Togo-Presse : Une presse qui fait la honte du Togo

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Rien à faire. Le quotidien pro gouvernemental Togo-Presse a un sérieux problème de gestion. Une gestion matérielle, financière et des ressources humaines digne de ce nom, ce quotidien peine à en asseoir depuis des années.  C’est à cause de ce problème que la médiocrité y a élu domicile. Gracieusement subventionné à coups de millions par l’Etat togolais, Togo-Presse a marqué la scène médiatique nationale jusqu’à un passé récent où est apparue la presse privée. Il était un excellent outil de propagande du régime, le seul paraissant et abreuvant les Togolais d’informations soigneusement choisies pour les besoins de la cause. Dieu merci,  aujourd’hui, le Togo compte des quotidiens privés notamment Liberté, Forum et Nouvelle Expression.Le temps est passé, le monde a évolué mais Togo-Presse n’a pas fait suffisamment d’efforts pour s’arrimer aux nouvelles exigences de l’heure.  Au lieu de faire des sauts qualitatifs, le quotidien public a fini par être enfermé dans une bulle de médiocrité indescriptible, rebutant et répugnant les Togolais qui ne s’en procurent que, pour lire les concours de recrutement ou les communiqués importants. Ce n’est pas votre animal préféré le Lynx qui le dit mais les Togolais à qui le quotidien s’adresse chaque jour que Dieu fait. « Moi je n’achète ce quotidien qu’en cas de concours. Pour le reste, je ne vois quelles informations renferme-t-il », déclare Zinsou Abel, jeune chômeur à Lomé.

 

Avec une présentation non esthétique à la limite de la laideur, loin de répondre aux attentes des lecteurs et un contenu quasiment vide, Togo-Presse ne peut que rebuter. Nous ne savons pas quel technicien traite les photos contenues dans ce quotidien mais, il faut avouer qu’elles sont insupportables. Des photos noires et très illisibles. Souvent, les lecteurs n’arrivent pas à reconnaître les personnes sur les photos. Pouah! A croire que, si Togo-Presse s’inscrivait à l’école de la qualité, l’on va le suspendre de parution. Avec peu de moyens, un organe peut mieux faire pour satisfaire son lectorat. Ce ne sont pas les quotidiens privés qui nous démentiraient, eux qui se battent pour présenter un produit fini acceptable.

A part les petits comptes rendus et quelques éditoriaux que le DG Rémy Banafey Assih lui-même pond de rares fois, ce quotidien est pauvre en informations essentielles et utiles. Les reportages, analyses et commentaires sont aussi rares que les larmes d’un chien. Et pourtant, Togo-Presse emploie plus d’une cinquantaine de journalistes dont la plupart ont reçu une formation universitaire. Cet effectif devrait suffire pour que les Togolais aient des informations riches et variées. Mais hélas !

Allez vite dire au directeur Assih que les Togolais n’ont pas besoin des informations du genre : « Le chef de l’Etat est rentré ce matin de Pya » ou « Soutenance de thèse en littérature africaine et comparée à Lomé ». Si nous prenons le dernier cas, l’auteur de l’article aurait pu s’intéresser à la portée de la thèse au lieu de dire aux lecteurs qu’une thèse en littérature africaine et comparée a été soutenue tout court. Une paresse qui ne dit pas son nom. Sur les 28 pages du quotidien Togo-Presse, 15 ou 16 pages sont occupées par les communiqués, annonces, avis de décès et appels à candidature. Les numéros 8922 du 28 novembre 2012 et 8924 du vendredi 30 novembre 2012 sont illustratifs de cet état des choses. Sur 28 pages de journal, la cinquantaine de journalistes ne remplissent qu’environ 11 pages si l’on exclut la Une. Une piètre prestation comparée à celle des quotidiens privés notamment Liberté, Forum et Nouvelle Expression qui emploient moins d’agents et qui font des efforts pour rendre des produits de bonne facture.

Le poisson pourrit par la tête et Togo-Presse a toujours souffert de l’incompétence des hommes que le pouvoir place à sa tête. Entre-temps, la direction a été assurée pendant des années par un certain Pouwi Dadja. Le passage de celui-ci a été un cauchemar pour les agents. Togo-Presse en est sorti littéralement à genoux. Avant d’aller poser ses fesses sur l’un des neuf sièges de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), Pouwi Dadja avait dépouillé à l’époque et ce, en collaboration avec un ministre, Togo Presse de ses moyens financiers. Puis vint Rémy Banafey Assih. L’on s’attendait à ce que le quotidien fasse peau neuve mais c’était compter sans la loi non écrite qui veut que chaque directeur vienne s’en mettre plein les poches et laisse Togo-Presse patauger dans sa médiocrité. « Que voulez-vous, on ne met pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Les choses changeront ici le jour où il y aura à la tête un connaisseur du monde de la presse écrite. A chaque fois, l’on brandit le manque de moyens suffisants ; ce qui est complètement faux. Avec les moyens dont le groupe Editogo dispose actuellement, l’on peut mieux faire. Il y a des réalités qui révoltent. En tout cas, le temps fera le reste », trouve un agent de la boîte sous couvert de l’anonymat.  Le temps fera le reste comme l’a souligné notre interlocuteur mais pendant ce temps, tous ceux que le pouvoir nomme à la tête du quotidien gouvernemental Togo-Presse pensent garnir leurs comptes et assurer leurs arrières avant de rendre les clés. Au même moment, Togo-Presse est la risée des autres de la sous région notamment de Fraternité Matin en Côte d’Ivoire ou Sidwaya au Burkina avec qui il n’y a pas photo.

Anicet Moutouari Lynx.info

 

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