Togo. Les jeunes de Koumea prennent la sécurité de Pascal Bodjona en main !

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Guia !  C’est comme à la guerre. Désormais au Togo, c’est à chacun ses éléments. Dans le duel  « Pya-Koumea » qui se pointe à l’horizon et dont personne ne veut en parler, Faure a plutôt choisi des  gendarmes en civil pour extirper l’ex-ministre Pascal Bodjona de sa gîte. Donc des « soudards » du tortionnaire et gendarme Yetrofei Massina. Ceux-là, qui ont la licence de tuer en toute impunité. Quant à Pascal Bodjona, c’est le tout Kouméa, son village d’origine, qui est  désormais débout comme un seul homme, coupe-coupes en main pour sa sécurité. A l’heure où nous mettons ces lignes sous lecture, des centaines de jeunes de Kouméa se bandent les muscles et disent attendre de pieds fermes celui qui touchera à un seul cheveu de leur champion Pascal Akoussoulèlou Bodjona alias « Bodj ».  Et pour cause. Pour un peuple aussi martyrisé depuis la nuit des temps comme les enfants de Koumea, l’heure n’est plus à l’esclavage bis des « seigneurs » venus de Pya. Le despotisme d’Eyadema avait fait des enfants et parents de cette localité les « mal  aimés » de la Kozah. Dans le souci de venger tous les Togolais, le sergent Bokobosso « fils de Kouméa » tenta d’éliminer le papa de Faure à bout portant. La foudre du généralissime va  s’abattre sur le canton de ce dernier et faire autant de pestiférés plus que nulle part ailleurs au Togo. Dans l’armée comme dans les hautes fonctions de l’administration, ils furent persona non grata…. . Seules les postes à la police nationale leur étaient réservées. D’autant plus qu’il n’y pas dans ce secteur des armes lourdes qui peuvent atteindre le QG du défunt dictateur. Ce qui fera de Kouméa le canton qui a aussi plus produit autant d’intellectuels que nul autre canton dans la Kozah. D’autant plus que ce qui les restait dans les mains était d’aller à l’école. Aujourd’hui si beaucoup de cantons dans la Kozah peuvent se targuer d’avoir produit de « gros bras » incultes et des  « loubards », Kouméa peut se réjouir d’avoir une chaîne d’intellectuels de qualité que nous rencontrons dans la diaspora de l’intérieur comme de l’extérieure.

Destin cruel de père en fils chez les Bodjona

Quand Sylvanus Olympio tombe des balles du gendarme français Maîtrier, Bodjona père est préfet de Kpalimé. Dans la confusion totale dans laquelle le Togo se trouvait, il prend sur lui de faire descendre la population pour une marche de protestation. Eyadema envoie ses nouveaux « zébrures rouges » l’arrêter. Des moments durs de prison suivis de tortures psychologiques. L’intellectuel finit dans un petit bureau où il ne pouvait plus vivre de sa pension. Des moments durs qu’il relate volontiers à toute personne en qui il a confiance.  Au demeurant, le nationaliste montrera un mental de fer… Il tiendra sans jamais se compromettre jusqu’à la fin de ses jours. De l’autre côté, on a vu Lawson Merleau faire le coup d’Etat, fuir et revenir boire dans son crachat. Mais cela n’a guère dissuadé la dictature cinquantenaire en place de faire de sa fille Cina Lawson ministre… Ah, si l’histoire des peuples nous était comptée ! C’est dans ce décor que le fils à Antoine Bodjona sera utilisé contre lui et contre le peuple togolais. Démocrate, stratège politique et visionnaire, c’est avec sourire qu’il regardait par les fenêtres de sa maison sise à Atikoumé comment son fils Pascal et les enfants d’Eyadema faisaient la fête dans la villa voisine jusqu’à l’aube et échafaudaient des plans qu’ils allaient exécuter contre les étudiants récalcitrants le lendemain. C’est lors de ces soirées jouissives qu’ils ont eu l’idée de brûler les archives de l’université de Lomé. Pistolet et cagoule au visage, c’est un Pascal qui arrivera avec sa troupe devant de jeunes étudiantes hilares, qui fondent en larmes et inconsolables après son sale boulot. Et pourtant, son papa, politique chevronné lui avait soufflé aux oreilles que : «  La dictature est faite pour manger ses propres enfants ». D’ailleurs, quand je le réveillai de son lit alors qu’il était malade pour une interview, c’est avec une voix nouée qu’il me dit : «  Mon fils tu viendras quand je ne suis plus de ce monde. Il faut un jour venir servir ton pays. L’Europe n’est pas chez toi ». Je croyais à une blague. A son fils, il tenu ces mots qui ne peuvent que faire réfléchir ce dernier en ces moments où il a le « MarteauFaure » sur sa tête : « Quand on accède à un poste de responsabilité on doit s’attendre à le quitter un jour car dans cette vie tout passe, le bien comme le mal ! Et quiconque se construit sur le cadavre du prochain doit s’attendre tôt ou tard à subir le même sort. Pascal ne l’ignore pas et le prénom Akoussoulèlou  qu’il porte le dit si bien et s’adresse à ceux qui pour accéder à une place ou à un poste qu’ils convoitent ont recours à des manigances, à des intrigues voire à des manœuvres sordides de basse besogne pour renverser ou sauter celui qui l’occupe  ».

Le père Antoine Bodjona avait servi le premier président, il mourût pauvre et humilié par son fils Gilchrist Olympio. Le fils Pascal a préféré servir la dictature, sa vie est désormais sur des braises en attendant que Faure le pousse totalement dans le feu. Quel destin cruel chez les Bodjona ? Et combien de fois le Lynx n’a-t-il pas averti qu’avec les Gnassingbé, on les sert et pas le contraire !

Camus Ali Lynx.info

 

 

 

 

 

 

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