Espionnage de Angela Merkel par Barack Oboma : Ce que les leaders africains n’ont pas encore saisi

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Les écoutes téléphoniques de la chancelière allemande Angela Merkel continuent de défrayer la chronique en Allemagne. Ce que des journaux allemands relayaient auparavant comme rumeurs s’est transformé le mercredi 23 octobre en communiqué officiel de la chancellerie. « Le gouvernement fédéral a obtenu des informations indiquant que le téléphone portable de la chancelière pourrait être surveillé par les services secrets américains ».

Espionnage de Angela Merkel par Barack Oboma : Ce que les leaders africains n’ont pas encore saisi

Deux jours avant la publication de ce communiqué, le journal Le Monde publiait un article sur la surveillance de données en France par l’agence de sécurité américaine (NSA), révélations qui ont même provoqué des protestations à Paris. L’opération d’espionnage de la Chancelière aurait débuté, selon la presse allemande, depuis 2002. L’édition dominicale du quotidien Bild affirme que seule la ligne directe spécialement sécurisée de son bureau était hors de portée des espions américains. Sinon les spécialistes de la NSA pouvaient enregistrer les conversations faites à partir du téléphone portable de Angela Merkel et consulter les SMS envoyés à de proches collaborateurs, précise le journal.

Empoisonnement des relations germano- américaines

L’écoute du téléphone de la chancelière allemande empoisonne depuis quelques semaines les relations entre les deux pays. Berlin avait convoqué l’ambassadeur des États-Unis en Allemagne, fait inédit entre les deux alliés depuis l’après-guerre. « Entre des amis proches et des pays partenaires comme le sont la République fédérale d’Allemagne et les États-Unis depuis des décennies, une telle surveillance d’un chef de gouvernement ne peut exister. Ce serait un coup sérieux porté à la confiance », expliquait un communiqué du porte-parole d’Angela Merkel, Steffen Seibert.

Raisons probables de l’espionnage de la chancelière

Mais pourquoi les États-Unis ont posé cet acte, tout en sachant que cela allait porter un coup sérieux à la confiance entre les deux pays amis ? D’aucuns disent que les États-Unis sont curieux de savoir ce qui fait de l’Allemagne le poumon économique de l’Europe. Selon l’édition dominicale du quotidien Bild, Barack Obama voulait personnellement tout savoir sur la chancelière allemande qui a joué un rôle décisif dans la crise de la dette de l’eurozone et est considérée comme le dirigeant le plus puissant d’Europe.

D’autres avancent la thèse selon laquelle l’un des principaux organisateurs des attentats du 11 septembre, avait séjourné longuement en Allemagne. D’autres arguments peuvent également être évoqués. Mais quelles que soit leur teneur, ils se résument tous dans l’affirmation du général De Gaule : « Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». Le scandale provoqué par les écoutes téléphoniques des États-Unis démontre une fois encore la pertinence et l’actualité de cette confession : L’amitié d’accord, mais les intérêts d’abord.

La déclaration du Général de Gaulle toujours d’actualité

Les peuples africains et leurs dirigeants ont négligé et continuent de négliger cette vérité. S’ils avaient pris en considération cette déclaration du Général, l’Afrique ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Des hommes politiques exemplaires comme le Camerounais Ruben Um Nyobe, le Tchadien Outel Bono, le Congolais Patrice Lumumba et le Burkinabè Thomas Sankara, n’auraient pas été assassinés. Hélas pour avoir voulu défendre les intérêts de leur peuple, ils ont été trahis par leurs compatriotes et proches amis à la solde d’intérêts occidentaux.

L’Occident ne transige pas avec ses intérêts. Même l’intention d’aider des fondations religieuses ou laïques soit disant de bienfaisance qui « pullulent » dans les pays en voie de développement, n’est en réalité que subsidiaire. Si elles n’avaient rien à gagner, on ne verrait pas ces organisations de tout acabit. Veye Tatah, Camerounaise d’origine et rédactrice en chef du magazine allemand Africa Positive, lors d’une conférence à Francfort, en Allemagne, s’indignait contre des affiches dans les rues en Allemagne. Ces affiches présentant des enfants noirs généralement chétifs, servent de publicité pour récolter des fonds. Ces fonds, à en croire les ONG, sont destinés à aider l’Afrique. « Rectificatif », soutenait Tatah, avant de préciser en substance que ces fonds étaient plutôt, ou aussi, destinés à créer des emplois pour les citoyens occidentaux. Cette critique n’était visiblement pas du goût d’une représentante d’ONG. Celle-ci avait sursauté de son siège pour interrompre la conférencière.

Grand temps pour l’Afrique de comprendre

Beaucoup d’Africains ignorent encore, que les « bienfaiteurs » européens ne font rien pour rien. Les « intérêts », c’est le maître-mot. Même le citoyen lambda européen, surtout occidental, ne raisonne que « intérêt ». Une allemande m’informait un jour qu’elle allait en Afrique pour aider à la construction d’une église. Elle ne manquait pas de préciser que cela était important pour son curriculum vitae. Comme quoi nombreux sont ceux qui s’engagent pour des motivations purement égoïstes, tout en se parant d’artifices humanitaires.

Il est donc grand temps que l’Afrique apprenne à agir selon ses intérêts. A écouter certains citoyens allemands au sujet des écoutes téléphoniques de leur chancelière, ils n’en veulent pas trop aux États-Unis. Ils considèrent que les Américains cherchent à garantir leurs intérêts et que cela fait partie des règles du jeu en politique. Ces Allemands pensent que leurs gouvernants croient trop à l’amitié avec les États-Unis, attitude qu’ils jugent inconcevable en politique. Malheureusement pour l’Afrique, ses dirigeants continuent de négliger les intérêts de leur pays. Constat amer que Aminita Traoré, ancienne ministre malienne de la culture, a si bien relevé dans le documentaire « le point de vue du lion » de Didier Awadi : « Une fois élus, ils n’ont d’oreille que pour l’Europe, la banque mondiale, le G8. Il semble beaucoup plus important pour eux d’être un bon élève pour le FMI et la banque mondiale que d’être perçus et jugés par leur propre peuple comme de véritables alliés ».

Wendpanga Eric Segueda

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