La palabre des dindons de la politique togolaise

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Palabre des dindons de la politique togolaise

Ils sont tous là, les cheveux grisonnants comme les cheveux tout blancs, comme  les cheveux teints au « Yombo », les femmes et les hommes, les leaders de partis comme les accompagnants. Ils sont tous là, à la Primature, pour les réformes institutionnelles et constitutionnelles. On a beau leur dire que ce ne sont pas les réformes qui font gagner les élections, mais rien n’y fit, car ils sont autistes !…

C’est la carrure, le programme, l’intelligence et la présence du candidat, là où il faut, quand il faut, qui font élire un candidat à la présidence de la République…

Je me suis amusé à un jeu passionnant et enrichissant qui consiste à  identifier et comparer les profils des probables « présidentiables » de la classe politique togolaise… Je vous les livre.

Précisons qu’il s’agit d’étudier les critères de sélection suivants :
•    Le niveau intellectuel ;

•    Le niveau socioculturel;
•    Les qualités humaines ;
•    Le look.

Les femmes et les hommes sélectionnés résident sur le territoire national depuis 5 ans au moins, qu’ils  soient dans l’arène politique ou non. Ils ou elles exercent une activité professionnelle  connue, et ont moins de 74 ans.
Dans le camp de l’opposition politique, nous avons identifié quarte (4) «  présidentiables » : trois (3) hommes et une(1) femme peuvent briguer le fauteuil présidentiel, sans que les togolais en rougissent…

Dans  le camp du pouvoir et alliés, nous avons identifié cinq (5)  «présidentiables » potentiels (4 hommes et une femme), en dehors de la famille Gnassingbé…capables d’être Présidents de la République du Togo, sans que les togolais en rougissent…
Dans la famille Gnassingbé (en dehors de Faure Gnassingbé, déjà Président), nous avons identifié trois (3) autres Gnassingbé (2 hommes et une femme), qui peuvent parfaitement prétendre diriger notre pays…

Voici donc le décor planté, au momen

t où la palabre togolaise, tant prisée par les politiciens togolais, reprend de plus belle…La dernière trouvaille des togolais a trait au dialogue, hors Parlement, sur les Réformes Constitutionnelles et Institutionnelles (RCI). Oh, ils ne veulent parler que des réformes  exclusivement politiques, et c’est ce qui les intéresse !

Le pouvoir vient de procéder à une réforme salutaire, comme l’OTR (OFFICE TOGOLAIS DES RECETTES), qui est sensée augmenter sensiblement les recettes de l’ETAT. Comment peut-on être un bon Président, si les caisses de l’Etat ne sont pas au moins moyennement garnies ? Mais les dindons de la politique togolaise n’en n’ont cure ! Il leur faut des réformes politiques, point barre !

Et bien, examinons ces réformes  qui provoquent une logorrhée intarissable chez nos politiciens :

1)    La limitation des mandats

Le CPDC dont je fus membre l’avait avalisé ; le CPDC rénové l’avait avalisé ; je ne sais pas ce que ce nouveau dialogue va y changer ! Le mandat doit être d’un mandat présidentiel renouvelable une seule fois, soit deux mandats au maximum. Ceux qui « s’en fichent »de la non réactivité de la Loi peuvent saliver sur l’ajout « avec effet immédiat », on leur souhaite du plaisir !

Si UNIR (ceux qui ont l’esprit coagulé disent RPT/UNIR, mais le RPT n’existe plus ! C’est comme ceux qui ont l’esprit coagulé et qui disent UFC/ANC, ou UTD/CPP ! ), présente un des 5  « présidentiables », ce  n’est pas du tout sûr (alors –là, pas du tout) qu’un candidat de l’

opposition le batte, ou la batte ! Pourquoi alors,  les dindons de la politique togolaise croient qu’ils peuvent, du jour au lendemain, devenir Président de la République togolaise, parce qu’il y a réforme ?

Mais, vous connaissez le cerveau du dindon, ce n’est pas celui d’EINSTEIN !
Et si Faure ne se présentait pas, et qu’un des 3 Gnassingbé se positionnait, avec le soutien de UNIR ? Nous aurons toujours un(e) Gnassingbé à la barre, si le (ou la) Gnassingbé gagne la présidentielle !

2)    Le scrutin à deux tours

Le CPDC dont je fus  membre l’avait avalisé, de même que le CPDC rénové. Je ne sais pas ce que ce nouveau dialogue va ajouter ! En 1993 et 1998, l’élection présidentielle était à 2 tours, et EYADEMA avait été élu, selon la Cour Constitutionnelle (ses arrêts sont sans recours !) dès le premier tour, avec 52 % des suffrages !

Aujourd’hui, même si le scrutin était à 2 tours, Faure Gnassingbé gagnerait avec 55 % au moins  des suffrages (selon les récents sondages), parce que l’opposition ira en rangs dispersés !

La mince chance de l’opposition, pour battre Faure Gnassingbé, ou un autre candidat de UNIR, en 2015, serait d’aller à ce scrutin, avec un candidat unique de l’opposition. Cela pose le crucial problème des primaires au sein de l’opposition, pour dégager l’oiseau rare ! Mais je connais mes dindons, leur ego est si fort qu’ils ne se mettront jamais d’accord pour désigner un seul joker ! Chacun voudrait y aller ; on ne sait jamais, même si on lit de travers notre Constitution !…

Mais, si le miracle arrivait, cela se résumerait à une élection à un tour, à l’américaine, puisqu’il n’y aura que deux candidats !

3)    La composition de la CENI et de la Cour Constitutionnelle

Ici, il faut encore dire à nos politiciens dindons que seul un verrou juridique règlera la question de la transparence des scrutins dans nos pays, et que ce n’est pas la composition fifty-fifty de la CENI ou de la COUR CONSTITUTIONNELLE (CC) ! Si un candidat à la présidentielle togolaise donnait 2 ou 3 milliards de FCFA à deux ou trois membres de la CENI ou de la CC, pour qu’on prononce le verdict des urnes, en sa faveur, je ne vois pas, quel togolais résistera à l’achat !

Par contre, si on inscrit Noir sur Blanc, dans notre Constitution, que les membres de la CENI et de la CC écoperont de 99 ans de prison, et payeront 15 milliards de FCFA chacun, s’ils publiaient des résultats non conformes à la réalité, les résultats électoraux reflèteront la réalité à 100 % ! Ce n’est pas un dialogue qui règle cela, messieurs les dindons de la farce, parce que vous ne pouvez pas répondre de l’intégrité d’aucun de vos collaborateurs ou militants, même s’il s’agit de votre frère jumeau ! Capito ?
Donc, s’il n’y a pas de verrou juridique, les éternels dialogueurs désœuvrés « pilent l’eau », et ils aiment cela ! Il y a plus de 4 ans que je disais aux gens que cela ne sert à rien d’aller ânonner tous les samedis, à la plage pour arriver au pouvoir ! Il y a plusieurs années que je disais que ce n’est pas une manifestation de rue qui peut faire partir un régime vieux de près de 50 ans, mais des élections organisées avec des gens intelligents. Il ya de cela plusieurs années que je disais aux autres que ces dialogues ne servaient à rien… Mais, ils continent à croire, par paresse intellectuelle, par désœuvrement… et par bêtise…

Un dindon est fait pour les farces, n’est-ce pas ? C’est connu depuis l’antiquité…

 

Dr David IHOU

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