Andoch Bonin: Il dépouille Gilchrist Olympio

0

Ancien collaborateur de feu Général Gnassingbé Eyadema entre les années 70 et 80, M Andoch Nutépé Bonin a démissionné à la présidence de la République togolaise pour rejoindre l’opposition qui contestait le pouvoir en place. Il dénude la face cachée de Gilchrist Olympio, « opposant historique » qui s’est jeté dans les mains de Faure Gnassingbé depuis mai dernier. Pour l’interprète de conférence internationale, le « fils de l’indépendance » a toujours collaboré avec le régime RPT depuis la nuit des temps. Ces révélations, il les a faites samedi 14 août 2010 lors d’une conférence de presse animée à la Maison de la Presse. Lecture.

(…) Nous sommes dans une opposition où nous combattons depuis très longtemps pour notre libération. Nous nous battons depuis les années 60. Juste  après le lâche assassinat du père de la nation togolaise Sylvanus Olympio, qui est aussi le père de l’indépendance. Bien sûr qu’il a lutté mais il n’était pas le seul. Il avait mené une politique assez saine et étant donné que sa mémoire est dans l’esprit de tout le monde aujourd’hui et à voir ce que nous avons vécu après son assassinat, je le dis et je le maintiens : il est le père de la nation.

Depuis donc ce moment, nous avons commencé la lutte y compris moi-même. On nous parle de leader charismatique, d’opposant historique. Ce sont des mots qui ont été inventés par la France. Ce que je sais, c’est que quand l’Africain est suffisamment bête, la France lui trouve de bons attributs. Quand l’Africain est digne, orgueilleux, fier, la France s’en méfie. C’est pourquoi, quand je vois un Africain être apprécié par la France, je me dis automatiquement que c’est un imbécile. Et donc que l’on appelle certains ici «opposant historique», «leader charismatique», je sais ce que cela peut signifier. Nous avons commencé ensemble dans l’opposition, dès l’assassinat de Sylvanus Olympio. Je travaillais à l’ambassade d’Amérique en 1963 lorsque l’incident s’était produit. Et je crois que nous devons ensemble chercher les auteurs de cet assassinat que je considère comme une ombre qui plane sur le Togo et qui nous empêche de faire notre devoir. Je l’ai toujours dit, Eyadema, petit sergent qu’il était ne pouvait pas tuer un Olympio. Ce n’était pas possible. Ce n’est pas facile de tuer un être humain. On peut me donner une arme tout à l’heure, un pistolet, un revolver pour tuer l’autre, mais si mon esprit n’est pas supérieur à l’autre, je ne pourrai pas. Eyadema n’aurait pu.

Alors nous avons ensemble, avec le docteur Kérim Boukari que Eyadema avait tué, notre frère Djobo Boukari également tué par Eyadema et notre aîné Salami,  commencé cette lutte dès le lendemain de l’assassinat. Quand j’ai découvert la contribution des Etats-Unis d’Amérique, de l’ambassadeur Jean Poulhada dans l’assassinat de Sylvanus Olympio, j’ai déposé ma démission et je suis parti de l’Ambassade et c’est depuis lors que nous avons commencé la lutte.

Je disais récemment une interview que j’ai accordé au journal Liberté que Olympio, notre frère Olympio Gilchrist n’a jamais été, et n’est pas de l’opposition. J’ai mes preuves, j’ai toutes mes raisons. Je vais vous donner une preuve presque palpable de cela. J’ai quitté la Présidence de la République togolaise le  jeudi 06  avril 1982. J’étais allé à Cotonou, j’y suis resté quelques temps. Je suis arrivé à Paris le jeudi 22 avril 1982. Nous avons notre frère qui est aussi dans l’opposition, le beau frère de Gilchrist, monsieur Eric Amerding, que je connaissais parce que nous avons travaillé ensemble à l’UNESCO de 1966 à 1967. Je savais qui il était. Je lui faisais même le rapport de tout ce qui se passait de malsain à la Présidence. Arrivé donc à Paris ce matin du 22 avril, j’étais allé à l’UNESCO chez notre frère Eric Amerding. Nous avons discuté de neuf heures (09h) du matin jusqu’à dix sept heures (17h), entrecoupé d’un petit déjeuner. Le lendemain vendredi 23 avril, nous avons fait la même chose et à midi il me dit, « on va aller manger ». Au restaurant il me dit, « Andoch, Gil aussi est à Paris ». Je lui ai répondu, « Gil ? Qui est ce qu’on appelle Gil ? Quel Gil ? ». Et Eric me dit : « Ton Gil ». Je renchéris, « mon Gil ! ». Je connais beaucoup de Gil  et à Amerding de dire, « Gil Olympio ». Et je dis, « ah, il vit ? ». Ce qui veut dire que je ne l’ai jamais considéré comme capable de faire quelque chose dans cette opposition. J’étais allé à Paris pour voir des gens qui se battaient.  J’étais allé me joindre à eux. Je savais que Gilchrist Olympio avait de l’argent, et les origines de cet argent me sont connues tout au moins partiellement. Et nous avions besoin d’argent. Ne dit-on pas que l’argent est le nerf de la guerre ? Nous avions besoin d’argent, mais je n’ai pas cherché à voir Gilchrist pour autant. Je cherchais les adresses de ceux que je savais capables de faire quelque chose dans la lutte pour la libération du peuple.

Je cherchais Lawson Merleau que j’ai rencontré le 5 mai, parce qu’il était difficile de le trouver. Celui-ci dit qu’il n’avait pas l’adresse de Gil. Finalement, je lui dis, voilà mon numéro, donnez-le lui et on le lui a donné. Il m’a appelé le soir même. Et nous nous sommes rencontrés le jeudi 05 mai 1982, c’est-à-dire, exactement deux semaines après mon arrivée à Paris. J’ai également cherché l’adresse de notre grand frère Salami, dont je parlais tout à l’heure qui était aussi en exil et nous avons commencé à travailler.

Le mercredi 20 septembre 1982, soit exactement cinq (05) mois après mon arrivée à Paris, nous étions à une réunion quand Lawson Patrick, ami de Gil, qui lui faisait les rapports de ce qui se faisait,  est arrivé chez nous à la réunion avec Gil. Je me suis dis, bien que le connaissant lâche, et il est vraiment lâche, peut-être changerait-il, vu tous ceux avec qui nous travaillions ! Gilchrist était donc venu à la réunion ce mercredi 20 septembre, nous avons discuté et nous avons dit que nous allons travailler ensemble avec lui. Que s’est-il passé quelques temps après ? J’ai fait des propositions à Gilchrist Olympio, connaissant bien la situation de sécurité du pays, je n’avais pas pensé que je mettrai plus de trois (03) ou (04) mois avant de faire arrêter Eyadema. Parce qu’il n’avait pas du tout de sécurité. Pas du tout.

Et face à ma proposition, Gil me dit, qu’il n’a pas d’argent. A toutes mes propositions, la réponse de Gil, était : « il n’y a pas d’argent ». Et je lui proposais qu’on aille chercher des sous.

Alors, je lui ai fait cette nouvelle proposition. Adjoignez-moi trois de nos camarades dont Lawson Patrick et puis deux autres que vous ne connaissez pas, nous irons aux Etats-Unis. Je suis interprète de conférences, j’ai couvert l’Afrique entière un certain nombre de fois, traitant des problèmes africains. Alors nous ferions des conférences universitaires là, sur des problèmes africains, sur la situation socio-économiques de l’Afrique qui intéresse beaucoup de gens aux Etats-Unis. Les entrées de ces conférences universitaires sont payantes et donc, si nous faisons deux mois aux Etats- Unis, nous aurons un peu d’argent pour continuer la lutte. Alors Gil a dit qu’il n’a même pas d’argent pour ce voyage, pour quatre  (04) personnes. Qu’à cela ne tienne, j’ai un peu de sous, « vous Patrick préparez votre passeport, nous allons partir ». Gil a réagi avec véhémence et a dit « non, personne ne va aux Etats-Unis ». Que lui, il est là, qu’il est déjà connu là-bas. Ça été la première querelle que nous avons eue. Ce que je voudrais dire, est qu’il est le plus grand obstacle sur le chemin de la libération du peuple togolais. Dans mon ouvrage, « Le Togo du sergent, en Général » que j’ai publié en 1983, j’écrivais ceci : « l’indépendance du Togo avait été obtenue grâce à la lutte du peuple, de tout le peuple dans le cadre du CUT parti populaire et nationaliste. Malheureusement ce parti avait un seul et unique leader en la personne de Sylvanus Olympio qui émergeait nettement du lot, écrasant tout le monde et par ailleurs, il n’avait pas su admettre d’autres compromis avec d’autres personnalités. On se rappelle du mauvais traitement infligé à Me Anani Santos, avocat de notoriété internationale d’une très grande intelligence qu’il avait fait emprisonner et enchaîner en permanence dans sa cellule. Cet homme aurait pu lui succéder et obtenir le soutien du peuple. On se rappelle aussi du professeur Messan Aithson, autre cadre nationaliste de grande valeur qu’il avait poussé à l’exil. Ces hommes écartés du parti et éloignés du peuple, le pays était resté avec un seul président qui une fois tué, laissa un vide et un peuple orphelin. Alors les charognards se livraient à leur sale besogne. Olympio était décédé sans laisser de successeur et même pas un seul héritier spirituel. Il est vrai qu’il était commerçant, ainsi n’a-t-il laissé que des commerçants ? Mais des commerçants dépourvus de la dignité de leur père. Mais le peuple togolais pauvre comme nous le disions plus haut, n’a rien à vendre et donc n’à que faire des commerçants ». C’est ce que je disais en cette année là, que notre père Sylvanus Olympio n’avait pas d’enfants. Parce que, Olympio était décédé depuis 1963, j’étais en train de parler dans ce livre en 1983, soit 20 ans après. En ce temps, personne n’a levé le petit doigt pour dire quoi que ce soit. Donc, ce n’est pas maintenant que je désavoue Gil. Je le désavouais depuis longtemps. A propos de cela, son aîné, Bonito qui est quand même un homme plus humain,  plus sociable, m’avait téléphoné, j’étais à Paris pour dire: «Félicitations pour ton livre, pourquoi ne viens-tu pas à Londres pour voir comment commercialiser cet ouvrage». Et là j’ai dit que je n’avais pas d’argent et effectivement je n’en avais pas. Il téléphone à son frère Gil à Paris, lui demandant de me payer un billet d’avion et de me mettre quelques sous en poche pour que je vienne. Gil demande à son frère s’il a lu le livre, Bonito dit oui et qu’il trouve que c’est un bel ouvrage et Gil lui dit, lis cette page là où on dit que notre père n’a pas laissé d’enfants.

Et Bonito me rappelle: «ah bon, donc tu nous as traité d’imbéciles dans ton livre» et je répondis: «à chacun son jugement ». Voilà pour ce qui concerne le leadership, je ne crois pas que jusqu’à présent nous en ayons trouvé. A la première conférence de presse que j’avais tenue je disais qu’il faudra que nous nous trouvions un leader. Je vous parlerai de ce manque de leadership par cet exemple ci. La conférence nationale s’était tenue et à laquelle avait participé des gens qui n’avaient aucune vocation, aucune mission, qui avait trouvé la conférence comme une fiesta, comme un festival. Un exemple, quand en novembre, les gens avaient voulu faire une grève illimitée, moi j’étais déjà à Cotonou. De Cotonou, quand je l’ai apprise, j’ai dit écouter ne faites jamais ça. Cela ne se fait pas. Vous venez de faire une grève de trois jours qui avait reçu la participation de toute la population. Si nous considérons que nos frères kabyès constituent au moins 10% de la population et qu’il y ai eu 97% de participation à cette grève là, c’est-à-dire que au moins 7% de nos frères kabyès y avaient participé. La vérité ici est que tout le monde souffre et excusez moi, nos frères kabyès souffrent plus que nous. Je connais le nord, quand je suis rentré encore dernièrement en 2005, j’ai fait presque un an en visitant le pays en voyant ce qui s’y passe. Cette grève de trois jours avaient déjà prouvé au monde extérieur qu’Eyadema était vomi. Et donc quand ils avaient voulu faire une grève illimitée, j’ai dit, ne le faites pas, ils ont insisté. Vous voulez faire la grève le 16, en syndicalisme aucune grève ne se fait en milieu de mois. Nulle part sur la terre cela ne s’est fait.

Ils lancent une grève le 16 novembre, alors que personne n’avait plus d’argent dans les poches, c’était criminel. Juste pour vous dire que nous n’avons pas de leadership.

Maintenant pour retourner à la situation de l’UFC avec Gilchrist Olympio, dans cet ouvrage sur les conférences en Afrique, je n’ai dit que du bien de Gilchrist Olympio. Parce que je me suis dit que le moment est venu, le peuple est derrière l’esprit de son père et non derrière lui et donc, dans mes analyses dans ce livre-ci, je n’ai parlé que de bien de Gil. Quand Gil l’a appris, j’étais allé le voir, il m’a payé un livre à 500 000  francs parce que, on a dit du bien de lui. Dans le premier livre dans lequel on n’a pas dit du bien de lui, il a refusé qu’on le ventile.

Ce que je sais de Gilchrist également, c’est que, en 1977, il y avait eu une tentative de coup d’Etat par mercenaires interposés. Ce coup d’Etat aurait pu aisément réussir si ce n’est par le fait de Gil. Gil a reçu de l’argent d’Houphouët-Boigny pour organiser ce coup d’Etat et il l’a fait. Il a envoyé des mercenaires qui ont passé deux mois ici à Lomé à l’Hôtel du Boulevard. Ils ont déjeuné avec Assila, avec Assih, et avec Eyadema lui-même. Le moment venu, pour faire le coup d’Etat, Gilchrist dit non, qu’il ne fallait pas le faire. Mais pourquoi il dit non ? Parce qu’il avait une réunion à New York. Toms qui était le chef de cette équipe demande pourquoi ? Il dit : « non, remettez à plus tard, dans dix jours ! ». Dix jours arrivés, les mercenaires disent : « nous allons faire le coup d’Etat tel jour ». Mais il refuse encore une deuxième fois. On demande pourquoi et il donne encore des raisons. La troisième fois, ils lui disent : « mais, écoutez nous voulons faire ce coup le mercredi prochain », ils lui avaient téléphoné de descendre immédiatement à Accra et que, s’il ne venait pas, eux ils le feraient et ils remettraient le pouvoir à un officier d’ici. Gil, pour éviter cela, recrute trois autres mercenaires, qui avaient pour mission de faire éventer le coup. Ces trois mercenaires, étaient partis de Londres, venant sur Accra, mais ils ont transité à Zürich. Il y avait trois vols quotidiens sur Accra. S’ils prenaient le vol direct sur Accra, peut-être que le plan qu’ils avaient ne réussirait pas, ils sont passés par Zürich où ils ont suffisamment bu. Ils voulaient prendre le vol mais ils avaient dans leurs sacs des objets étranges et la police leur demande.  Ils disent en titubant qu’ils allaient faire un coup d’Etat dans un pays voisin du Ghana, la police ne pouvait pas comprendre et on les arrête, c’était effectivement leur souhait. La police a saisi leurs passeports, on a interrogé Scotland Yard. Scotland Yard savait qu’un coup allait se faire au Togo mais s’était tu, les Etats-Unis également savaient.

Alors la Grande Bretagne qui n’avait plus d’ambassade à Lomé en 1977 l’a signalé à la Maison Blanche à Washington qui a appelé Mme Johnson, Ambassadrice des Etats-Unis ici à Lomé à l’époque qui était allée réveiller Eyadema à une heure (1 H 00) du matin  pour lui dire, «voilà il y a un coup d’Etat qui se prépare contre vous, faites attention». Gil ayant suivi tout cela, téléphone à Toms Keane, un sergent de la Royale Navy et responsable des opérations pour lui dire d’arrêter. Mais pourquoi ayant pris l’argent chez Houphouët Boigny, il n’a pas voulu accomplir la mission ? Houphouët-Boigny l’a avoué à Eyadema lors de notre sommet sur le café-cacao du 20 octobre 1979, Eyadema se plaignait auprès de Houphouët-Boigny et disait : « Nous sommes des collègues mais tu finances mes ennemis qui veulent me tuer ». Houphouët-Boigny lui a répondu : « vous êtes un collègue peut-être, « peut-être », a-t-il dit. Vous êtes mon fils ». Ces enfants-là, il les aidait jusqu’en 1977. Mais, vu qu’ils n’ont même pas réussi le coup qu’ils devaient faire, il a trouvé qu’ils sont des incapables et il les a laissés tomber.

 Pour ce qui concerne cette tentative de coup d’Etat de novembre 1977, quand moi j’ai eu la bande, c’est moi qui l’ai transcrite et traduite. Arrivé à Paris, j’ai cherché Lawson Merleau, c’était la deuxième personne que j’avais rencontrée après Eric Amerding, j’ai dit : «mais, qu’est-ce qui s’est passé ? ». Pourquoi vous n’avez pas pu réussir ? Il me dit que « c’est cet imbécile de Gil qui l’a fait ». J’ai dit mais, en quoi est-ce que Gil est-il un imbécile ? Et il m’a répété in-extenso ce que Toms Keane a dit à Eyadema, au Colonel Assila, au commandant Assih, Laclé. Quand Toms Keane était allé voir Eyadema et les autres, il leur a donné un plan, il dit « Assila, je sais que vous êtes un vrai militaire, étudiez ce plan et dites-moi si avec ce plan nous pouvons tuer Eyadema et vous tous oui ou non ? ». Assila l’a vu, l’a passé à Assih. Ils ont dit : « Oui, vous pouvez réussir ». Toms Keane leur dit qu’ils ont fait six plans et qu’il n’y avait pas de similitude entre aucun d’entre ces plans et que si d’ici midi, -il était neuf heures-  ils ne retournaient pas à Denou, que cette nuit, ils seraient tous morts. Que ses gens sont déjà à Lomé et il réclamait un million de dollars. Un million de dollars faisait deux cent cinquante millions de francs Cfa. Eyadema a appelé Klutsè Michel Diercteur de la BCEAO de leur amener trois cent millions de fcfa et ont leur a amené les trois cent millions et ils sont partis. C’est pour dire que Gilchrist n’a jamais voulu la libération de ce peuple. Déjà, Gilchrist a pour épouse, aujourd’hui, une ancienne copine d’Eyadema. Je crois que ce que je dis, peut  être considéré comme une chose assez grave. Une ancienne copine d’Eyadema, que je connais, que beaucoup de gens connaissent mais ils se taisent là-dessus, non seulement c’était la copine d’Eyadema, mais Eyadema la passait à Bongo, la passait à Mobutu. Comment est-ce que quelqu’un qui est bien pensant, qui sort d’une maison responsable, une maison  digne peut-t-il agir de cette façon?

Après ses tentatives de 1977, en décembre 1985 nous avions voulu faire un autre coup d’Etat, Gilchrist l’a su par Lawson Francisco et il nous a trahis directement à Eyadema.Et puis en 1986 aussi, les 22-23 septembre 1986, c’était un coup qui était également réussi, Gilchrist l’a fait trahir par Ozou Ouzou, un certain policier Akposso. Il était Sergent dans la police, il a volé on a voulu l’arrêter et il a fui pour aller se refuger au Ghana. Quand il est descendu à Accra en 1985, il était allé voir Gilchrist et lui a dit qu’il est opposant. Gilchrist le prend et il le met dans le top niveau de l’organisation militaire du groupe. Lawson Merleau s’y était opposé, Lawson Francisco s’y était opposé, mais lui il a insisté, puisque ceux qui vont nous aider à utiliser le terrain ghanéen étaient ses amis.  C’est ainsi qu’ils ont dévoilé le coup où on a tué quatorze de  nos hommes qui étaient là à Lomé cette nuit du 22 septembre.

Après cela, prenons la Conférence nationale. A la conférence nationale, les trois quarts des gens, voulaient le Professeur Gnininvi. Le Professeur Gnininvi,  Secrétaire général d’un grand parti était candidat à l’élection pour le poste de Premier ministre. Gilchrist était allé voir le Professeur Gnininvi et l’a fait certaines propositions qu’il a refusées, il est allé voir Koffigoh et lui fait les mêmes propositions qu’il a acceptées. Il s’est conduit de cette manière récemment, par exemple pour prouver sa méchanceté, sa ténacité à briser tous nos efforts, à faire échouer tous nos efforts. Gilchrist, et cela est vrai, était allé voir le président Mills, un mois et demi après sa prise de fonction, soit il est méchant, soit  il n’est pas intelligent, ou alors il ne connaît pas la politique. Un mois et demi après l’élection de Mills, il était allé le voir et on l’a renvoyé tout  simplement parce qu’il a un dossier qui n’est pas très beau, qui n’est pas très gai. Maintenant, pour que quelqu’un d’autre que lui ne puisse pas aller voir Mills, Gil est venu ici déclarer qu’il était allé voir le gouvernement ghanéen et que le gouvernement ghanéen est désireux de les aider, ce qui était faux, parce qu’on l’avait renvoyé.

Je crois que ma mission principale, c’est que nous déshabillons Gil, que nous sachions qu’il n’a jamais été de l’opposition. Je suis très heureux qu’il se soit dévoilé lui-même, qu’il se soit exposé lui même et il nous reste à nous maintenant, de savoir comment nous avons mené la lutte pour nous libérer.

Dans l’ouvrage que j’ai écrit, je dis, « le Togo souffre de la France, le peuple togolais courageux, vaillant et travailleur, souffre néanmoins du peuple français, peuple indigne, incapable, sournois et perfide qui a toujours réussi à faire son histoire par et grâce au peuple africains et arabes». Comme le disait bien leur président François Mitterand, « sans l’Afrique, la France n’aura pas d’histoire au 21ème siècle ». Peut être elle en aura, peut qu’elle n’en aura véritablement pas. Notre ennemi principal c’est la France, elle ne veut pas du tout que nous évoluons. Nous n’avons qu’à nous rappeler cette déclaration de Charles Degaulle, ce fameux 2 février 1944 que l’Afrique n’a pas droit à l’indépendance, et que la France ne voulait pas.

Jacques Chirac, quand il était maire de Paris,   nous étions à Paris le 27 octobre 1981, et j’étais avec Eyadema dans son salon quand le téléphone sonne. Je prends le téléphone, « Allo!», il dit « Mon Général je suis au garde-à-vous »,  je dis, « qui êtes-vous ? A qui voulez-vous parlez ? ». Il dit « Mon Général ». Et je lui dit, « écoutez, ce n’est pas ce qu’on vous demande, vous êtes qui ? » et il raccroche. Eyadema me demande c’est qui et je lui dit c’est quelqu’un qui s’est trompé de numéro. Cinq minutes après, le téléphone sonne de nouveau, je décroche et il dit qu’il est Jacques Chirac et je lui dit, écoutez de quel service êtes-vous? Vous travaillez où? Je savais qu’il était maire de Paris. Je dis alors, vous avez de la chance, dans notre délégation, nous avons votre homologue de Lomé, je peux m’arranger à ce qu’il vous reçoive, il se fâche et il raccroche. Eyadema me demande c’est qui? Je lui dit que c’est un certain Monsieur qui dit qu’il s’appelle Chirac, il a hurlé il dit que c’est le président de la France, je lui dit mais Monsieur le président,  ce n’est plus Mitterand le président de la France ? Il dit que les deux sont les barbouzes. Il ne pouvait pas me demander de sortir, il me demande d’aller voir les hélicoptères que nous avons commandés, mais c’était en réalité pour m’éloigner.

Je crois qu’il a rappelé après et Eyadema lui a dit de venir s’il avait le temps. Après quarante minutes, l’autre se pointe. Nous étions à peut près treize ministres et Conseillers assis. J’ai vu que tout le monde s’était levé, tous les ministres s’étaient levés, moi aussi je m’étais levé d’instinct.

 Il était parti chercher combien chez Eyadema ? Trois milliards de Francs. Trois milliards de Francs que vous ne donnerez certainement pas si vous étiez chef d’Etat parce qu’il y avait une somme de problèmes dans le pays. Moi j’ai dit qu’il faudra que nous sachions que notre ennemi principal, c’est la France.

Transcription  du confrère Liberté Hebdo

Laisser une réponse