Faure : Il a la phobie de la communication !

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La communication est le dernier de ses soucis et depuis 2005 qu’il est aux affaires, il n’a cessé d’afficher son mépris à l’égard de ce que d’aucuns en raffolent sous d’autres cieux. Aux Etats-Unis pour ne citer que ce cas exemplaire, le président ou le porte-parole de la Maison Blanche intervient à chaque problème. Faure puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’aime pas communiquer. En créant son nouveau parti Union pour la République (UNIR), nous croyions au Lynx que le fils de Sabine Mensah et de Gnassingbé Eyadema allait rectifier le tir du défunt RPT dont il a hérité. Que nenni. Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) a régné sans partage pendant 43 ans (1969-2012) avec un talon d’Achille de taille : la communication. L’on croyait qu’avec la naissance du nouvel ancien parti UNIR, le tir allait être progressivement corrigé et que le régime se mettrait à divorcer d’avec son opacité légendaire. Faure tel un fils sur les traces de son père, crée son joujou et ne prend même pas la peine de lui offrir un chargé à la communication. Sur ce plan, son challenger sur la scène politique nationale Jean-Pierre Fabre a plusieurs longueurs d’avance. L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre a un chargé à la communication du nom d’Eric Dupuy. De l’autre côté, UNIR a un bureau provisoire qui n’a même pas prévu le poste de responsable à la communication. A défaut de communiquer pour faire avaler la pilule d’union aux Togolais, Faure et ses amis ont préféré créer deux postes de vice-présidence pour orner le décor. « A la place de deux vice-présidents dans le bureau fut-il provisoire, j’aurais préféré trois chargés à la communication rompus à la tâche. L’image du pouvoir au sein de l’opinion n’est pas du tout bonne contrairement à ce que les thuriféraires et missi dominici font croire. Au lieu que l’on envoie des individus comme Georges Aidam et Folly Bazi Katari étaler tout leur art de provocation, UNIR ferait mieux de faire appel aux personnalités humbles, persuasives et maîtrisant l’art de communiquer. Faure est très peu loquace à telle enseigne que lors de ses sorties comme à l’occasion de ses discours du 27 avril, date de l’indépendance nationale, il passe à côté des préoccupations des Togolais.

Le Togolais est tellement éprouvé par tant d’années de souffrances que, lorsque des têtes viennent faire leurs show man devant eux, les blessures refont surface », déclare Martin Yaou depuis Sokodé. L’on n’en revient toujours pas lorsqu’en ce 21ème siècle où la communication fait et défait des pouvoirs, le parti présidentiel n’ait ni chargé à la communication ni porte-parole. Le tome II du règne de l’opacité ne fait que commencer avec Faure. Blague à part, la communication présidentielle est archaïque à tout point de vue. Les Togolais ont besoin d’être rassurés et en face, il n’y a personne pour ce faire. Pacifiques et passifs à la limite d’une maladie, ils ne demandent qu’à être conduits sur des sentiers sûrs vers des lendemains meilleurs. Ils en ont le droit après avoir passé des décennies à végéter et à scruter le ciel sans fin. Mais malheureusement pour eux, ceux qui les dirigent à l’heure où nous mettons ces lignes pour lecture, n’ont pas la tête à ça.

Ils sont occupés par les milliards à amasser vite et bien. Une parenthèse qui nous rappelle la sortie cette semaine du ministre de l’Economie et des Finances Adji Otèth Ayassor à travers un document dont la presse à Lomé a obtenu copie. Document dans lequel l’argentier de Faure appelle les 50.000 fonctionnaires de l’Etat à ne pas « poser des actes qui vont détériorer » le patrimoine national. Une sortie que l’on peut facilement assimiler à une provocation de mauvais goût. Le ministre Ayassor vit-il au Togo ? Ou se moque-t-il simplement des Togolais ? De toutes les façons, s’il donne l’impression de ne pas vivre au pays, nous lui rafraichissons un peu la mémoire. Adji Otèth Ayassor, ce ne sont pas les fonctionnaires avec leurs maigres réclamations de rien du tout qui vont « détériorer » le patrimoine togolais mais les indélicats agents des douanes, des impôts et autres pilleurs de la République que vous connaissez bien. Adji Otèth Ayassor, aux impôts par exemple, des agents parmi tant d’autres comme Noël Depouk’n ont déjà amassé des fortunes qui n’ont rien à voir avec les salaires des postes qu’ils occupent et ce, dans un intervalle de moins d’une décennie. Où ces individus ont-ils trouvé ses richesses ? Mais alors, entre les fonctionnaires qui ne réclament qu’une petite revalorisation de leurs maigres pitances et les pilleurs professionnels que le ministre Ayassor connaît bien, qui détruit le patrimoine commun ? Revenons à la tare communicationnelle que traîne le pouvoir de Faure.

« Ces gens veulent pas du tout communiquer car, l’opacité dans laquelle ils baignent tous les arrangent. Avec tout ce qui se passe dans le pays actuellement, ils se terrent dans un silence coupable. Et puis, la présidence n’a pas de porte-parole qui pourrait réagir à chaque événement d’envergure. Ce pouvoir n’a pas toujours réussi à combler ses tares en matière de communication. Le président se mure dans un silence digne de celui qui régnait dans le mont Olympe en Grèce Antique. Ses ministres dont certains maladroits à enrager s’y essaient de temps à autre mais avec des fortunes diverses », trouve Peccola Magnimba. Entre nous, qu’est-ce qui peut pousser un pouvoir à s’enfermer dans une forteresse opaque et difficile d’accès ?

Taffa Biassi Lynx.info

 

 

 

 

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