Arrestation et emprisonnement arbitraires de 4 responsables étudiants de l’Université de Kara

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Chers camarades et amis,

Nous avons été alertés que, ce jeudi 16 février 2012, alors qu’ils étaient réunis en Assemblée générale sur le campus de l’Université de Kara, la soldatesque du régime RPT de Faure GNASSINGBE a violemment dispersé les étudiants.

Le lendemain, vendredi 17 février, alors que les étudiants étaient à nouveau réunis en Assemblée générale pour poursuivre celle de la veille, les mêmes forces de répression intervenaient, en violation des franchises universitaires, pour disperser à nouveau cette réunion et procédaient, sur place, à l’arrestation arbitraire de ALINKI Moukalawa, président de l’Union nationale des élèves et étudiants (UNEET), malgré la résistance des étudiants.

Une chasse à l’homme fut alors lancée contre les autres responsables de l’UNET qui se sont échappés pour se mettre à l’abri de cette répression.

Le samedi 18 février, 5 autres responsables étudiants étaient arrêtés dont Birénam BITSIOUDI dit « Colonel Bits » et Massama AGNITE dit « Guillaume Soro » qui ont été arrêtés près de la frontière du Bénin après avoir été traqués et pourchassés par les forces de la Gendarmerie et de la Police de Kara.

Il faut rappeler que ces deux derniers avaient déjà été arrêtés le lundi 26 décembre 2011, lors de la première grève des étudiants de l’Université de Kara, et leur libération n’avait pu être arrachée à l’époque que grâce à la mobilisation des élèves et étudiants qui avait déferlé sur tout le territoire du Togo.

Après que 2 des étudiants arrêtés ont été libérés, les trois autres arrêtés le samedi 18 février étaient maintenus en détention avec le président de l’UNEET qui avait été arrêté dès le vendredi 17 février.

C’est donc au total 4 étudiants : ALINKI Moukalawa, président de l’Union nationale des élèves et étudiants (UNEET), Birénam BITSIOUDI dit « Colonel Bits », Massama AGNITE dit « Guillaume Soro » et PATOKE, tous membres du bureau de l’UNEET, qui ont été présentés, le samedi 18 février 2012, au juge d’instruction du Tribunal de Kara. Ce dernier décidait alors de les déférer à la Prison civile de Kara sous le ridicule chef d’accusation d’avoir organisé une « manifestation interdite », alors qu’il ne s’agissait que d’une Assemblée générale des étudiants convoquée pour discuter des revendications étudiantes et de l’action à mener pour obtenir leur satisfaction.

Il faut rappeler que la lutte exemplaire des étudiants de l’Université de Kara avait amené tous les étudiants, enseignants, le peuple togolais tout entier et même le gouvernement togolais à reconnaître la légitimité des revendications qui en font l’objet jusqu’aujourd’hui. C’est pour cette raison qu’un certain nombre de ces revendications ont été satisfaites alors que les autres sont restées sans solution jusqu’à ce jour.

Il est donc clair que l’arrestation et l’emprisonnement arbitraires des 4 responsables étudiants, membre
de l’UNEET, relève d’une volonté répressive du gouvernement RPT dirigé par Faure GNASSINGBE dans l’unique objectif de rejeter les revendications qui restent à satisfaire et de faire régner un climat de terreur sur les étudiants de l’Université de Kara propre à dissuader tout mouvement revendicatif.

Au moment où des mouvements revendicatifs déferlent aujourd’hui sur tout le Togo dans tous les secteurs socioprofessionnels, il est donc clair aujourd’hui que la véritable fonction de la Loi Bodjona, adoptée à marche forcée il y a de cela près d’un an, apparaît à nouveau sous son vrai visage de loi liberticide destinée à criminaliser les revendications à caractère social en s’en prenant à la pointe avancée des secteurs en lutte que constitue la mobilisation des étudiants de l’Université de Kara.

Parce qu’il s’agit de mesures arbitraires qui portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution togolaise, le peuple togolais et l’opinion internationale doivent se mobiliser pour arracher la libération inconditionnelle et immédiate des 4 étudiants de l’Université de Kara arbitrairement et illégalement détenus.

Lomé le 20 février 2012

Claude Ameganvi

 

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