Faure: Il a réuni tous les ingrédients pour que le peuple le dégage

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Va t-il finir son quinquennat en toute tranquilité comme il avait réussi à le faire au prix de 500 cadavres, 40.000 exilés et des maisons détruites entre 2005-2010 ? La question taraude tous les esprits au Togo. Dans les chancelleries en poste à Lomé personne n’y croit au fils du despote défunt mais aucun coq blanc comme noir n’est prêt à lever le petit doigt pour dire à l’opposition que le fruit est bel et bien pourri et qu’il suffit qu’une mouche s’y dépose pour que tout tombe.

Dans le milieu très restreint de la « Bourgeoisie Kabyè », si nous empruntons les mots du confrère La Lettre du Continent, c’est la course aux mallettes. Les banques étrangères n’ont jamais vu autant de Togolais entrain de faire la démonstration de leur sens des affaires. On dilate les coffres « Faure » de la République et on dépose les billets en toute impunité dans des banques étrangères. Dans le jargon des pillards Togolais, cela s’appelle « faire des affaires ». La création de la richesse leur est étrangère. Des sources recoupées et vérifiables disent que les recettes du port comme de la douane n’ont jamais été aussi détournées dans des directions inconnues. La crise ivoirienne aidant, les milliards sont comptées chaque soir et filent le même soir dans des directions du prince et du clan. Avant même que le trésor ne soit alerté, du petit douanier jusqu’au patron de la République tout le monde s’est déjà servi. On n’est pas loin de la phrase mythique du despote Mobutu au Congo : « Se servir et non Servir ». Le Togo n’a jamais été aussi riche dit-on de sources bien renseignées! Les recettes du port ont quintuplé depuis bientôt trois mois. Malin, dans l’entourage des « nouveaux milliardaires », personne ne parle de la nouvelle donne. On ne dit mot. L’attention du peuple est dirigée vers des communiqués creux, des discours d’espoir comme celui pompeusement lu à la veille des fêtes de fin d’année par le préfet de la République lui-même. Le monde de la presse au Togo ne voit que feu si ce n’est de s’occuper des histoires à faire dormir debout. Ici on écrit pour arrondir sa fin du mois. Là on écrit pour parler des choses qui ne réunissent des alibis et galvanisent le peuple. Ailleurs on écrit pour montrer toutes les espérances que le peuple va avoir en faisant confiance aux bourreaux. Des ballets de voyages en Occident comme au Moyen-Orient des « Hommes du clan » se font chaque jour et sous les yeux d’une opposition aussi évasive que nulle. Les Honorables Députés ne sont pas du reste. On dirait qu’ils sont élus pour ne percevoir que les perdiems. Tout échappe aux Togolais désormais habitués à ne pas regarder dans l’avenir mais dans le présent. Ce qui se fera demain appartient à Dieu pas au travail et à la capacité des citoyens à inventer l’avenir. L’UE qui était à Lomé a pu, de visu, se rendre compte que les projets FED ont été ensevelis dans des poches de proches de Faure et de lui-même. Le confrère Liberté Hebdo reprend magistralement la nouvelle trouvaille du despote qui sert à endormir le peuple comme les bailleurs de fonds sur leur vol, leur grand banditisme :

« ….Sur les sites des chantiers ouverts, aucun panneau n’indique ni l’origine ni le montant des financements, ni le maître d’ouvrage ni le maître d’œuvre, ni le délai d’exécution, ni le contrôle technique ». Ah, que c’est beau le despotisme à la Faure !

En pleine rue on met sur une pancarte  pour dire comment le Togo et Lomé sont en plein chantier. Dans la réalité, que du pipeau pour détourner l’attention des curieux visiteurs de l’Union Européenne. Pis, après le départ des fonctionnaires blancs de l’UE, les médias à la solde du prince se sont vite empressés de ramener l’éternelle récitation de réformes constitutionnelles comme institutionnelles qui ont sanctionné la visite. La panique est bien là dans l’entourage de Faure, mais la France sert encore de béquilles à la dictature. Pour détourner l’attention sur la gestion ô combien chaotique du fils éclairé, on a habilement crée l’axe Ouagadougou-Lomé. Là où Blaise Compaoré ne peut se faire voir, Faure est bien là pour jouer les sales rôles et jouer la basse besogne. Faut-il rappeler que tous les plans de guerre pour envahir la Côte d’Ivoire s’étudient au millimètre près à Lomé? Faut-il rappeler que l’hôtel Ibis comme l’hôtel Sarakawa hébergent depuis quelques mois des militaires français sans qu’aucun journaliste Togolais ne se demande quels sont ces blancs musclés et têtes rasées qui rasent les couloirs de nos hôtels? Faut-il rappeler que Faure au nom de son précieux pouvoir a livré son frère aux ricains dans l’espoir de diriger éternellement le Togo ? Faure, lentement mais sûrement, a mis tous les ingrédients qui peuvent le faire sauter. Un très proche de Faure ironise au Lynx : « Des quatre pieds du fauteuil sur lequel Faure est assis, trois sont cassés ». Mais très fin, il est entrain de dribbler tout le monde au Togo comme si son pouvoir avait encore une sève vivante. Mais les pontes sur lesquelles il a fixé son pouvoir seraient toutes sur le qui vive. Le peuple togolais n’a jamais été aussi tout près du but. Mais Fabre et petits amis sont malheureusement sans stratégie et ne peuvent attendre marcher pour marcher afin de bouter la plèbe hors des frontières de la République. La seule erreur, vouloir manger les omelettes sans casser les œufs, telle est la caractéristique principale de l’opposant togolais. Mais une révolution à la togolaise sera à coup sûr plus dangereuse pacequ’elle s’arrêtera aux portes du palais de la Marina. Et une révolution inachevée est un bon prétexte pour la pègre règnante de nettoyer le reste des quelques patriotes encore existants au Togo. La bonne partie ayant été englouti dans la « Mangeoire » et dans l’exile obligatoire. L’avenir du Togo dépendra de la capacité de ses enfants à n’attendre que d’eux mêmes…. et Faure sait très bien que son peuple va répondre très bientôt à l’appel de Fabre. Si ce dernier est bien décidé à mettre FIN à la dictature hériditaire de Faure Gnassingbé et de son système.

Camus Ali Lynx.info

 

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