Affrontements entre Kabyès et Kotokolis à Kétao suite à une dispute entre deux jeunes

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Plusieurs blessés dont un cas grave et d’importants dégâts matériels. Kétao, une ville, une histoire. Pendant longtemps, Kétao a toujours connu des affrontements entre les Kabyès (autochtones) et les Kotokolis pour diverses raisons. Vendredi dernier encore, c’était la chasse de l’homme par l’homme entre les autochtones et les Kotokolis. Pourtant la majorité de ces deux ethnies pratique une même religion qui est l’Islam. Le choix de l’imam qui a eu lieu, il y a déjà un an, était au cœur des affrontements dans cette ville située à moins d’une dizaine de kilomètres du Bénin. Plusieurs blessés dont un dans un état critique et d’importants dégâts matériels ont été enregistrés.

En effet, à la mort de l’imam de la ville de Kétao, il a fallu procéder au choix d’un remplaçant. Pour ce faire, la communauté musulmane s’est réunie pour des concertations qui, malheureusement, n’ont pas été fructueuses. La communauté musulmane s’est divisée. D’une part, un groupe majoritairement composé de Kotokolis qui voulait que le nouvel imam soit le fils de l’imam défunt, et de l’autre les autochtones s’y opposaient. Cette mésentente avait même conduit à un affrontement en août 2012 causant également d’énormes dégâts. Avec l’intervention des autorités locales, la situation s’est apaisée et finalement c’est un Nigérian qui a été nommé imam en vue de départager les deux parties.

Malgré tout, cette communauté musulmane à Kétao est restée toujours divisée. Le camp qui exigeait la nomination du fils de l’imam défunt a refusé d’assister aux prières à la grande mosquée de la ville où elles sont dirigées par l’imam choisi et dont la tête ne leur plaît pas. Certains d’entre eux préféraient aller dans les mosquées des localités environnantes, d’autres allaient même jusqu’à Kara pour les prières de vendredi. A cette allure, c’était prévisible qu’une étincelle fasse exploser la poudrière un jour.

Malheureusement, c’est à cette triste et regrettable scène que nous avons assisté vendredi dernier. Une simple dispute entre deux jeunes, l’un Kotokoli et l’autre Kabyè après la grande prière, a fait exploser la poudrière conduisant à un affrontement sanglant entre les deux peuples. Plus nombreux, les autochtones, machettes, coupe-coupe, couteaux, gourdins et bidons d’essence en main, ont sauvagement abattu les troupeaux de moutons et de bœufs appartenant à des membres de l’autre communauté, brûlé des boutiques, des maisons, bref tous les biens appartenant aux Kotokoli. Plusieurs blessés dont un dans un état grave ont été également enregistrés. Il faut souligner que la passivité des éléments des forces de sécurité dépêchées sur les lieux d’une manière ou d’une autre a contribué à l’ampleur des dégâts. « Bras croisés, ces soldats ont regardé faire », a confié un témoin.

Actuellement, la vie est morose à Kétao. Beaucoup de Kotokolis ont quitté les lieux pour se refugier ailleurs. Certains se sont retrouvés au Bénin et d’autres ont regagné leurs milieux d’origine tels que Bafilo, Sokodé, Kara et Tchamba.

Cette situation est très grave et peut entraver la réconciliation appelée de tous leurs vœux par le pouvoir. Alors il urge que les autorités prennent ce problème à bras le corps afin que le pire soit évité.

Jérémie G., Correspondant

Région de la Kara

Liberte hebdo

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