Aimé Gogué : Si les ministres AGO ont les mains libres et leur propre budget,alors je suis inquiet

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Lynx.info : Faure ne vous a pas donné la chance de discuter avec lui au FRAC.
Mais plutôt Gilchrist Olympio. Comment vous l’expliquiez ?

L’invitation adressée aux partis politiques paraissait à première vue
compréhensible et une excellente idée. Cependant, pour les partis membres du
FRAC, la résolution de la crise que vivait le Togo après l’élection
présidentielle du 4 mars 2010 ne pouvait être résolue uniquement à partir de la
formation d’un gouvernement. Même si gouvernement consensuel il devrait y avoir,
il était indispensable d’avoir une même lecture des problèmes du pays et de se
mettre d’accord sur les politiques et programmes à mette en œuvre pour les
résoudre. En plus de cela, Le FRAC conteste les résultats validés par la Cour
Constitutionnelle. L’invitation qui avait été adressée à l’UFC avait été
considérée par Monsieur Gilchrist Olympio comme une invitation institue
personae.

Pour la formation du gouvernement « de grande compétence et de large union
nationale », le Premier Ministre avait invité séparément les partis politiques
membres du FRAC alors qu’il savait très bien que ces organisations étaient
réunies au sein du FRAC. Les discussions avec le régime devraient avoir lieu
avant la désignation du Premier Ministre. Le régime en place est mieux placé
pour savoir les raisons pour lesquelles il n’a pas voulu discuter avec le FRAC.
Nous pensons que le régime était dans sa traditionnelle stratégie de diviser
pour régner. S’il est parvenu à « détourner » AGO, il a échoué à diviser le
FRAC.

Lynx.info : Mais sous quel label le FRAC, sans base juridique, peut continuer à
manifester quand le pouvoir parle d’illégitimité des marches ?

Nous ne voyons pas en quoi le statut du FRAC diffère de celui du COD dans les
années 1991 1992 et 1993, de la CFD en 2002, 2003 et de La Coalition en 2005. Et
qui plus est, le régime représenté par Monsieur Pascal Bodjona, Ministre en
charge de l’Administration territoriale et son collègue de la Sécurité et de la
protection civile, Monsieur Atcha Titikpina, avaient invité le FRAC à une
discussion suite aux évènements intervenus lors de la première veillée de
prières du FRAC au siège de l’UFC. Parler actuellement d’absence de base
juridique du FRAC est difficilement concevable d’autant plus les partis et
association au sein du FRAC sont légalement constitués et reconnus.

Nous pouvons supposer que les problèmes internes à l’UFC soient un prétexte pour
le gouvernement de trouver illégitimes les manifestations organisées par le
FRAC. Mais que reproche le gouvernement à l’Alliance des Démocrates pour le
Développement Intégral (ADDI) et au Pacte Socialiste Républicain (PSR), deux
partis politiques légalement constitués, qui, depuis quelques semaines, sont les
signataires des lettres informant les Ministères de l’Administration
territoriale et de la Sécurité des marches. Conformément à la constitution de ce
pays, ils ont droit d’organiser des manifestations sur toute l’étendue du
territoire.

Lynx.info : On dit que Pascal Bodjona et Faure Gnassingbé ont réussi à ramener
le Togo sous la période du parti unique. C’est votre avis aussi ?

Il est vrai qu’il y a des reculs sérieux sur beaucoup d’aspects des droits de
l’homme : tentatives de dissolution du parti politique OBUTS ; prise de partie
éhontée dans un conflit interne d’un parti politique, notamment l’UFC, procès en
cascade contre les journaux supposés proche de l’opposition ; arrestations
arbitraires de sympathisants de l’opposition ; actes d’intimidations ; entraves
à la liberté de culte et de manifester, etc. Nous vivons effectivement une
situation très grave dans le pays surtout depuis l’élection présidentielle de
mars 2010.
En intégrant l’aile UFC de Monsieur Gilchrist Olympio, le régime avait pensé
avoir réussi à faire disparaître l’opposition togolaise. Il ne faut pas aussi
oublier que des organisations de la société civile (syndicats, ONG,
associations, etc.) sont à la botte et à la solde du régime. Il n’est donc pas
surprenant que Faure Gnassingbé ait pensé avoir une fois pour toute muselé
l’opposition à son régime ce qui devrait ainsi lui permettre de gouverner comme
bon lui semble avec une soumission totale de la population.

Alors, sommes-nous dans une période analogue à celle du parti unique ?
Les Togolais n’accepteront plus en aucun cas retourner à la période du parti
unique et ce pour plusieurs raisons. D’abord, les actions du FRAC, depuis plus
de cinq mois révèlent clairement qu’il y a au Togo une opposition plus
déterminée à donner un sens au vote et lutter pour la promotion de la démocratie
au Togo. Ensuite, les manifestations de la population suite à l’augmentation des
prix des produits pétrolier révèlent clairement l’ampleur de la résistance de la
population à subir tout dictat. Enfin en dépit du harcèlement du gouvernement
contre eux, des journalistes de la presse privée restent et demeurent serein
dans leur profession de fournir à la population des informations objectives sur
la situation politique et sociale du pays.
 
Lynx.info : Arrestations et plaintes tous azimuts des politiques et journalistes
au Togo. Faure semble ne pas être inquiété. C’est un échec pour vous  au FRAC ?

Les multiples violations des droits de l’homme devraient être une préoccupation
de l’ensemble de la population et non seulement du FRAC. Les associations des
droits de l’homme et de la société civile devraient d’ailleurs être les premiers
à se mobiliser contre ces dérives du régime en place.

Pensez-vous que le fait que les forces de l’ordre s’attaquent au vue et au su de
tout le monde, en plein jour d’un député à l’Assemblée Nationale, soit un échec
du FRAC ? Que les députés, tout bord confondu, se taise et laisse tabassé un de
leurs collègues par un simple agent de l’ordre est une insulte grave à cette
institution. J’ai donc été très désagréablement surpris que les députés de notre
illustre Assemblée Nationale n’aient pas réagi suite au traitement subi par un
de leurs collègues, notamment Monsieur Jean Pierre Fabre, le samedi 28 août et
le mercredi 1er septembre 2010. Ce comportement est encore plus incompréhensible
de la part des députés du CAR et de la tendance UFC-AGO ! Ce qui arrive
aujourd’hui à Monsieur Jean Pierre Fabre peut arriver à n’importe quel député,
quel que soit sa tendance politique : n’oublions le cas de Kpatcha qui croupit
sans jugement depuis plus un an en prison. Cette façon de ne voir en acte posé
qu’un individu qu’on n’aime pas est une mauvaise jurisprudence pour
l’institution. Il est question ici de valeurs et de principes qui fondent la
respectabilité des membres des institutions et des institutions elles mêmes.

Si le FRAC s’implique dans la lutte c’est parce que la société civile togolaise
est faible et n’est pas suffisamment organisée pour mener une lutte contre ces
dérives du régime en place.

Cette situation détestable s’explique. Ce n’est pas uniquement le résultat des
achats des consciences qui ont lieu en une grande échelle ! Mais c’est aussi le
déni de l’estime de soi par un bon nombre de compatriotes gangrénés par la peur
et la misère.

Le régime en place a réussi par des intimidations, des emprisonnements sans
jugements, etc. à faire peur à la population. Or la peur est le terreau de la
dictature.
Nous ne devons donc pas être tétanisés par la peur. Nous devons nous rappeler de
nos parents ou grands parents nationalistes qui durant la période coloniale,
lorsque la répression était violente, n’avaient pas cédé à la peur même s’ils
étaient traités moins que des êtres humains. Nous devons prendre exemple sur le
comportement de nos sœurs et frères Sud africains qui, au plus fort de
l’apartheid, pourchassés par des chiens entraînés pour les briser, ont fait face
à la machine répressive du pouvoir en place pour montrer au monde entier leur
détermination pour plus de liberté au bénéfice de tous les Sud Africains. Nos
parents et grands parents ainsi que les Sud Africains ont puisé dans cette
adversité des énergies nouvelles pour poursuivre la lutte et gagner la victoire.
Comme le disait Winston Churchill dans un de ses discours, « Nous ignorons ce
qui nous attend. Il se peut que nous ayons devant nous de plus dures épreuves
encore. Mais quoi que l’avenir puisse nous réserver, nous sommes prêts à y faire
face.
» Nous invitons les Togolais et les Togolais à se joindre à nous pour ce
combat noble pour un Togo uni.

Lynx.info : Pour Kofi Yamgnane, s’était une erreur de Jean-Pierre Fabre ne pas
aller au congrès de Gilchrist Olympio. C’est votre avis aussi ?

Je suis convaincu que le Bureau National de l’UFC, dont les membres sont de loin
des stratèges et de fins politiciens, a certainement examiné cette option avant
de l’écarter. De notre point de vue, un certain nombre de constats de notre part
milite en faveur de l’option prise.

D’abord, conformément à l’article 14 des statuts de l’UFC, le congrès est
convoqué par le Conseil Exécutif National en assemblée ordinaire et par le
Bureau National en séance extraordinaire. Nulle part dans les textes de ce
parti, il n’est indiqué qu’il revient au Président National  de convoquer le
congrès. A cet effet, nous ne comprenons d’ailleurs pas que des gens luttant
pour la démocratie puissent trouver normal que le Président National d’un parti
quel qu’il soit puisse convoquer tout seul le Congrès du parti auquel il
appartient, fusse-t-il président fondateur !

En outre, si vous vous rappelez, quelques jours avant les deux congrès, 35 des
40 fédérations que compte l’UFC, avaient apporté leur soutien au groupe de
Monsieur Jean Pierre Fabre. La déclaration de soutien a été faite publiquement
devant la presse et au siège de l’UFC. Dans ces conditions, seulement cinq
fédérations devraient être favorables à la tendance de Monsieur Gilchrist
Olympio. Mais comme vous l’aviez constaté, Monsieur Gilchrist Olympio a fait son
congrès avec des « représentants » de plus d’une trentaine de fédérations. Un
simple calcul arithmétique indique que cela n’est pas possible. Il se pose alors
un problème : qui a représenté les vingt cinq autres fédérations supposés avoir
participé au congrès de Monsieur Gilchrist Olympio : certainement pas les
premiers responsables de ces fédérations. Si tel est le cas, il y a un paradoxe
: quand Monsieur Gilchrist Olympio et le pouvoir en place défendent le fait
qu’il revient au Président National de parler au nom du parti, c’est qu’ils
montrent la place qu’occupe le premier responsable. Cela devrait être également
le cas pour les autres structures du parti. Pourquoi a-t-on alors mis de côté
les décisions des premiers responsables des fédérations.

Enfin, comme vous le savez également, Monsieur Gilchrist Olympio n’avait pas le
contrôle du Bureau National, acquis à Monsieur Jean Pierre Fabre. Non content de
cela, Monsieur Gilchrist Olympio a formé, à lui tout seul un autre Bureau
National ! Même en prenant la composition de ce bureau on s’aperçoit rapidement
qu’il y avait qu’une majorité très faible.

Dans ces conditions, à première vue, la tendance de Monsieur Gilchrist Olympio
ne pouvait gagner aucun vote à un congrès normalement convoqué. Mais conscient
des pratiques d’élections frauduleuses dans notre pays, tout était mis en œuvre
pour lui permettre un passage en force. Les exemple des différents votes à la
Fédération Togolaise de Football, avec son cortège d’achats de consciences,
d’intimidations et de parjure, le cas des différentes élections politiques
(législatives et présidentielles) où le régime en place fait jurer sur les
livres saints, partage nuitamment de l’argent, la nourriture et des friandises à
des premiers responsables dont la conscience émoussée par la pauvreté ne font
rien pour la régularité du scrutin. Les dés étant donc pipés d’avance, les
autres n’étaient certainement pas prêts à leur donner cette occasion.

Dans ces conditions, ne pas avoir participé au congrès de Monsieur Gilchrist
Olympio ne constitue pas pour nous une erreur de la part de Monsieur Jean Pierre
Fabre

Lynx.info : Parlons du contrat né avec le RPT. Gilchrist dit que ses ministres
ont des mains libres et leur propre budget. C’est  une raison suffisante pour
parler de réformes avec le RPT ?

L’entrée des membres de l’UFC tendance de Monsieur Gilchrist Olympio au
gouvernement n’est pas un mal en soi : un ministre travaille pour le peuple et
non pour un parti ou pour un individu. Si les ministres AGO ont les mains libres
et leur propre budget alors je suis très inquiet. D’abord les cabinets de
beaucoup de ses ministères ne sont pas encore modifiés conformément au contenu
de l’accord et ceci plus de trois mois après la prise de fonction du
gouvernement. Si à ce premier échelon leur marge de manœuvre est si limitée on
se demande alors quels actes de politique majeur de leur département peuvent-ils
prendre ? C’est à cet effet que nous nous demandons par exemple si l’actuel
Ministre des Affaires Etrangères a participé au choix des nouveaux ambassadeurs
que le Togo vient de nommer. Si oui, combien reviennent à l’UFC conformément à
l’accord signé ? Enfin, s’ils ont les « pleins » pouvoirs en tant que ministres,
cela veut dire qu’ils cautionnent les multiples violations des droits de l’homme
dont nous venons de parler ! Depuis plus de six ans le Togo n’a plus connu
d’harcèlement aussi poussé des journalistes comme nous le vivons ces derniers
temps avec un portefeuille du ministère des communications détenu par un AGO !
Il aurait pu proposer une politique pour une meilleure professionnalisation des
agents de presse. Et que dire des performances du ministre en charge de la
promotion de la démocratie, de l’état de droit !

L’accord signé entre l’UFC tendance de Monsieur Gilchrist Olympio et le RPT
stipulait que les réformes seraient réalisées dans six mois. Il leur reste
encore deux mois ! Nous sommes déjà surpris que Monsieur Gilchrist Olympio ait
accepté l’organisation des élections locales avec la liste électorale actuelle.
Mais ne dit on pas que « qui vivra verra ? »

Lynx.info : Mais Gilchrist semble optimiste là où Blaise Compaoré a échoué
depuis toujours. Avez-vous confiance en lui ?

Ne connaissant pas dans les détails les objectifs et la mission du Président
Baise Compaoré, il nous est difficile de dire qu’il a échoué depuis toujours.

Pour ce qui concerne Monsieur Gilchrist Olympio, peut être qu’il a ses raisons
d’être optimiste. Ce n’est pas parce que Blaise Compaoré a peut être échoué que
lui ne peut pas réussir. Je suis convaincu que pour la résolution de la crise
togolaise, les Togolais doivent se faire confiance et pouvoir dans ces
conditions négocier directement sans intermédiaire. Cette stratégie n’exclut pas
un accompagnement de la communauté internationale. L’exemple de l’Afrique du Sud
est suffisamment illustratif à cet égard pour que nous nous permettions le luxe
de ne pas en faire la démonstration.

Que Monsieur Gilchrist Olympio négocie directement avec le RPT n’est pas le
problème. Mais ce qu’on lui reproche c’est le fait que, sans avoir pris une part
active à l’élection présidentielle de 2010, qu’il ait décidé de discuté tout
seul des problèmes nés de cette consultation avec le pouvoir sans associer : (i)
le candidat de son parti ; (ii) le FRAC, l’organisation qui a soutenu Monsieur
Jean Pierre Fabre, candidat de son parti ; et (iii) les autres formations
politiques qui ont pris part à ce scrutin et qui ont relevé des problèmes de
nature à remettre en cause la paix civile dans le pays.

Mais pour ce qui concerne le contenu de cet accord, nous nous demandons si
Monsieur Gilchrist Olympio était véritablement motivé par la résolution de la
crise togolaise. Les conditions dans lesquelles il se trouvait pouvaient-elles
lui permettre d’obtenir mieux ?

Lynx.info : Quel regard portez-vous sur le plan socio-économique de la gestion
de Faure ?

Tout Togolais peut donner une réponse à cette question. Pour s’en convaincre
aller dans la rue de toute localité du Togo pour s’enquérir auprès des passants
s’il y a une amélioration ou une dégradation de leurs conditions de vie : la
gestion socio économique du régime en place est simplement calamiteuse. Il faut
voir les chiffres sur l’exécution budgétaire pour s’en rendre compte. Les
dépenses effectuées au premier trimestre pour la lutte contre la pauvreté
(santé, protection sociale et enseignement) sont inférieures aux prévisions qui
sont déjà par ailleurs très faibles ! Et dire que du fait des détournements et
des surfacturations, ces dépenses ne bénéficient pas effectivement pas aux
catégories et secteurs concernés ! Il n’est donc pas surprenant que les centres
de santé manquent de médicament et sont qualifiés de « mouroir » ! Le taux de
succès aux examens de fin d’année, notamment au baccalauréat deuxième partie,
donne  une idée des conditions dramatiques dans lesquelles fonctionne le système
éducatif du pays. Il en est de même pour ce qui concerne les dépenses
d’investissement censées jeter les bases pour un développement durable dans le
pays. L’état désastreux des pistes rurales, des routes et des rues n’est donc
que la conséquence de cette gestion des ressources publiques. La performance à
signaler c’est probablement le nombre de voyages effectués par les gouvernants à
l’extérieur du pays. Pour s’en convaincre, comptez le nombre de sorties
effectuées par Monsieur Faure Gnassingbé depuis la dernière élection
présidentielle. Connaissez vous combien coûte une seule de ses sorties pour les
ressources budgétaire de ce pays, en termes d’indemnités de membres de sa
délégation, la location de l’avion, etc.

En dépit des efforts réalisés cette année, des services de l’Etat ont des
budgets de fonctionnement très limité et dans biens de cas inférieur aux
dotations pour carburant du ministre de tutelle !

C’est pour tout cela que nous ne devons pas baisser les bras. Nous devons
poursuivre la lutte.

Lynx.info : La Commission Vérité Réconciliation de monseigneur Barrigah, elle
vous inspire confiance à l’ADDI  votre parti ?

Monseigneur Barrigah est une personnalité de grande compétence et d’une
excellente moralité prouvée. Il a fait ses preuves sur le plan international. A
priori une commission qu’il dirige devrait faire du bon travail. Cependant, les
conditions au Togo ne sont pas les mêmes que celles qu’il avait dans des pays de
l’Afrique centrale où il a fait étalage de ses compétences. En effet, ceux qui
avaient plus créé du tort à la population n’étaient pas au pouvoir. Ce qui est
loin du cas du Togo. La composition de cette commission pose également problème
: des gens dont le comportement a conduit à des massacres de la population
occupent des postes de premiers rangs dans la commission qu’il préside !
En dépit de ces déficiences de départ nous avons demandé à nos militants de lui
faire au début confiance. Nous avons cependant désenchanté très vite. Le silence
de la Commission sur les dérives actuelles semblent justifier qu’ils veulent se
cantonner sur les actes de la période allant de 1958 à 2005 tel que prévu par
leur mission. Il est difficile de comprendre qu’après ce qui s’était passé au
CESAL (« vol » du matériel de compilation des résultats du candidat du FRAC),
qu’en dépit des violations actuelles des droits de l’homme, des intimidations
incessantes, des arrestations arbitraires qui sont redevenues monnaies
courantes, que les membres, probablement honnêtes de cette commission, puissent
croire un seul instant que des Togolais viendront spontanément accusés des
tenants du régime, ayant à leur disposition des forces de l’ordre dont des
éléments ne connaissent que la violence ! Il ne faut malheureusement pas espérer
qu’il y aurait démission des membres de cette commission. L’expérience a montré
qu’une institution créée trouve tous les moyens pour justifier son existence. Au
regard de tout ceci, l’ADDI ne pense pas que la Commission puisse atteindre ses
objectifs qui lui sont assignés
.

Lyxn.info : Merci Pr Gogué

Propos recueillis par Camus Ali Lynx info.

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