YES TO GO ! Discours – programme de candidature officielle de Kofi Yamgnane

0

Chers compatriotes,

Aujourd’hui, je suis venu devant vous pour porter officiellement à votre connaissance ma décision de me présenter à vos suffrages pour les élections présidentielles de 2010, et pour vous présenter mon projet de société pour un TOGO nouveau.

Mais avant de vous présenter ce projet, et de répondre aux questions éventuelles que certains d’entre vous auront envie de me poser, permettez une note toute personnelle pour vous dire à quel point dans les villes, dans les villages, dans les hameaux, dans les concessions, sous le manguier… lorsque je me retrouve à vos côtés dans votre riche diversité, je ressens en vous l’illustration et l’expression de ma propre fierté en même temps que celle de ma détermination, celle de mon espoir, et celle de ma certitude de résurrection pour le Togo.

LES TOGOLAIS

Togolaises, Togolais, Vous faites preuve d’un génie sans égal pour vous adapter aux difficultés qui s’accumulent devant vous, Vous maintenez la solidarité avec les vôtres, Vous n’avez jamais cédé aux guerres fratricides et ethniques, Vous n’avez jamais renoncé au combat politique, Vous n’avez jamais baissé les bras, bien au contraire, vous avez gardé la foi,

Et, au cours du périple de plus de 20 000 km que je viens d’effectuer en 6 mois, de canton en canton, sur les routes et pistes de notre pays, j’ai pu mesurer votre attente du changement et votre attente me concernant.

LE TOGO

Notre pays, le Togo, est un véritable concentré de l’Afrique noire à lui seul : Il fut un point d’ancrage de la razzia, puis de l’exportation des esclaves. Colonie allemande dès 1884, dont il fut arraché en 1914 par la Société des Nations, il fut partagé entre les Anglais et les Français, et placé sous tutelle française. Son peuple fut soumis à la domination, aux travaux forcés, il fut enrôlé dans des guerres qui n’étaient pas les siennes…

Le Togo accède à la souveraineté formelle en 1960, comme bien d’autres pays africains. Sylvanus OLYMPIO sera le premier Président de la jeune République Togolaise. Mais c’est le Togo qui a forgé et inauguré en 1963 le premier maillon de la longue, très longue, trop longue et interminable chaîne des coups d’État d’Afrique. Sylvanus OLYMPIO, Père de l’Indépendance, le paiera de sa vie. Rendons-lui ici un hommage solennel.

Alors le Togo s’est enfoncé dans le pire : mal gouvernance, déni des Droits de l’ Homme, exactions de toutes sortes, arrestations et emprisonnements arbitraires, viols, assassinats, crimes de sang, crimes économiques, impunité…

Oui, en 40 ans, le Togo a été dévasté sur le plan social, sur le plan économique, sur le plan institutionnel. La culture de la violence et de l’impunité entretenues par les coups d’État successifs a enfoncé le Togo dans la souffrance. En 40 ans, elle a conduit le pays dans la régression et l’impasse.

Mais cela n’a rien d’une fatalité !

Tant de malheurs ont uni, soudé et sublimé notre peuple et nous savons tous ici que seul un sursaut national collectif, dépassant nos rituelles divisions, peut sauver notre population et notre pays.

Le temps de la rupture avec le passé est arrivé ; aujourd’hui il faut que naisse une vraie nation, capable de prendre en main le destin commun de tout un peuple de citoyens égaux.

Or que constatons-nous ?

L’inégal développement économique, social et démographique entre le Nord et le Sud de notre pays est incontestable, et même si cette question est davantage régionale que véritablement ethnique, il convient de ne pas la fuir, mais de l’aborder avec objectivité et responsabilité.

La domination coloniale a introduit cette injustice, mais l’accès à la souveraineté ne l’a pas réduite. Si le régime du Président Olympio l’a dangereusement prolongée, la responsabilité personnelle de Gnassingbé Eyadema est engagée dans la légitimation de cette division ethnique et régionaliste. Pour autant, cette responsabilité ne saurait être partagée ni par toute son ethnie, ni par sa région d’origine, qui ont souffert elles aussi de la dictature. Beaucoup d’hommes et de femmes du Nord en général, Kabyè en particulier ont, comme bien d’autres Togolais, payé au prix fort leur engagement politique pour l’avènement de la démocratie.

Pour redresser cette injustice, nous proposons un débat national avec les instances politiques, juridiques et des représentants des citoyens de toutes les régions afin d’assurer à chacun un juste partage des richesses nationales et une juste représentation économique, politique, sociale.

La quête de la démocratie n’est pas et ne peut pas être la revanche du Sud sur le Nord, ni celle du Nord sur le Sud, bien au contraire, la démocratie est la seule garantie de l’unification de la nation tout entière.

Cette perspective doit mobiliser tous les Togolais pour mettre en œuvre le changement et la réconciliation dans la paix.

Actuellement se pose par exemple le problème du mode de désignation des représentants élus du peuple par le suffrage universel simple. 10 000 voix peuvent suffire pour élire un député « du Nord » alors que 120 000 voix peuvent être nécessaires au Sud. Nous introduirons donc dans la Constitution une véritable égalité entre toutes les populations des régions, en particulier en modifiant les découpages administratifs divers.

CHERIR LA REPUBLIQUE

Je propose au peuple togolais d’inventer une société nouvelle, pour en finir avec la peur, et que nous construisions ensemble une société de paix, une société d’espoir. Nous devons nous doter d’un autre mode de gouvernement, autour des 3 piliers qui feront le Togo nouveau :

République, Démocratie et État de droit

* une République, au service du Peuple

* une Démocratie, donnant à chaque citoyen les mêmes droits et les obligeant aux mêmes devoirs.

* un État de Droit, pour une société où l’arbitraire est définitivement banni : Droit civil, Droit Pénal, Droit du Travail, Droit du Commerce, Droit Industriel… sont indispensables pour relever le double défi du développement démocratique et économique.

S’appuyant sur la Charte des droits humains fondamentaux, le TOGO doit afficher ses valeurs

De Dignité :

Ni exécution sommaire ni torture, plus aucune forme d’esclavage, de violence ou sévices corporels, ni aux hommes, ni aux femmes, ni aux enfants.

De Liberté :

Être libre et respecter la liberté d’autrui. Être libre de penser, de croire ou ne pas croire, de s’informer et s’exprimer, de se réunir et s’associer, de travailler, créer et entreprendre… Pouvoir circuler librement !

D’Égalité :

Être égaux en droits et en devoirs, en acceptant nos différences, veiller à ce que les femmes jouissent des mêmes droits que les hommes et qu’elles puissent accéder aux mêmes fonctions, dans les mêmes conditions.

De Solidarité :

Sécurité sociale pour tous et santé de tous protégée, protection de la maternité et de l’enfance, interdiction de l’exploitation des enfants, protection les plus vulnérables : vieillards, handicapés, blessés de la vie, protection des générations futures par l’attention portée au développement durable, à l’environnement, au respect de la nature.

De Citoyenneté :

Élire librement ses représentants, être bien administré et pouvoir accéder aux documents administratifs nous concernant, avoir droit à une médiation pour résoudre ses conflits, consulter les travailleurs, les usagers de tout service public, pouvoir faire grève.

De Justice :

Permettre à tous les Togolais d’accéder à un juge impartial et d’être défendus, donner les moyens à la Justice d’exercer sa mission, en respectant le justiciable. Tout délit ou crime doit être puni par la loi, et la loi seulement !

En finir avec la corruption :

La corruption gangrène le Togo. Pour l’éradiquer, il faut d’abord éduquer la jeunesse aux valeurs républicaines et au respect du bien public, inculquer dès l’école primaire et dans la famille le sens du devoir et de la citoyenneté. Il faut prévoir des sanctions lourdes mais justes contre ceux et celles qui refusent d’abandonner les pratiques frauduleuses.

Construisons une société de paix, une société d’espoir, une société républicaine, une démocratie, Finissons-en avec la peur et la corruption, réconcilions les Togolais avec eux-mêmes.

Depuis plus d’un demi-siècle, des évènements graves ont défié la République togolaise, dans l’impunité la plus totale. En particulier, l’institution militaire (armée, gendarmerie, police) a été transformée en un groupe armé au service exclusif du pouvoir en place. Elle a ainsi perdu son sens de service au peuple comme il se doit dans toute démocratie.

UNE ARMEE NATIONALE REPUBLICAINE

Il faut doter notre armée d’un véritable statut professionnel et social qui fasse de nos militaires des citoyens respectés, admirés, protégés et aidés par les Togolais eux-mêmes. Je propose que : Les missions et les moyens de l’armée soient votés par le parlement, Leurs conditions matérielles de vie soient dignes de ceux et celles qui peuvent être appelés à sacrifier leur vie pour la sécurité du peuple et la paix du pays.

Les militaires engagés aient une solde suffisante pour les soustraire définitivement à la tentation de l’intimidation et du racket. La pratique de la dégradation des militaires soit supprimée. C’est une humiliation humainement et socialement inacceptable. Il faut mettre fin à ce genre de brimade et ne se référer qu’aux règles consensuellement adoptées lorsqu’une sanction doit être prononcée. La situation des militaires à la retraite soit revue avec justice et humanité.

L’armée, la police et la gendarmerie sont au service du peuple. Elles ont pour missions de garantir la paix et la sécurité des citoyens et de leurs biens en faisant respecter la loi et en protégeant les frontières. En acceptant ainsi de défendre les valeurs de la République, nos soldats mériteront la considération de la Nation tout entière !

L’INCONTOURNABLE RECONCILIATION

Par ailleurs, dans le contexte d’aujourd’hui, la tentation du recours à “la loi du talion”, l’aspiration à la vengeance et au règlement de comptes sont des sentiments très présents dans l’esprit de chaque famille togolaise. Il ne peut donc être rien entrepris sans au préalable ramener la paix sociale, qui passe nécessairement par une réconciliation générale entre les Togolais.

L’instauration du culte du souvenir est nécessaire pour exorciser les traumatismes et panser les plaies. Les enfants du pays, anonymes ou non, qui ont œuvré à l’avancée des libertés dans notre pays et qui sont tombés dans ce combat seront célébrés par la nation. En cet instant, je pense au premier d’entre eux, Sylvanus Olympio.

La réconciliation nationale sera douloureuse mais nécessaire.

II conviendra d’organiser, dès que possible, une Conférence Nationale sur la Réconciliation, débouchant sur la vérité, la justice et le pardon, sur l’écriture et l’enseignement de l’Histoire du TOGO par des Historiens et des Historiens seulement.

Alors nous serons libérés des chaînes qui nous immobilisent. Tournés vers notre avenir, nous pourrons enfin retrousser nos manches et saisir notre avenir à pleines mains et forger nous-mêmes notre destin commun.

LE TOGO, UN PAYS RICHE DE SES POTENTIALITES

Prenons conscience que le Togo est un pays riche,

* riche de son peuple jeune et dynamique,

* riche de ses nombreux intellectuels,

* riche de ses ressources minières immenses,

* riche de son climat chaud et humide permettant une agriculture riche et variée,

* riche de son important potentiel agroalimentaire,

* riche de sa position régionale stratégique : le Togo est un corridor de circulation qui permet de désenclaver toute la région de l’Afrique de l’Ouest à partir de Lomé, le seul port naturel en eaux profondes de la côte du golfe de Guinée.

Oui, nous sommes un pays riche, mais nos richesses ont été gaspillées par des dépenses somptuaires improductives et toujours confisquées par quelques-uns, c’est ce qui explique la pauvreté des Togolais. Mais cette époque est révolue !

Oui mes compatriotes, je sais que Le Togo peut aujourd’hui nourrir toute sa population, scolariser tous ses enfants, soigner tous ses malades, donner du travail à tous ses actifs, nous le prouverons dès l’alternance !

De nombreux investisseurs privés ou institutionnels sont prêts à travailler avec nous, à la condition que la corruption soit éradiquée, que les institutions (armée, justice, médias) soient stables et protectrices, que les infrastructures (énergie, routes, communications) soient modernisées et accessibles.

Je propose que nous relevions 5 défis majeurs, pour combattre l’asphyxie du Togo :

Le défi alimentaire :

En mettant fin à la malnutrition et aux trop fréquentes situations de famine. Aujourd’hui, seuls 25% des terres cultivables sont mises en valeur. En augmentant cette surface de 10% par an, 65% des terres cultivables peuvent être exploités en quelques années pour bien nourrir toute la population et assurer des revenus d’exportation.

Le défi de l’éducation :

L’école pour tous, c’est nécessaire. L’éducation des jeunes mais aussi la formation continue des adultes et une formation alternée école-entreprise les armeront pour l’emploi. Nous solliciterons nos partenaires dans le cadre de la coopération internationale pour éradiquer l’analphabétisme et l‘illettrisme.

Le défi de la santé pour tous :

Mettre en place un système de soins de proximité dans tout le pays, réhabiliter et développer des infrastructures sanitaires, la formation des infirmiers et des médecins, créer une assurance maladie généralisée, seront des priorités.

Le défi de l’emploi :

Par le lancement de grands travaux d’infrastructures et par le développement d’industries de transformation sur place de nos matières premières, par la rénovation de l’agriculture, du commerce et de l’artisanat, grâce notamment à des investissements privés et à l’emprunt.

Le défi du bien vivre ensemble

…sera gagné par le respect et la confiance de chacun dans son Président, son Gouvernement, son Parlement, sa Justice et son Armée, et à condition que nous activions un certain nombre de leviers indispensables au changement.

L’EAU ET L’ENERGIE ELECTRIQUE : LA PRIORITE !

L’eau et l’énergie sont à la base de tout développement économique et social !

L’énergie et l’eau sont vitales ! Or plus de 90% des villages togolais vivent aujourd’hui sans électricité, sans eau potable, sans assainissement, sans équipements sanitaires, sans transports fiables. Même les grandes villes sont mal desservies.

Mon projet est de mettre en place la distribution massive de l’énergie électrique sur l’ensemble le territoire, et assurer la sécurité des réseaux. L’objectif est d’augmenter la puissance en énergie électrique afin de couvrir tous les besoins par :

La réalisation de barrages hydroélectriques,

Le développement des énergies solaire et éolienne pour les besoins domestiques et les services publics (écoles, hôpitaux, dispensaires, bibliothèques…)

La création d’un centre de recherche sur les énergies renouvelables et leur utilisation, en particulier dans les transports.

Chaque localité devra pouvoir accéder toute l’année à l’eau potable, source de vie, d’une vie saine.

Un programme national de construction d’équipements : barrages, forages, captages, stations d’épuration et de traitement, conduites de transport et de distribution d’eau, sera réalisé.

Chaque ville et chaque village seront équipés dans les meilleurs délais, avec priorité aux eaux de surface traitées, pour préserver les eaux souterraines.

L’assainissement devra être entrepris, d’abord dans les villes.

DES INFRASTRUCTURES MODERNISEES

De même, sans la libre circulation des personnes, sans moyens de transports nombreux, fiables et sécurisés, le développement économique et commercial d’un pays ne peut se faire. Au TOGO il est urgent de réaliser, avec l‘aide de la coopération internationale, le cas échéant, de grands travaux d’infrastructure dans les domaines des voies ferrées, routes, canaux et aéroports.

Les voies de chemin de fer reliant Aného, Lomé et Kpalimé seront rétablies.

La ligne Lomé-Blitta sera réhabilitée et prolongée vers les mines de fer du pays Bassar, la plaine agricole de l’Oti et la frontière du Burkina-Faso.

La « colonne vertébrale » routière du Togo reliant Lomé à Cinkassé, la liaison Ghana-Bénin contournant Lomé, deviendront des routes rapides et sécurisées, bientôt à 2X2 voies.

Des routes transversales seront particulièrement soignées pour ouvrir le pays vers ses voisins, notamment au niveau de Tsévié, Notsé, Atakpamé, Langabou, Sotouboua, Sokodé, Kandé, Mango et Dapaong. La route stratégique reliant Sotouboua à Dapaong par Bassar, Kabou, Guérin-Kouka, Mango sera à terme réalisée.

La construction de quelques petits aérodromes, notamment à Sokodé et Dapaong doit permettre une meilleure circulation des hommes et des biens.

Les problèmes de transport dans les villes, en particulier à Lomé, doivent être rapidement résolus. Toutes les rues doivent rester praticables toute l’année, et sécurisées afin que tous, voitures, deux roues et piétons, se déplacent sans risques.

Un programme de transports en commun doit être élaboré, programme où chacun trouve sa place et bénéficie d’un véritable statut professionnel, qu’il soit chauffeur de bus, taxi ou moto-taxi.

Les chantiers de construction et d’entretien de routes, chemins de fers, voies d’eau et aéroports seront une inestimable mine d’emplois pour lutter contre le chômage !

UNE AGRICULTURE PERFORMANTE

Une de mes principales préoccupations est d’assurer dans les meilleurs délais l’autosuffisance alimentaire sur tout le territoire.

Nous devons développer l’agriculture par :

L’extension des terres cultivées, la formation des paysans, le renforcement des cultures vivrières pour couvrir les besoins en mil, maïs, igname, riz, arachide, canne à sucre, tomate.

* La garantie de justes prix de vente.

* Le rajeunissement des plantations de cultures d’exportation.

* La création de coopératives d’achats, de vente et de stockage.

* La promotion de variétés nouvelles de cultures.

* La mise en place et la promotion de l’agriculture irriguée à l’aide de plans d’eau, barrages, canaux.

* La mécanisation des cultures avec un matériel léger type motoculteur, ainsi que la traction animale, car il faut protéger la main d’œuvre, économiser les sols et l’énergie.

* Le développement des filières « bio » : coton, café, cacao, sucre (avec labels d’éco certification).

Dans le domaine de l’élevage :

l’objectif est de couvrir les besoins de la population en viande, œufs et lait par le développement et la rationalisation de l’élevage. Il sera accompagné par :

* La création d’un service vétérinaire doté d’un institut de recherche, et de centres régionaux.

* La construction d’abattoirs agréés.

Dans le domaine de la pêche, nous voulons :

* moderniser et développer le port de pêche de Lomé.

* renforcer et moderniser la flottille.

* créer une criée de vente, une industrie de conditionnement et de transformation des produits, un réseau de distribution de produits frais couvrant l’ensemble du pays.

* promouvoir l’aquaculture.

Dans le domaine des paysages

Par ailleurs il faudra reconstituer une forêt dense de 5000 km2 par une plantation intensive, à partir du nord du pays pour atténuer et enfin stopper les effets de la désertification. Il faudra aussi arrêter la pratique des feux de brousse qui appauvrissent les terres.

Que chacun puisse manger à sa faim, c’est possible ! car le TOGO est l’un des pays d’ Afrique les mieux pourvus en terres cultivables.

Finie la misère ! Demain une terre nourricière, un TOGO prospère, dans un développement durable !

L’ACCES A LA SANTE POUR TOUS LES TOGOLAIS

Des États Généraux de la santé regroupant le gouvernement, les élus, les professionnels de santé, les représentants des ONG, seront organisés, afin de garantir la santé pour tous.

4 axes de réformes

* L’égalité d’accès aux soins par une assurance maladie pour tous.

* La réforme des soins, notamment sur les médicaments.

* La réforme de l’organisation des services de santé.

* La réforme de la politique globale de santé au Togo.

Six objectifs majeurs

Permettre l’accès gratuit pour tous aux soins de santé élémentaires dans un esprit d’égalité et de solidarité.

Créer et renforcer les dispensaires. Chaque village ou groupement de villages doit disposer d’un centre de santé avec infirmiers.

Prévenir les risques de maladie : priorité à l’eau potable, à la récupération et au traitement des déchets. Un programme de vaccination gratuit et adapté aux maladies les plus fréquentes sera financé. Un service de médecine scolaire sera créé dans le cadre de la protection maternelle et infantile.

Réformer les hôpitaux togolais qui sont dans un état de délabrement avancé, tant dans leurs structures que dans leurs équipements. Les médecins et l’ensemble du personnel doivent bénéficier d’équipements corrects, pour une meilleure prise en charge des malades et pour une meilleure efficacité professionnelle.

Réformer le système de formation aux métiers de la santé, si possible en concertation avec les pays proches.

Reconnaitre et promouvoir le secteur de la médecine traditionnelle. Cette médecine millénaire, qui plonge ses racines dans nos traditions et coutumes, doit avoir sa place dans notre système de santé.

Les Togolais ont droit à un service de santé efficace et au service de tous.

Les soins de santé ne seront plus un luxe réservé à ceux qui peuvent se faire soigner à l‘étranger.

L’EDUCATION ET LA FORMATION POUR TOUS LES TOGOLAIS

L’éducation est à la base de la formation du citoyen et du fonctionnement d’une démocratie. Elle fait de l’enfant d’aujourd’hui le citoyen de demain, conscient de ses droits et de ses devoirs.

Pour faire vivre la démocratie, il nous faut éduquer les jeunes mais aussi les adultes. Par l’école, chacun peut espérer obtenir une formation qui mènera à un emploi. C’est ce qui justifie l’obligation pour l’État de consacrer une part significative et croissante de son budget à son système éducatif.

L’objectif est d’obtenir la scolarisation de :

* 100% d’une classe d’âge au niveau primaire

* 50% au niveau collège (BEPC ou CAP)

* 35% au niveau lycée (Baccalauréat général ou professionnel)

La formation continue des adultes volontaires

Si l’on veut rattraper un jour les retards accumulés, il faut immédiatement mettre en place un plan d’urgence sur 5 ans :

* Créer un réseau d’établissements scolaires sur tout le pays.

* Recruter et former le personnel nécessaire à cet objectif.

* Assurer la gratuité de l‘école primaire et secondaire.

* Transformer progressivement tous les établissements scolaires en véritables lieux de vie pour les élèves (cantines, internats, actions sportives et culturelles, bibliothèques, médiathèques).

* Instituer l’accompagnement scolaire pour les élèves en difficulté.

* Revaloriser le rôle des enseignants par des salaires décents, une formation de bon niveau, des conditions de travail améliorées, le rétablissement du respect et de la confiance.

* Renforcer les universités et créer de nouveaux centres de recherche associés à l’économie.

* Instituer une bourse d’études pour tout étudiant méritant.

* Organiser un enseignement professionnel en alternance (formation générale par l’Éducation Nationale, formation professionnelle en entreprise contrôlée par l’État).

* Mettre en place un observatoire des besoins de main d’œuvre et d’information sur l’emploi, en liaison avec les acteurs économiques, et n’ouvrir des filières de formation qu’en fonction des conclusions et recommandations de cet observatoire.

. . . et promouvoir à tous les niveaux d’enseignement, la culture, les sports, l’éducation du citoyen, les valeurs républicaines, l’ouverture au monde, la paix et les droits de l’homme !

LA JEUNESSE TOGOLAISE

La jeunesse est porteuse d’espoir ! Il convient de lui redéfinir sa place dans la société, lui reconstruire un véritable projet d’avenir : c’est elle qui va rebâtir ce pays et c’est elle qui nous assurera une vieillesse sereine…

Ayons confiance dans ses capacités et ses élans de créativité. Le chômage est fort et il est destructeur au sein de la population togolaise, et en particulier de sa jeunesse. Pourtant les besoins sont immenses en matière d’emplois.

Mais pour créer des emplois et prospérer, l’investisseur privé a besoin du soutien d’un État de droit stable, respectueux de ses propres lois, protecteur, bon gestionnaire des deniers publics mais non vorace en matière de taxes et d’impôts. Les services de l’État doivent lancer des appels d’offres justes et transparents.

Pour gagner la lutte contre le chômage par :

Le lancement d’un plan national de transport avec construction et réhabilitation de routes, ponts, chemins de fer et aéroports.

Le développement de l’agriculture et de l’industrie agroalimentaire.

L’exploitation des mines métalliques, des carrières de matériaux et gisements de gaz et de pétrole.

La création d’usines de transformation de nos minerais : métallurgie, engrais, métaux précieux.

La réhabilitation de bâtiments pour abriter bureaux, ateliers, logements sociaux et sauvegarder le patrimoine bâti historique.

La construction de logements villageois, cases ou maisons modulaires avec des matériaux locaux modernisés, en respectant les traditions régionales d’urbanisme.

La maîtrise du développement des villes par la construction de logements populaires, d’une voirie urbaine de qualité, l’organisation de services d’adduction d’eau et d’assainissement.

La mise en place des « nouvelles technologies » intégrée dans les programmes scolaires. Elles seront développées dans des secteurs industriels de pointe à partir d’activités de recherche.

Le secteur public sera modernisé par la réforme de la fonction publique pour plus d’efficacité au service du citoyen.

Le chômage gangrène notre population, il frappe particulièrement durement notre jeunesse. L‘effort de tous est nécessaire pour le combattre !

C’est pourquoi m’adressant à elle, je lui dis « Jeunesse togolaise, cette campagne est la tienne. Sans ce changement que nous appelons de nos vœux, notre pays ne t’offre aucun débouché, aucun horizon, aucune perspective ! Alors, prends ton avenir en mains ! »

UN PROJET A DIMENSION UNIVERSALISTE

ll s’agit pour moi d’œuvrer pour remettre le Togo, mais aussi l’Afrique, au centre de l’activité humaine mondialisée : économique, démocratique, politique et historique.

Il s’agit de faire dans notre projet une vraie place à la dimension universaliste de l’Afrique. La liquidation totale et définitive de l’héritage empoisonné, qu’il soit culturel, économique, politique, social ou administratif… laissé par le colonisateur implique le dépassement de la balkanisation étatique actuelle, du fractionnement politique et économique de l’Afrique. La Fédération des États-Unis d’Afrique, nourrie de l’ancestrale espérance panafricaine chère à Marcus Garvey, Kwame N’Krumah, Aimé Césaire… est aujourd’hui, plus que jamais, l‘objectif que nous devons poursuivre avec nos voisins. La construction de la Fédération des États-Unis d’Afrique doit être l’illustration de la souveraineté du continent, avec son modèle économique et social spécifique, respectueux de sa culture.

Plus généralement, il est bon, pour les générations actuelles et futures en Afrique comme dans le monde, de connaître le point de vue des Africains sur l’aventure humaine, l’évolution de l’humanité et le monde contemporain jusqu’à l’actualité d’aujourd’hui. Nous avons obligation d’organiser l’enseignement de l’Histoire Africaine qui anima les grands historiens de Cheikh Anta Diop à Joseph Ki Zerbo.

Les Togolais du Togo nouveau ont vocation à prendre leur part, toute leur part aux grands débats qui jalonnent l’aventure humaine.

LE TOGO : LA CULTURE DE RETOUR !

Le TOGO doit retrouver sa place de « plaque tournante » des Arts et des Lettres en Afrique, en soutenant fermement tous ses créateurs et en organisant conférences, colloques, festivals, expositions et concours à travers le pays.

La variété des expressions de la culture et les langues régionales seront particulièrement encouragées et développées, notamment à l’école.

La création d’aujourd’hui sera soutenue dans ses différentes formes : littérature, musique, danse, cinéma, théâtre, sculpture, peinture et, plus globalement toute « création intellectuelle ».

Avec les intellectuels et les artistes, nous voulons mettre aussienplaceune politique volontaristedeprotection et de promotion du patrimoine culturel en valorisant :

* Des sites naturels exceptionnels.

* Le patrimoine légué par notre histoire.

* La tradition orale avec la réhabilitation du conte.

* La mise en valeur des musées et de parcs naturels.

Notre volonté est de réinscrire les intellectuels et les artistes togolais dans le mouvement des grands débats qui agitent le monde et dans le dialogue des cultures, tout en leur laissant la liberté de création et leur originalité.

Des arts vivants, des arts rayonnants, pour prendre toute notre place dans le dialogue mondial des cultures !

LES CHEFS TRADITIONNELS

Dans ce cadre du respect de notre culture, je veux dire un mot sur la chefferie traditionnelle togolaise. Les chefs traditionnels sont chez nous les garants de nos coutumes. Ils ont la connaissance intime des populations qu’ils représentent. En en faisant des simples fonctionnaires nommés par arrêté par le gouvernement, le régime Rpt leur a enlevé toute légitimité et toute autorité.

Mon projet est de leur restituer l’une et l’autre en leur redonnant leur fierté et en revalorisant leur fonction.

LES FEMMES TOGOLAISES

Je ne voudrais pas quitter cette tribune sans m’adresser à mes sœurs togolaises. Vous qui subissez encore plus que tous les autres Togolais, l’analphabétisme, l’illettrisme, le chômage et les violences, vous devez être protégées, scolarisées, formées et aidées…. Vous portez la charge de la maternité et de l’éducation, vous pleurez trop souvent vos enfants malades, vos enfants morts, abattus par une violence que personne ne comprend, vous nourrissez toute la famille malgré les difficultés. Vous serez entendues :

* pour votre formation, vous devez bénéficier de bourses à chaque fois que vous voudrez étudier,

* pour la liberté de votre corps, vous devez avoir accès à la contraception à chaque fois que vous en éprouverez le besoin,

* pour toutes vos initiatives, vous devez bénéficier de prêts à chaque fois que vous voudrez entreprendre. ..

Sans vous, fortes et soutenues dans vos tâches maternelles et professionnelles, le Togo restera vacillant.

Je sais que je peux compter sur votre détermination, votre engagement, votre dynamisme. Sachez aussi que vous pourrez compter sur votre Président élu.

Vous l’aurez noté, ce n’est pas une simple alternance politique que je propose aux Togolais. Je propose une alternative, une ambition réelle et une vision nouvelle du Togo dans lesquelles je veux associer toute l’Afrique !

Si je suis candidat aujourd’hui au poste de Président de la République Togolaise, c’est parce que je me sens prêt à porter cette immense ambition.

Je ne l’ai pas décidé sur un coup de tête, ma décision mûrit depuis avril 2005, lorsque la victoire de Bob Akitani, aujourd’hui reconnue par tous, a été ravie par la force par son adversaire,

Je ne l’ai pas décidé par ambition personnelle, mon parcours professionnel et politique m‘a procuré plus que ce qu’un homme né à Bangéli en 1945 pouvait espérer.

Je ne l’ai pas décidé par goût du pouvoir, je l’ai déjà suffisamment exercé, pour savoir ses contraintes, les pièges qu’il peut tendre dans l‘ombre, les excès dans lesquels il ne faut pas tomber.

Cette décision est lourde de sens pour moi et pour tous ceux qui m’entourent. Mon équipe et moi-même sommes dans l’action pour vous servir et non pour nous servir.

Dans mes très nombreux contacts quotidiens, j’ai pu voir parfois le désespoir et l’impuissance du peuple togolais devant la violence et l’arbitraire. J’ai entendu le traumatisme vécu par mes concitoyens…

Nous avons pu mesurer l’espoir que nous représentons pour tous ceux qui souffrent de la faim, de l’ignorance, de la soif de liberté, d’injustice, de la maladie sans espoir de se soigner …

Aussi, j’ai fait le rêve de rassembler tous les Togolais, de l’intérieur comme de l’extérieur, autour des valeurs de liberté, de tolérance et de respect, car il s’agit très clairement et très explicitement de construire et d’installer durablement au Togo une société humaine solidaire.

Mes objectifs sont clairs :

Promouvoir la démocratie, fondement de tout développement humain, social et économique. Renforcer le rôle du parlement, représentant le peuple. Promouvoir une justice impartiale et indépendante. Combattre toute forme de racisme, xénophobie et tribalisme.

Mes moyens sont connus :

M’appuyer sur la force de l’idéal qui me guide, sur la force de mes idées et la transparence de mes actions, sur la force des hommes et des femmes qui m’accompagneront dans ce combat. Convaincre et non pas contraindre

J’ai des amis dans toutes les régions du pays, et je sais que dans toutes ces régions, il y a des femmes et des hommes de valeur, prêts à prendre leurs responsabilités et à faire avancer le pays tout entier. Car bien des Togolais ont continué à travailler sur des projets basés sur des analyses très fines de la situation.

Leurs travaux m’ont été remis et ils contribueront à remettre le Togo debout dès que l’alternance politique sera réalisée. J’ai aussi des relations dans le monde entier, des humanistes prêts à lutter à nos côtés.

Rassemblons-nous pour créer une vraie démocratie, fondement de tout développement humain, social et économique, mettre en œuvre des pratiques politiques nouvelles à partir d’un socle institutionnel – exécutif – législatif – judiciaire – légitimé par le vote des citoyens, construire un Togo fraternel, apaisé, solidaire, efficace.

À tous, que vous soyez du Nord ou du Sud, hommes ou femmes, jeunes ou vieux, croyants ou pas, que vous apparteniez ou non à un parti politique, que vous soyez militaires ou civils, que vous soyez étudiants, syndicalistes, que vous soyez …. À tous, je dis : venez, bâtissons notre pays. Je n’exclus personne. Le Togo a besoin de tous ses enfants et de chacun de ses enfants. Refusez la peur : on ne construit pas un pays avec des femmes et des hommes qui ont peur ! Seuls les hommes et les femmes libres entreprennent.

Pour réaliser notre projet, il n’est pas question de gagner : il ne s’agit pas d’un jeu.

Il n’est pas question non plus de vaincre : il ne s’agit pas d’une guerre.

Il s’agit de convaincre, de motiver, de rassembler pour construire.

Le peuple togolais va convaincre de sa volonté de se réconcilier avec lui-même.

Le peuple togolais va convaincre de sa capacité de pardonner.

Le peuple togolais va convaincre de son obligation de retrouver son honneur, son identité et sa dignité.

Le peuple togolais va convaincre de son choix de reconstruire son pays, le Togo.

Non, les démons de la division et de la discorde ne terrasseront pas l’ambition des Togolais.

Aujourd’hui, je suis debout face à vous, je porte votre parole, je porte vos espoirs, je porte votre conviction.

Oui, je porterai la volonté du peuple togolais jusqu’aux plus hautes marches de la République.

Oui, le peuple togolais a la certitude de résurrection, ici et maintenant ! et moi, « j’ai l’audace d’espérer »

Yes to go !

Yes TOGO !

Fait à Lomé le 2 septembre 2009

Kofi Yamgnane

 

Laisser une réponse