me Charrière-Bournazel, venus tout récemment à Lomé pour se constituer avocat de Kpatcha à ses côtés. Il faut rappeler ici que ce dernier est Député de la République Togolaise, arrêté sans jugement depuis plus de 7 mois, et demeuré enfermé sans droit de visite, ce qui révolte Me Gally, réputé pour son grand attachement à la défense des Droits de l’Homme depuis 1984 qu’il est devenu avocat.

Et c’est pourquoi Mme Gally, à la vue de l’arme pointée sur son fils, fit appel à son voisinage de l’Institut Goethe, en s’écriant haut et fort :
« Est-ce un crime si mon mari défend Kpatcha pour faire respecter les droits de l’homme ? »

Les 2 lugubres individus, surpris par la réaction courageuse et offensive de Mme Gally, battirent alors en retraite en s’enfonçant dans les rues sombres alentours du quartier Adawlato.

EXPLICATION DE CETTE BAVURE D’INTIMIDATION D’UNE FORTE PERSONNALITE TOGOLAISE

Il est manifeste que toutes les maladresses de procédures judiciaires et de violations des droits de l’homme, commises à l’encontre du propre demi-frère du Président de la République, le célèbre Député Kpatcha, « embêtent » certaines « Autorités » du pays, comme cela est révélé par les menaces proférées, d’abord par l’individu en civil s’adressant à Mme Gally en ces termes « Vous nous embêtez trop dans ce pays ! Vous ne savez pas ce qui vous attend », de même que par le gendarme qui reproche à Mme Gally ceci «  De quoi vous vous mêlez ?! Vous allez le regretter ».

Il est évident que ces bavures ne vont pas plaire au Président Faure, dont l’image au niveau international s’en trouvera fortement écornée. Affaire à suivre donc, au niveau des responsables de la sécurité publique… Dans ce contexte judiciaire mal ficelé au niveau du Palais de Justice de Lomé, il faut savoir que Me Zeus Ajavon avait déjà subi, en l’espace de 3 mois, deux effractions successives de ses bureaux, d’où avaient été arrachés et emportés tous ses outils informatiques de travail, parce qu’il est aussi, aux côtés de Me Djovi Gally, l’avocat du Député de Kara, Kpatcha Gnassingbé.

Il faut aussi rappeler qu’au début d’octobre dernier, le cabinet d’études de Me Gally avait été « visité » par effraction, à l’heure du déjeuner de ses employés.

Enfin, si des pratiques maffieuses de ce genre continuent à se faire au Togo, c’est dû au silence de leurs victimes qui prennent vraiment peur et se taisent en se pliant aux « ordres ». Rares sont les audacieuses, comme Mme Gally, qui osent tenir tête à ces « visiteurs de l’ombre ». En effet, ces sbires inspirent la terreur dans les esprits. Elles font aussi planer l’insécurité sur les citoyens « libres » de leur opinion. Et ces méthodes obscures perdurent depuis l’époque de la « Conférence Nationale Souveraine » de 1991, dont les héros de cette période de terreur pourront vous en dire beaucoup plus …

Mais ce qui m’a fort étonné, personnellement, dans cet événement choquant et révoltant perpétré contre la famille de mon grand ami, Me Gally, à travers son épouse et son fils, c’est que le successeur d’Eyadema, notre jeune Président sympathique Faure Gnassingbé, déclare à qui veut bien l’écouter, notamment à nos Bailleurs de fonds, aux Institutions internationales ainsi qu’aux chancelleries occidentales, qu’avec lui, Faure Gnassingbé, il y a un vrai changement dans les méthodes de gouverner, dans le sens du respect des Droits de l’Homme et de l’Etat de Droit. C’est ainsi qu’il suffit de se rappeler de ses propres déclarations enthousiastes lors du Colloque de lutte contre la Corruption, organisé en juin 2008 par le PNUD, de même qu’au Colloque portant sur la Réconciliation Nationale, sous l’égide de l’ONU. Et pourquoi ça n’a pas changé, aujourd’hui ?

Généralement, nombres d’anciens résistants à la dictature, avaient émigré pour grossir la diaspora togolaise qui dépasse le million de Togolais à l’Etranger, d’une part ; et d’autre part, les Togolais « libres de leurs opinions », demeurés au Togo, ont obtenu pas mal d’avancées au niveau de la liberté d’expression depuis 1991. Néanmoins, dans certaines affaires, délicates pour le pouvoir en place, ce genre de « visiteurs menaçants » réussissent généralement à faire plier les personnes qui « embêtent » le pouvoir, parce que la plupart des Togolais restés au pays, « ne veulent plus d’histoires », à la suite de la perte de leurs espérances démocratiques du 5 octobre 1990. Parmi ceux qui sont restés, une partie d’entre eux se sont ralliés au pouvoir, faute de mieux pour subsister et nourrir leur famille ; les autres, ont tout simplement PEUR, cette peur qui a rythmé leur vie au cours de la période 1975/2005, où ils ont tout perdu, jusqu’au sens critique face à un pouvoir absolu et intolérant.

QUELLE LEÇON DE COMPORTEMENT ELECTORAL FAUT-IL EN TIRER ?

En dehors de mes recommandations à Me Djovi Gally d’alerter toutes les chancelleries occidentales dont il est bien connu et estimé, et notamment Abdou Diouf, Président de l’OIF (Francophonie), j’estime qu’à quelque chose, ce malheur est bon : en effet, cela devrait servir à bien faire réfléchir les électeurs du 28 février 2010 : bien sûr, ceux qui hésitent pour qui voter, ils ne pourraient plus choisir FAURE, garant de ce régime politique qui laisse faire de telles pratiques maffieuses ; mais en outre, pour bien choisir le nouveau Président de la République parmi les divers autres candidats, il faudrait qu’il soit digne de notre confiance en notre avenir togolais où les richesses nationales soient mieux réparties entre tous les Togolais sans distinction, grâce à son engagement républicain de faire respecter les Droits de l’Homme dans un véritable Etat de droit parce qu’il sera capable de réconcilier tous les Togolais du Nord au Sud, sans discriminations ni récriminations, de façon à pouvoir restaurer la paix dans tous nos cœurs déchirés par des événements marquants, comme ces intimidations pratiquées contre Me Djovi GALLY alors que cet avocat ne fait que son travail et son devoir dans le respect des lois.

Aussi, pour éviter ces bavures des « forces obscures », le nouveau Président doit-il être capable de commander à toutes les forces de sécurité et de l’Armée, afin de nous garantir la sécurité publique et dans nos foyers, tant à Lomé que sur toute l’étendue du territoire. De la sorte, avec ce nouveau Président, respecté de tous par son esprit ouvert et tolérant, plus personne ne sera menacé de la sorte au Togo, l’Etat protégeant tous les citoyens, sans intimidations ni la peur qui nous talonne tous et partout depuis 35 ans… Ça suffit comme ça ! Il faut que ça change !

... Essu nene ! Essu !

Nadim Michel KALIFE, économiste et politologue,
Lomé, 18/11/2009

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