Irak: quelle sera la réaction de la Russie, de la Chine et de l’Iran, si la coalition « anti-Daech » bombarde la Syrie ?

0

S’il s’avère nécessaire de défendre l’intégrité territoriale syrienne, il ne sera pas question de rester les bras croisés devant la violation de l’espace aérien du pays », telle est la position de Damas, une position jouissant du soutien sans faille de ses alliés.

Les frappes aériennes que les Etats-Unis envisagent de lancer contre les positions du groupe takfiri de Daech en Syrie ne se limiteront certes pas à ce groupe, réalité connue par Damas qui voit en toute action militaire sur son territoire une agression directe contre son intégrité territoriale. Cette position, faisant preuve de la capacité militaire de la Syrie, est annoncée par Ali Haïdar, ministre syrien de la Réconciliation nationale. Dans la foulée, Buthaina Shaaban, conseillère politique et médiatique de Bachar Assad, a souligné que la Syrie donnerait une réponse cinglante à tout pays, voire les Etats-Unis, voulant violer son espace aérien. En réalité, c’est le soutien indéfectible de ses alliés, Russie, Chine et Iran, exhortant la Syrie à rester ferme sur cette position. Aide et assistance, que les alliés de Damas lui porteront en cas d’éventuelles frappes aériennes, doivent être prises en compte par l’armée américaine avant de prendre toute décision concernant la Syrie.

La Russie, dont les troupes sont en état d’alerte et les avions sont installés en Crimée, fera preuve d’une disponibilité militaire extrême car elle sait bel et bien que la formation d’une coalition avec la Syrie rendra le terrain propice à la présence d’envergure des forces russes en Méditerranée et garantira le maintien de la puissance militaire aux Russes sans que leurs intérêts soient touchés. Par ailleurs, Moscou sait que sa présence en Méditerranée sera impossible sans la coopération avec Damas. Sans collaborer avec la Syrie, la Russie sera obligée de se limiter à la mer Noire, ce qui va au contraire de ses objectifs censés repousser l’hégémonie américaine.

D’autre part, la Chine s’est attribuée une position et un statut important dans les équations internationales, sur le plan militaire aussi bien qu’économique, qui rendent de plus en plus important son rôle politique. En plus, le rôle politique de la Chine a été renforcé en raison de sa coalition et sa coopération implicite avec la Russie et des accords que les deux pays ont signés sur divers plans. Alors, la Chine voit en la Syrie un allié puissant qui est en mesure de renforcer sa présence, sur les plans politique et militaire, au Moyen-Orient.

En revanche, l’Iran et l’axe de la Résistance voient dans le dossier syrien une question clef car c’est en faisant une coalition avec la Syrie que la Résistance est en mesure de tenir tête au régime sioniste et aux politiques expansionnistes des Etats-Unis dans la région. Bref, l’Iran, la Chine et la Russie sont aussi prises en compte dans les calculs militaires des Etats-Unis d’autant plus que les Américains sont bien conscients des capacités militaires de la Syrie notamment de sa DCA, une réalité reconnue par le secrétaire d’Etat américain, John Kerry.

L’Iran, la Chine et la Russie sont résolus à soutenir la décision de Damas alors qu’ils ont une bonne conception des capacités de Damas pour se défendre. A noter que le président des Etats-Unis a parlé, 24 heures plus tard, d’une éventuelle révision de sa décision en disant que Bachar Assad avait soutenu les Chrétiens de la Syrie. Etranges déclarations pour le président Obama qui avait dit, auparavant, vouloir attaquer les positions de Daech en Syrie, sans le feu vert de Damas, pour soutenir les minorités religieuses.

Entre autre, Damas avait déclaré qu’il saluerait toute coalition anti-Daech, même créée par les Etats-Unis, à condition que ceux-ci abandonnent leurs critères de deux poids deux mesures face au terrorisme. Le gouvernement syrien est au courant d’un nouveau phénomène au sein des politiques des Etats-Unis : la création du terme « terrorisme modéré » ! Alors, l’objectif des Etats-Unis est bien connu par les Syriens et c’est le soutien aux soi-disant terroristes « modérés ».

IRIB

http://mai68.org/spip/spip.php?article7939

Partager

Laisser une réponse