Godwin Tete parle du FRAC

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Si nous prenons la sociologie politique du Togo à partir seulement de 1998, en la résumant, en la synthétisant, nous voyons nettement que la Terre de nos Aïeux est régentée depuis lors par une infime minorité, par un petit clan, par une véritable clique d’alimentaires assoiffés de pouvoirs. Par une clique qui a confisqué toutes les ressources de notre pays à son seul profit. Qui, en raison de ses crimes politiques et économiques avérés, a peur du TPI (Tribunal Pénal International)… Oui ! Une clique qui, pour perpétuer ses privilèges mal acquis, a mis sous coupe réglée toutes – je dis bien toutes – les institutions nationales togolaises y compris les forces armées, la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et la Cour Constitutionnelle.

Dans ces circonstances, toutes les élections ressortent comme le jugement d’un gang de bandits de grands chemins pris la main dans le sac et jugé par un tribunal composé de membres choisis parmi ledit gang lui-même… Dans ces conditions, toutes les élections relèvent d’un cercle infernal qu’il faut bien briser un jour. Ainsi que les patriotes togolais le firent un 27 avril 1958… grâce à une tierce force : l’Organisation des Nations Unies.

Oui ! « Entre deux forces, la force seule peut décider » (Karl Marx). Mais en 2010, le Togo est censé être « souverain »… Alors, nous nous devons, nous démocrates togolais, de compter d’abord sur nous-mêmes avant l’intervention éventuelle d’une tierce force éventuelle. Au demeurant, nos devanciers de 1958 avaient dû, eux aussi, compter d’abord sur eux-mêmes avant l’intervention des Nations Unies.
A cet égard, il s’avère infiniment heureux que le FRAC (Front Républicain pour l’Alternance et le Changement) ait vu le jour. Cependant, l’Histoire universelle nous enseigne que, dans leur combat séculaire pour accéder à la Liberté, à la Démocratie, à l’Etat de Droit, aux Droits inaliénables de la personne humaine, au Progrès politique, économique, social et culturel authentiques, les nations en arrivent toujours à un moment crucial, fatidique. À un moment où « les gouvernants ne peuvent plus gouverner comme avant, où les gouvernés ne veulent plus être gouvernés comme avant » (Lev Davidovitch Bronstein alias Léon Trotsky).

Et, au cours de cette période d’extraordinaire effervescence politico-sociale, le peuple concerné et sa jeunesse se retrouvent respectivement « le foyer et la flamme de la révolution » (Vladimir Ilitch Oulianov alias Lénine). Alors, en règle générale, la nation dont le « cœur soupire vers la liberté » réalise une véritable « union sacrée », sans distinction de clochers égocentriques.

Voilà pourquoi, il m’apparaît impérieux maintenant de renforcer le FRAC. Qu’est-ce à dire ? Il s’agit d’une suggestion chère au GRAD (Groupe de Réflexion et d’Action pour le Dialogue, la Démocratie et le Développement) et dont j’ai fait, pour ma part, une intime conviction. Il s’agit d’élargir, d’étoffer, de renforcer davantage le FRAC considéré comme une échine dorsale, un pilier central autour duquel doivent venir s’agréger toutes les autres forces vives progressistes de la Nation Togolaise. Toutes les autres forces vives progressistes d’ordre politique, civil, syndical, culturel, philosophique, religieux, universitaire, etc. Pour faire du FRAC un véritable front national, englobant et l’intérieur et la diaspora du Togo. Pour former une réelle Vague irrésistible appelée à emporter, à jamais, les forces décadentes, déshumanisantes, exécrées et vomies par le peuple togolais.

Peuple togolais, l’heure de ta vraie libération a sonné ! Tes exploiteurs et oppresseurs n’arrivent plus à te gouverner comme auparavant, et tu ne veux plus être gouverné comme auparavant… Tes exploiteurs et oppresseurs le voient bien eux aussi qui essayent par toutes sortes de subterfuges de te museler. Qui, en fin de compte s’apparentent à un naufragé se débattant éperdument, à l’instar d’un beau diable confondant un brin de paille avec un radeau de sauvetage…

Peuple togolais, aide ta jeunesse à mieux s’organiser, à se doter d’un minimum de moyens tangibles légitimes et adéquats. Car, « La force matérielle ne peut être abattue que par la force matérielle » (Karl Marx)

Oui ! L’heure à sonné ! La lutte populaire est invincible ! « Togo débout ! Luttons sans défaillance. Vainquons ou mourons mais dans la dignité ! ».

Godwin Tété
Lomé, le 3 avril 2010

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