Cette « cohabitation »politique à la Togolaise qui ne finit pas de faire des dégâts

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Hier en 1994, c’était l’Union Togolaise pour la Démocratie (UTD) d’Edouard Edem Kodjo. Après en 2006, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) de Me Yawovi Agboyibo lui a emboîté le pas. Aujourd’hui, l’Union des Forces de Changement (UFC) de Gilchrist Olympio qui a suivi aussi les pas de ses prédécesseurs fait face à l’opposition des autres de l’opposition notamment du plus virulent, le CAR. Selon le parti des déshérités, l’UFC qui a des représentants au sein du gouvernement ne peut se prévaloir du titre de parti d’opposition. La guerre s’est intensifiée lors de l’élection des membres de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) la semaine passée.

A l’heure où vous lisez ces lignes, les 17 mousquetaires de cette CENI sont connus mais les passes d’armes n’ont pas cessé entre les deux ennemis intimes, l’UFC et le CAR membre de la coalition Arc-en-ciel. Or, l’on s’en souvient comme si c’était hier matin des revendications du CAR en 2006 où son champion Me Yawovi Agboyibo était premier ministre. Le CAR se réclamait à l’époque de l’opposition malgré sa présence au gouvernement. Passons. Au fait, ce sont les politiques eux-mêmes qui embrouillent les esprits des naïfs avec cette affaire de qui est de l’opposition ou non. Sinon, le débat n’a pas lieu d’être. Dans les pays à politiciens non atypiques, il y a deux cas connus jusqu’à ce jour. Primo, on est de l’opposition, on franchit la porte du gouvernement, donc on ne peut plus s’opposer à soi-même et on perd la casquette d’opposant. Secundo, on garde toujours sa casquette d’opposant et on décide d’aller cohabiter avec la majorité au pouvoir. Ce dernier cas intervient dans des conditions particulières de crise où le président pour sauver les meubles, accepte de nommer un premier ministre issu des rangs de ses adversaires. Ces cas sont généralement répandus dans les pays francophones. 

Au Togo où la confiance et la parole d’honneur ont quitté les rangs des politiques, la mayonnaise de la cohabitation peine à prendre. Pire, elle crée des déchirures et des dégâts inutiles. Chat échaudé, a peur de l’eau froide. Le retournement de veste des uns et des autres engendre une absence de confiance qui fait que, lorsqu’un camarade de lutte fait son entrée dans le gouvernement, on se précipite de lui dire adieu dans l’opposition. Sur ce plan, les politiques togolais sont passés champions. Dès qu’ils franchissent la porte d’entrée du gouvernement, ils deviennent méconnaissables du coup et se font plus royalistes que le roi. Les dégâts ne finissent pas même à l’approche de la présidentielle où l’heure devrait être à la définition de stratégies pour l’emporter. Les enfants de la même maison s’entredéchirent pour des peccadilles au moment où ceux du voisin d’à côté avancent vers l’objectif. Pour qu’au jour de la proclamation des résultats, un Jean-Pierre Fabre, Paul Dodji Apévon et les autres crient à la fraude et appellent à descendre dans les rues pour réclamer la victoire « volée », « confisquée » et…ça recommence peut-être jusqu’en 2030 et au-delà !

Pâ Tamba Lynx.info 

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