Acte III de la « semaine de l’Ivoirité» . Venance Konan : Quand il dénudait Ouattara !

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Au plus fort de la crise postélectorale, je crois  vous avoir envoyé un courriel dans lequel je vous disais de tempérer, et d’avoir le sens de la « mesure » que doit avoir un  journaliste responsable. Je vous rappelai que les « Blancs » qui vous ont donné des pages entières dans leurs journaux comme  Le monde, Jeune Afrique, Le Post, Slate Afrique….n’étaient pas des amis de  la Côte d’Ivoire moins de l’Afrique. Je me rappelle vous avoir rappelé que la « chevauchée fantastique » si je reprends vos mots  des rebelles (Khmers Noirs) que vous admiriez avec tant de zèle n’était pas la bonne manière d’aider la Côte d’Ivoire et les Ivoiriens. Aussi, je vous  rappelai que les flèches et le fiel que vous jetiez sur Laurent Gbagbo vous rattrapera un jour. Alors que du sang giclait, dans le tout Abidjan, c’est avec sourires que vous quittiez Paris pour la capitale dévastée, meurtrie et méconnaissable. Même les supporters les plus véhéments de votre nouveau maître, Alassane Ouattara avaient pour un temps disparu quand la sauvagerie de vos troupes s’était abattue sur la ville de Duekoué. Devenant le tout premier ivoirien à avoir été récompensé  pour l’effort de guerre fourni par la plume, vous cachiez les massacres dans le tout premier numéro de Fraternité Matin. Mais dis-moi Venance, quand Jean-Paul-Paul Sartre allait s’asseoir au Café les Deux Magots pour écrire et fumer son cigare, ce n’était point pour dresser les français les uns contre les autres. Dis-moi Venance, quelle formule mathématique ou mieux littéraire dit, qu’avant d’écrire il faut « singer » comme ces blancs avec une grosse pipe au bec ?

Après votre nomination comme directeur du journal gouvernemental Fraternité Matin, on se rendit à l’évidence, que ce fut votre véritable défi dans votre vie : celui de devenir Directeur de ce journal une fois dans votre vie. Venance Konan « l’ivoiritaire  » d’hier qui imbibait toute la Côte d’Ivoire de ce concept par des articles que nos confrères depuis Abidjan ont bien voulu nous envoyer est devenu le donneur de leçons de l’ivoirité. Merci l’artiste ! A présent et avant que le Lynx s’occupe de vous  au sens propre comme au figuré, je voudrais que tu lises avec moi ce que tu dis de ce gouvernement jamais vu en Côte d’Ivoire. Il est une chose, vous vous rappellerez tous  de Laurent Gbagbo un jour. Mais la question est celle-ci. Est-ce que l’africain dans  l’immense haine  qu’il voue à  son frère noir aura la force nécessaire pour dire haut et fort qu’il s’est trompé ?  Au demeurant, j’ai toujours appelé à Fraternité Matin pour avoir une interview avec Toi, mais je crois que, quand on est serviteur d’un boucher, il fait bon de se taire, faute de voir sa propre tête dans les couloirs au passage du Plateau. Même le Baoulé que tu es, n’a même plus sa place dans la République. Tu vois et conviens avec moi que le FPI c’était du baoulé, du malinké , du bété, du guerzé… au moins ? Bonne lecture mon frère !

Camus Ali Lynx.info

 NOTRE BIEN A TOUS

 

Le débat sur l’origine de Monsieur Alassane Ouattara est désormais clos, puisque son frère aîné nous a expliqué qu’en 1949, lorsque la Côte d’Ivoire et la haute volta sont devenues deux colonies bien distinctes, leur père a choisi de retourner chez lui à Sindou, dans l’actuel Burkina Faso pour ne plus revenir en Côte d’Ivoire. On ne voit pas pourquoi il serait retourné à Sindou pour y être chef si ce n’était pas chez lui.

Le choix du père Ouattara était clair. Jusqu’en 1947, la Côte d’Ivoire et la Haute-Volta formaient une seule colonie. Les fonctionnaires de l’époque étaient indistinctement affectés dans les localités de cette colonie. Nous connaissons beaucoup d’ivoiriens qui sont nés sur le territoire de l’actuel Burkina Faso parce que leur père y était fonctionnaire. Beaucoup de personnes sont descendues de la Haute-Volta pour travailler dans ce que l’on appelait la Basse côte. Lorsque le territoire a été scindé en deux colonies distinctes, et que l’indépendance n’apparaissait plus comme un simple rêve depuis le discours du Général De Gaulle de Brazzaville, chacun est retourné chez lui, pour aider à la construction du futur Etat. Certains d’entre eux ont activement participé à la lutte pour l’indépendance de la Côte d’Ivoire, à la lutte pour le développement de la Côte d’Ivoire. Ils sont tous connus. Et il ne viendra à l’idée de personne de leur nier leur qualité d’ivoiriens. L’histoire de la Côte d’Ivoire indépendante est récente et il reste encore beaucoup de témoins de la lutte émancipatrice encore vivants.

Le père Ouattara a choisi dès 1949 de rentrer en Haute-Volta. Au moment de l’indépendance, il n’est pas revenu en Côte d’ivoire pour se réclamer ivoirien. D’où vient-il qu’aujourd’hui son fils qui a vécu avec lui en Haute-Volta prétende vouloir régner sur les ivoiriens,

De 1960 à 1980, la Côte d’ivoire a connu une période de croissance qui a attiré beaucoup de ressortissants de pays voisins ou lointains. Tous les acteurs de cette période faste aux divers échelons de notre administration ou sur l’échiquier politique sont tous connus. Et nulle part n’apparaît le nom d’un certain Alassane Dramane Ouattara.

De 1980 à 1990, ça a été ce que l’on appelait la « conjoncture ». Comme partout sur le continent. Les ivoiriens se sont battus pour sortir de cette crise. Ils ont fait des sacrifices. Et personne ne se souvient avoir vu un certain Alassane Dramane Ouattara à cette époque. En 1990, le vent d’Est crée une nouvelle crise. C’est à ce moment qu’apparaît Alassane Dramane Ouattara. Houphouët lui fait appel pour une mission ponctuelle. Parce que Houphouët reste toujours à la barre. Ne jugeons pas les trois années de Monsieur Alassane Ouattara. Mais les ivoiriens se souviennent que peu de temps avant le décès d’ Houphouët, tous les clignotants étaient au rouge et que la menace d’une réduction des salaires était réapparue.

Fin 93. Houphouët meurt. Monsieur Alassane Ouattara part monnayer ses talents ailleurs. L’histoire de la Côte d’Ivoire continue, avec ses débats, parfois houleux, avec ses problèmes comme par exemple ceux de l’école, du code foncier, de la reforme des Institutions, de la négociation de la dette, de l’insécurité etc. A aucun moment Monsieur Alassane Ouattara ne participe à ces débats. A aucun moment il ne participe à la vie de la Côte d’Ivoire. A aucun moment on ne voit de quelle façon il apporte une pierre si petite soit-elle à la construction de la Côte d’Ivoire. Se refugiant derrière le très commode « droit de réserve », il ne se donne même pas la peine de donner ne serait-ce qu’un conseil, lui que l’on dit si brillant, pour la bonne marche de ce pays qu’il dit être le sien. D’où vient-il donc qu’il prétende aujourd’hui vouloir diriger ce pays ? Trois années. Trois petites années qu’il a passées dans ce pays qu’il veut diriger. Peut-il objectivement dire qu’il connaît ce pays, ce peuple ? Peut-il dire objectivement qu’il aime ce peuple ?

Que des ivoiriens qui soutienne Monsieur Alassane Ouattara se ressaisissent et comprennent que leur pays n’est pas une entreprise sur laquelle on fait une OPA (Offre Publique d’Achat) comme cela se fait dans le monde des affaires, où l’on achète des entreprises où on n’a jamais mis les pieds. Que ces ivoiriens-là se ressaisissent et comprennent que malgré nos différends, malgré ce que l’on peut reprocher aux uns et aux autres, notre pays est notre bien à tous, nous ivoiriens.

Que Monsieur Alassane Ouattara vienne, deux ans avant les élections créé des associations caritatives, distribuer de l’argent, critiquer ce que les autres ont fait ou n’ont pas fait, ne doit pas nous faire perdre de vue d’essentiel : cet homme n’a jamais été avec nous.

Fraternité Matin du 03 Juillet 1998

Venance KONAN

 

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