Chez les Gnassingbé, le linge sale se lave en public

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Papa Gnassingbé a beau se retourner mille fois dans sa tombe, il y a eu  ce 1 septembre 2011 procès entre ses enfants. Le monde a beau crier que le linge sale se lave en famille, Patatras !  Obnibulé par le pouvoir, Faure est sourd aux cris des sirènes. Et devant ce spectacle déshonorant, on voit encore les mêmes qui avaient gagné sous le père, se frotter les doigts aussi sous le fils. La presse internationale était là. Celle nationale pouvait rentrer et voir ce qui se passe entre fils infects qui ne comprennent pas le dégré de tort qu’ils font à la république. La presse privée devait se tenir loin du procès de la honte. Les frères Gnassingbé nous rejouent les trahisons des princes sous la Rome Antique dans une simagrée d’enfants perdus et sans éducation aucune. Mais où est donc passé la sagesse en pays kabyè ? Dans ce bourg du Togo profond, n’y a  t-il pas un comité de sages pour dire halte à la honte ? Autant de questions, peu de réponses. Kpatcha Gnassingbé, demi-frère du président togolais, ex-ministre de la Défense, a-t-il ourdi un coup d’Etat le 13 avril 2009 contre le chef de l’Etat ? Son procès, qui s’est ouvert ce 1 septembre risque d’être plus cauchemardesque pour Faure et ses conseillers. Arrêté dans sa résidence du quartier résidentiel de Kegué de Lomé, Kpatcha a été embastillé avec plusieurs autres dont des parents de la nombreuse fratrie Gnassingbé, le pouvoir n’a jamais eu à le dépoussiérer de son immunité de député élu.

En vérité, les préparatifs du coup d’Etat et son étouffement dans l’œuf constituent le paroxysme de la crise de succession qui faisait rage au Togo : le patriarche mort, ses petits, qui ne regardaient pas forcément dans la même direction, allaient se livrer une guerre sans merci. Mais personne ne savait que cela allait prendre des tournures aussi désolantes, aussi honteuses.
En effet, lorsqu’entre ciel et terre tunisiens Eyadéma rendit l’âme, le 5 février 2005, et que les militaires remirent 48 heures plus tard le sceptre à Faure, Kpatcha  n’avait nullement le plan de devenir président. Trêve aux mensonges des médias internationaux.  Il se sentait bien dans son rôle de ministre de la Défense. Et Faure lui-même avait eu à le dire : « Je lui ai donné le ministère de la défense parce qu’il aimait être avec les militaires, il s’y connait bien avec eux » in Jeune Afrique. Mais les dissensions  vont apparaître avec une opposition togolaise de plus en plus menaçante. La maison Gnassingbé ne tenait plus sur les quatre pieds.

Las d’ailleurs ! Absous par les urnes, Faure fit de son demi-frère ( ambitieux ) selon les méchantes langues son ministre de la Défense, contre l’avis d’Olesegun Obasanjo, alors président du Nigeria et de l’UA, et du Burkinabè Blaise Compaoré, facilitateur dans la crise togolaise. Où est l’indépendance du Togo en définitive quand la France et tous les autres ont à dire avec les nominations de ministres chez nous ? Tous estimèrent que la cohabitation serait orageuse, voire impossible. Ce qui ne tarda pas à venir. Mais avec un fiel de traîtrise chez Faure.

Très vite, les dissensions réapparaîtront, et la guerre feutrée entre les frères ennemis s’étalera au grand jour. Excepté lors des séances de Conseil de ministres, le chef de l’Etat et son ministre de la Défense se disaient à peine bonjour. Président de la République, Faure voulait délimiter son pouvoir, avoir les coudées franches (ce qui est normal pour un n°1) et surtout opérer une certaine rupture avec le régime de son père. Rupture qui ne viendra même jamais. D’autant plus que les mêmes crocodiles sous le père sont toujours visibles. Qui trompe qui ?

Un faux coup d’Etat dans une clé USB

Tout est parti d’une clé USB. Des noms de pauvres civils, des docteurs, des ingénieurs et d’étudiants vivants au Togo et  en Europe sont aussi listé dans cette mystérieuse clé USB, qui en dit long sur le degré de menteries de Faure et affidés. La clé fouillée dit que Kpatcha  voulait  instaurer un Comité national de rectification et de réconciliation (CNRR) à la tête duquel il imposerait le commandant Abi Atti, ex-patron des Forces spéciales de gendarmerie .

Secundo, la clé USB dit que Kpatcha, est très proche de certains hauts gradés de la grande muette, multipliait les largesses et n’était pas insensible à ceux qui lui faisaient croire qu’il est l’hériter naturel de l’homme du 13-Janvier.

Tertio la clé USB dit que d’anciens mentors des généraux de l’armée notamment lui ont apporté leur caution morale voire logistique.

Mais une chose est désormais claire, Kpatcha condamné, mort ou vivant serait une aubaine pour la fratrie Gnassingbé. Le président Faure n’en sortira pas indemne, bien plus, il sera plus qu’affaiblit et son pouvoir émietté. La famille est désormais divisée, et bien qu’il ait pu dézinguer Kpatcha de l’armée, il lui faudra agir avec tact avec ce corps qui n’a pas toujours montré une neutralité républicaine au Togo.

C’est le procès qui va emporter Faure et son pouvoir. Vivement  ce vent qui viendra dépoussierer la République !

Camus Ali  Lynx.info

 

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