Togo : Le Goulag s’installe à Kara !

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À chaque pays son goulag sommes-nous tentés de dire. Et Faure Gnassingbé a compris que, pour la survie de son pouvoir, sa dictature devrait installer un centre de tortures proche de celle connue par les russes en Sibérie. Ici, on ne raisonne plus en termes d’étudiants pauvres qui ne demandent que de meilleurs conditions d’études, On ne raisonne plus en termes d’une jeunesse qui voit son avenir s’écrouler sous ses pieds. On raisonne  du côté du pouvoir , de jeunes qui ne veulent pas faciliter Faure à régner comme  son père défunt, dans la dictature biensûr. On raisonne en termes d’un président qui aurait apporté la paix et qui ne mérite pas qu’on ne le lui reconnaisse pas. Surtout qu’il aurait épargné le tout Kara des tortures de son frère cadet Kpatcha Gnassingbé selon ses apparatchiks. La dictature togolaise a appris depuis la nuit des temps à manger ses propres enfants.

 La preuve visible est la chasse aux étudiants partout où ils sont comme des animaux. Le but fixé est de tuer dans l’œuf toute révolution estudiantine qui peut contaminer d’autres pans de la société . Les premiers à écraser sont bien sûr ceux de la corporation estudiantine de l’UNEET, qui tiennent le flambeau de la contestation. Dans l’ordre, ALINKI Moukalawa, président de l’Union nationale des élèves et étudiants (UNEET), Birénam BITSIOUDI dit « Colonel Bits », Massama AGNITE dit « Guillaume Soro » et PATOKE, tous membres du bureau de l’UNEET se souviendront toute leur vie de la descente des zébrures rouges le 17 février 2012 lors de leur Assemblée. Coups de matraques, humiliations, injures, tortures, rien n‘a été laissé, moins ignoré. Il y a seulement moins de sept ans, tout le Togo pensait que Kara était le temple de la dictature togolaise. Aujourd‘hui la cité est devenu une poudrière où la révolution des « sans culottes à la Togolaise » peut commencer. Et apparemment, Faure Gnassingbé a bien compris que Kara peut lui réserver une surprise. C‘est ainsi qu‘il a pensé à la veille recette : « cogner ». Sinon, comment un chef d‘État d‘un pays qui a moins de 45 ans et qui est, de la même génération que tous ces jeunes qui cris leur raz le bol, et végètent pour avoir eu le tort selon le pouvoir d’étudier ne puisse pas souffrir dans sa chair quand ceux-ci souffrent ? Comment, un garçon comme Faure qui a listé un CV scolaire et universitaire aux Togolais  plus long que la liste de ses maîtresses ne puisse pas se rappeler que, aller à l‘université sans moyens est de la mer à boire?

Faure : insensible à tout   !

On a vu la manière dont il a pris de vitesse les Togolais en 2005 en faisant de l’école primaire une boîte gratuite, histoire de donner l‘image d‘un jeune réformateur. Résultat, 100 enfants se retrouvent dans les classes exigues. non ventilées et dépourvues de bancs. L’université de Lomé située à quelques mètres de ses bureaux de la Marina, il la regarde du haut de ses fenêtres comme un champ de manioc. Pis, quand le confrère Gomez de RFI installe ses caméras au sein de l’Université de Lomé, ce sont des étudiants hilares qui racontent au journaliste que les amphis n’avaient pas d’ampoules moins de sièges suffisants. Les avocats de Faure que sont, Gilbert Bawara et Robert Dussey viendront  arrondir les angles que, c’est pour bientôt l’État providence au Togo. La suite, on sait comment ils ont braqué les urnes et manipulé le VSAT lors des élections. Tous ces pachydermes à la solde de Faure savent comme leur mentor que, la dictature se nourrit d’une jeunesse fainéante et non instruite. Et leur patron Faure tient à faire autant d’années que son tyran de père défunt. Sans surprise, là où, il faut négocier pour trouver les solutions justes pour tous, le pouvoir envoie des juges plus zélés et des soudards  pour faire le  sale boulot. Sinon, la place de l’étudiant togolais est-elle dans une prison civile ? Et comme toujours, en déférant ces jeunes qui ont compris que, sans  botter le cul à un président qui ne comprend pas leur langage, leur avenir est plus que compromise, ce dernier aussi a plutôt choisi d‘être insensible à leurs doléances.  Et comme toujours, l’éternel et ridicule chef d’accusation est resté ,« manifestation interdite » alors qu’il ne s’agissait que d’une Assemblée générale des étudiants convoquée pour discuter des revendications étudiantes et de l’action à mener pour obtenir leur satisfaction. Bienvenue dans le Goulag de Kara !

Camus Ali Lynx.info

 

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