Faure Gnassingbé : à la fois DAB et DAV

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Comme son père chez qui il a appris, Faure Gnassingbé s’est métamorphosé en un véritable DAB (distributeur automatique de billets) ambulant crachant généreusement des billets de banque tout chauds à qui-veut-n’en-veut-pas, dotant comme le pays d’infrastructures et d’équipements lui manquaient cruellement. A l’allure où se déroule sa politique publique électorale, le Togo dépasserait sûrement les pays développés en moins d’une décennie si les élections devenaient mensuelles ou hebdomadaires. Mais Faure a aussi une autre identité en réserve : celle d’un DAV, un distributeur automatique de violence latent dont les ingrédients se mettent en place, au nez et à la barbe du PAPE européen, conformément à sa proclamation de foi où il se dit prêt à reconduire la violence d’avril 2005 : « Je le referais. Même si je déplore les violences qui, hélas, ont assombri le processus de transition de février à avril 2005. Si je n’avais pas répondu présent à l’appel que les forces armées, puis l’Assemblée nationale m’avaient lancé, le pire était presque sûr » (Jeune Afrique du 25 décembre 2006).

En effet, il est en train de réactiver les trois piliers de la violence politique. D’abord, à la suite de l’affaire Kpatcha en avril 2009 qui n’a toujours pas trouvé son épilogue, il a changé de chef d’état-major des armées et celui de l’armée de terre où des hommes plus fiables ont remplacé d’autres fidèles jugés tièdes. En juillet dernier, ce sont treize corps ou unités spécialisées qui ont changé de têtes. Il a néanmoins gardé son beau-frère, Félix Kadangah, à la direction de la redoutable FIR, l’unité anti-émeute urbaine de l’armée. Il se trouve que certains promus sont des auteurs présumés de crimes contre l’humanité et cités dans les rapports des organisations de défense des Droits de l’homme.

Comi M. Toulabor

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