Camus Ali écrit à Tikpi Atchadam : «Une frange radicale et dangereuse finira par prendre en otage le PNP»

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Il n’est pas de mes habitudes d’écrire des lettres ouvertes à des personnalités publiques cher frère. Tétanisé par le bruit des réseaux sociaux et les relais téléphoniques sur ma personne, j’ai finalement pris sur moi, et ce, pour la première fois de te parler directement du lieu de ta cachette. Un article sur ton parti le PNP, ceux qui l’animent, je veux dire tes proches collaborateurs et les centaines de milliers de tes fans, membres ou sympathisants du parti à l’emblème de cheval aurait été de nouveau interprété comme ils le veulent et savent le faire toutes les fois qu’il s’agit de lire la politique et de la faire. Ici, ils sont nombreux à s’être jetés dans le PNP parfois sans culture politique, sans conviction dans la philosophie du parti ou encore sans repère. La plupart y sont par opportunisme quand d’autres y sont rentrés par reflexe identitaire. Au demeurant, ton parti, le PNP n’est pas la seule famille politique qui y en souffre. Tous les partis politiques au Togo sont infestés et gangrenés par cette tare. Je te prie de bien prendre connaissance et d’y mettre ta touche pour enfin sortir le jeune parti de ce labyrinthe. Cher frère, depuis 2014, où j’ai parlé avec toi et beaucoup échangé, je crois avoir un peu souffert pour toujours me taire.

Décembre 2014

Ce dimanche d’hiver du mois de décembre, tu te rappelles sûrement de notre discussion téléphonique. Je portai à ta connaissance cette anecdote qui fait qu’un parti politique dans la diaspora commence bien et finit dans la pantalonnade. Trop de faux culs !  Je te parlai du PDR ton ancien parti et de mon expérience avec ce parti. En effet, alors président Europe du parti, Bassirou Ayéva me réveilla pour une urgence. Je devrai trouver une salle pour l’arrivée imminente de son patron Zarifou Ayeva qui était déjà à Bruxelles et tenait à parler à ses militants. La ville de Aachen n’était pas choisi au hasard. Elle fait frontière avec la Belgique, la Hollande et plus loin, certaines villes françaises du nord. Vu l’urgence, je laissai les cours à la FAC pour faire le tour de la ville. Tard le soir, je finis par trouver une belle salle sise à la Pont Str 74. J’appelai l’homme pour lui faire le point. Heureux de la nouvelle, je devrais aussi écrire le discours pour le président qui dirigeait la section Rhénanie-Westphalie du PDR. Je découvrirai comme les autres dans la salle toute les peines que ledit président avait pour lire un discours que Bassirou Ayeva et moi avions réduits à dix phrases à l’hôtel Ibis de la ville de Aachen. La réunion terminée, Bassirou Ayéva et son président de section de la Rhénanie Westphalie vinrent me voir qu’ils allaient raccompagner leur champion du PDR à la gare et qu’ils reviendraient pour faire ensemble les comptes. A l’heure où je t’écris ces lignes, ils ne sont pas toujours de retour depuis plus de quinze ans. Mieux, les frais (840Euros) de location de la salle, de sonorisation comme de nettoyage, je les ai payés par mes petites économies d’étudiant non boursier. Tu me suivis attentivement et me parlas de ce qu’est devenu Zarifou Ayeva par la suite. De ton rire moqueur dont tu as le secret, tu me nommas sur le tas, ton conseiller. Passons.

Haïr oui ! Mais ne pas mentir…

Cher frère, je garde encore de toi nos échanges et ne reviendra plus sur beaucoup de choses que je pense ici inutiles. Je t’ai envoyé un pli courant 2015 et tu sais ce qu’il y avait dedans avec une petite note et un bic. Relis cette courte lettre si la bidasse qui a caillassé ta maison n’a pas été plus loin en mettant la main sur tes documents. Depuis, j’ai été victime d’une conspiration incessante. Jamais un journaliste au Togo et dans la diaspora n’aura été pointé du doigt par le PNP. Jamais un journaliste n’aura aidé au mieux de ses possibilités le PNP. Peux-tu bien m’expliquer ce cynisme de tes proches, cher frère ? Ici, j’ai été taxé d’espion à la solde du pouvoir. Je suis calomnié pour des choses aussi farfelues que bizarres. Je ne suis pas homme politique mais suis au centre de la politique dans ton parti. Parfois mes amitiés avec des Togolais sont interprétées de la manière la plus maléfique et je m’insurge !

Tout commence par les amitiés que j’ai avec le ministre Gilbert Bawara. Au demeurant, je compte au moins cinq autres ministres qui m’appellent pour demander de ma santé. Parfois d’anciens ministres et des diplomates. Par le passé, une meute s’était aussi acharnée contre moi pour mes supposées amitiés avec Laurent Gbagbo. Peux-tu t’en rendre compte qu’il y avait des «Tem» qui ne comprenaient que je signe Ali, (nom musulman) selon eux pour écrire contre l’injustice faite au bété, lui chrétien ? Je ne renie pas mes amis pour faire plaisir à d’autres gens. Je suis constant dans la vie. Pourtant, j’ai toujours conseillé à mon ami de quitter la «galère togolaise» et de prendre un repos dans son village Siou et de rebondir à l’international. C’est par les canaux du PNP que j’ai appris que ledit ministre me finançait. Ce sont bien les canaux du PNP qui disent à certains amis voire parents qu’ils devraient prendre distance d’avec moi parce que, je suis ami à un autre Togolais qui est du pouvoir donc espion. Aussi bizarre, ils ne se demandent même plus pourquoi Camus Ali tendrait depuis des années d’amitié ses mains vers un ministre quand il peut s’asseoir à côté du président lui-même pour de l’argent ? Tes collaborateurs, ne font-ils pas un peu trop ? Tiens cher frère, en plein tumulte entre Togolais dû à ta sortie du 19 août 2017, la CEDEAO avait tancé au pouvoir comme à l’opposition de se parler pour aboutir à une résolution négociée. Le PNP, ton parti avait aussi envoyé son représentant. Lors d’une rixe entre ce dernier et le représentant d’UNIR qui était Gilbert Bawara, mon nom avait été évoqué quand ce dernier lui fit la remarque qu’il n’était plus togolais pour parler au nom des Togolais. Ton «ami» Camus Ali aussi est allemand….cas insolite et stupeur dans la salle ! Que venait chercher ma personne dans une salle où il fallait parler du destin de plus de huit millions d’âmes ? Comble de la méchanceté, ce même collaborateur  trainera ce cynisme dans la ville de Düsseldorf lançant aux néophytes accourus pour l’écouter, que c’est Camus Ali qui lui a mis en prison. Plus de deux décennies hors de mon pays, seulement ces trois dernières années j’y ai mis pied. Deux fois au chevet d’un papa malade et la troisième fois pour me recueillir sur sa tombe. 22 jours comme le total du séjour de ses trois voyages.   

Entre le gongonneur du PNP et les journaux dont Lynxtogo.info, il faut bien choisir un jour !

C’est Abass Kaboua qui résume bien le journal LynxTogo.info. Après un court séjour au Togo en 2017, je débalais encore ma valise quand mon téléphone crépita. Au bout du fil, le patron du Mouvement des Renovateurs Centristes (MRC). Comment as-tu mon numéro de téléphone, lui demandai-je ? «Cher petit frère, nous savons que tu as des informateurs autour de nous qui te permettent d’écrire juste sur nous. Nous avons aussi nos agents qui te suivent. Nous savons que tu es venu voir ton père malade que je connais d’ailleurs bien». Ces informateurs, malheureux est le journaliste qui ne les a pas et voudrait exercer le métier. Comment savons-nous le montant de la somme que le pouvoir a viré à Gilbert Houngbo avant qu’il ne quitte le PNUD si nous n’avons pas des informateurs ? Comment savons-nous que le PNP fera une sortie médiatique si nous n’avons pas d’informateurs ? Cher frère, j’ai peur que le PNP nous élimine, nous journalistes si demain le parti prenait les rênes du pouvoir. Et pour cause. On nous accuse d’avoir fait un article sans au préalable avoir attendu le gongonneur du PNP. Notre article est de nul effet à partir du moment où, le cheval, donc le gongonneur n’a pas parlé. Si je comprends bien, demain quand le parti sera au pouvoir, les ordres aussi viendront du haut afin que nous commencions par écrire ? Entre de jeunes incultes et leurs «idéologues» tout aussi droit dans leurs bottes qui prennent petit à petit les pans entiers du parti en ton absence, veux-tu me dire que, tu ne le remarques pas ? Nous avions annoncé à Lynxtogo.info qu’il y aura une sortie médiatique du PNP, elle a eu lieu ce 06 juin 2020 et bien !

Entre «idéologues» d’un parti sous les tropiques et «idéologies» des peuples forts et respectés ….il va falloir choisir…

Cher frère, nous avons discuté de la sortie d’un de tes «idéologues» dans un milieu restreint. Ce dernier décrivait ton parti comme celui qui est opposé à l’ANC. De ces mots, nous retenons une transition plutôt qu’une présence aux joutes électorales qu’incarne l’ANC. Dans la forme, le PNP a raison. J’ai eu a parlé de cette transition en 2012 dans une interview avec un confrère Camerounais. J’ai aussi interviewé les universitaires : Comi Toulabor, feu Atsutsè Agbobli, Me Yaovi Jean Dégli qui avaient aussi abondé dans le même sens. Ce n’est pas une idée neuve. Mais nous avons dénoncé cette idéologie qui n’est pas encore efficace à partir du moment où, depuis quinze ans, nous n’avons aussi rien entrepris pour la rendre efficace. Et pourtant, quand Lénine quitte la Suisse pour regagner la Russie des Tsars, il savait qu’il pouvait compter sur les ouvriers pour mener à bien sa révolution. Idem pour Mao Tsé-Toung qui s’appuya sur la masse paysanne pour mener sa révolution.

Cher frère, vous, vous appuyez au PNP sur quel pan de la société togolaise pour imposer la transition à un pouvoir qui tient encore debout par le fusil et par l’aide des forces obscures dont la France ? À mon avis, nous serons plus forts si nous allons en rang serré.

Une frange dangereuse et radicale guette le haut du PNP !

Si elle n’a pas encore le génie politique et l’intelligence que tu as, elle finira par avoir les moyens financiers et humains pour y parvenir à ses fins. C’est une question de temps ! Cher frère, tu es en effet le seul au sommet à faire la fierté de nous tous. En bas de la pyramide de ton parti et tout autour de toi, il y a une pensée qui fait peur. Elle est basée sur la religion, le repli identitaire, le soupçon inutile, le mensonge… Comme hier en Côte d’Ivoire, cet amalgame avait été constaté dans un parti naissant et la frange radicale qui voulait prendre sa direction.

Dans sa traversée du désert après que cette frange ait pris le pouvoir, Ben Soumahoro, député indépendant et ex directeur de la RTI  me fit une confidence sur le RDR, le parti d’Alassane Ouattara. À peine, je commençai par lancer les premières confidences dans des articles que les avocats des Ouattara mirent à exécution la menace. Avant de fermer définitivement les yeux pour toujours, l’homme finit par écrire de ses mains le drame observé dans un article que je tiens à ce que tu lises les morceaux choisis : «….Révolté par le système Houphouët et dépité par le rejet de la rénovation qu’il propose au PDCI RDA, Djéni Kobina crée le RDR Rassemblement Des Républicains qu’il met à la disposition de ce dangereux prédateur qu’est Alassane Dramane Ouattara et qu’il ne connait pas. A l’époque, tout le monde se trompe avec Djéni et le résultat ne se fait pas attendre. Quand il s’aperçoit qu’il est le dindon de la farce, il est déjà trop tard. Le RDR est pris d’assaut par les « dioulas » et les musulmans qui tribalisent et fanatisent à outrance le mouvement » Plus loin, lis avec moi cet autre morceau choisi : «Tous ceux qui n’étaient ni dioulas, ni musulmans et qui avaient participé à la fondation du RDR ont dû claquer la porte du parti par ce qu’ils ne s’y sentaient plus à l’aise. Des comités tribalistes de sages se réunissaient dans les sous-sols de résidences luxueuses à la Riviéra Golf pour renforcer cette tendance régionaliste sous la férule du frère ainé d’Alassane Dramane Ouattara, Gaoussou Ouattara… Nous avons décidé de prendre les devants et de confier le parti à l’un des nôtres. ».

Cher frère, le «Nôtre» possessif, le veux-tu aussi au PNP, un parti d’obédience panafricaniste ? Je te rappelle que, Kwame N’Krumah avait été vice président en Guinée sous Sekou Touré. Je te rappelle aussi qu’un panafricaniste n’a plus d’ethnie, de ville, de pays mais l’Afrique. Je crois avoir été long sinon très long. Je n’avais plus d’autre choix…la seule arme que j’ai pour les ami(e)s comme pour mes ennemis si j’en possède est la plume….ma plume !

Camus Ali

Lynx.info

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