Togo. Elections présidentielles : A vue d’œil, Fabre est favori

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Togo – Les projecteurs se sont éteints, la nuit du jeudi 23 Avril, sur la campagne de la présidentielle de 2015. La ferveur générale et les témoignages venant des images, ne sont pas sans susciter quelques questions.

Les Togolais auront-ils la réponse à leur volonté de changement ce samedi à la fermeture des bureaux de vote? Ou, leur espoir sera t-il mis sous éteignoir par la CENI en complicité avec SUCCES, cette structure suspecte que le gouvernement a, en dehors de la légalité, greffée sur le processus électoral pour des raisons encore obscures? Lorsqu’on regarde les images des foules de la campagne, lorsqu’on 

entend les déclarations des électeurs, les discours des candidats, on en vient à la conclusion que finalement, sans vouloir, au début, des élections sans réformes constitutionnelles, les Togolais ont fini par se mobiliser. Comme s’ils ont brusquement pris en compte la boutade qui dit que “ quand le vin est tiré il faut le boire” (même à contre coeur)? La prévision qu’on peut faire à l’analyse des différents reportages de médias pendant cette campagne, c’est qu’il y aura de l’affluence ce samedi dans les centres de vote. Cette remarque appelle une autre non moins vraie qui concerne la soif manifeste de changement, chez l’écrasante majorité de la population. Un enseignant à Dankpen a tout résumé dans les ses propos qui nous ont été rapportés, je le cite: “le changement d’abord, les routes et les ponts après … Nous sommes vraiment fatigués du régime RPT… nous voulons du neuf pour apprécier et comparer… L’autre Remarque qui résume la campagne, c’est que Jean Pierre Fabre, à vue d’œil, est profondément implanté dans les esprits, dans toutes les localités, que beaucoup de gens l’aiment parce qu’il incarne et porte, à leurs yeux, l’emblème du changement dont ils ont un désire que les mobilisations de ces derniers jours décrivent à sasiété. Il faut avoir le courage et l’humilité de reconnaître que le leader de l’ANC et candidat de CAP 2015 est actuellement, au Togo, l’homme politique le plus populaire. Qu’on l’aime ou non, ceci est la réalité du moment. On peut l’expliquer par une expression courante en Anglais qui se traduit comme suit: “Si tu ne peux pas avoir la femme que tu aimes, il faut aimer celle avec qui tu es”. Lors du vote de samedi, s’il pouvait être démocratique et transparent, Faure Gnassingbé serait totalement malmené dans les urnes. Il n’y verrait que du feu parce que tous les indicateurs, à commencer par son propre bilan, montrent que son principal rival, JP. Fabre, y ferait razzia. Un autre détail qui ne trompe pas. Les réactions musclées qui ont suivi le soutien public du joueur Adébayor à Faure Gnassingbé. Ce professionnel du foot a cru devoir prendre position dans un débat politique pour lequel il est très loin d’être outillé. Celui qui, à travers une vidéo et un langage très approximatifs a apporté son soutien au président sortant l’a appris à ses dépens, il a dȗ se rendre à l’évidence que ce n’est pas parce qu’on est une star de football qu’on peut, comme il a tenté de le faire, amener ses fans à voter en faveur d’un système de gouvernance pourri que ceux ci, majoritairement, rejettent. C’est sans doute un signe que tout ce qui est avec Faure Gnassingbé est contre la volonté du peuple, donc refuté avec véhémence. Ceux qui iront voter samedi, ne le feront pas en tenant compte du programme de tel out tel candidat. Les électeurs se rendront aux urnes pour plébisciter l’alternance, peu importe, pour certains, la tête de celui qui l’incarne. Le changement, rien que le changement! Le contenu et tout le reste, c’est sans importance. Voilà l’esprit dans lequel va se dérouler le scrutin de samedi. Et,vu sous cet angle, Fabre est forcément l’homme du jour. A vue d’ œil, samedi est appelé à être un jour historique. Mais à défaut, il peut tourner au chaos. C’est dire que ce 25 Avril sera pour les Togolais ce que le chef de l’état sortant, Faure Gnassingbé, voudra qu’il soit. La situation du président est délicate et, dans l’un ou l’autre cas, il sera le grand perdant car, selon l’histoire des peuples, ainsi finit son règne lorsqu’un chef refuse de connaître ses propres limites.

Kodjo Epou
 

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