Togo : D’une colonie modèle à un PPTE

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Sous la colonisation allemande déjà, le Togo était une colonie modèle : la seule qui, de toutes les colonies allemandes, avait réussi à équilibrer ses dépense et recettes. Avec l’introduction des cultures comme le café, de cacao, l’agriculture était florissante. Les historiens sont unanimes à dire que le Togo était autant prospère sinon plus que plusieurs pays d’Asie devenus aujourd’hui des « dragons » économiques.

A l’époque allemande, le Togo n’était pas encore exportateur de produits miniers. Le démarrage de l’exploitation du phosphate attendra vers la fin des années 50, à la veille de l’indépendance. Après, plusieurs autres minerais seront aussi exploités. On pourra citer aujourd’hui le marbre, le fer, la calcaire qui, depuis plusieurs années voire dizaines d’années sont puisés en tonnes et exportés à partir de notre port.

La croissance démographique a été suivie de la croissance des richesses, notamment la découverte et l’exploitation de richesses naturelles. Mais cela n’a pas empêché les gouvernants d’enfoncer progressivement le pays dans un gouffre au point d’en faire un Pays Pauvre Très Endetté (PPTE).

De toutes les ressources minières naturelles du Togo, le Bénin voisin n’en a même une seule. Et pourtant, l’économie béninoise a depuis dépassé celle de son voisin togolais. Au fil des années, le Togo s’est vu dépasser par plusieurs autres pays de conditions plus modeste que lui. Et les rapports qui le classent parmi les pays les plus malheureux se succèdent depuis quelques années.

Même dans le domaine agricole par rapport auquel le pays était qualifié de « modèle », aujourd’hui le Togo traine loin derrière ses voisins. Malgré le discours politique fait de propagande, la situation n’est pas du tout rose. A titre d’exemple, pendant que sur un hectare le paysan du Burkina-Faso peut obtenir jusqu’à 15 tonnes de maïs, son voisin du Togo (pays côtier) doit se contenter d’à peine une tonne. Sur d’autres produits, la situation n’est pas meilleure.

Et voici la question qui se pose : comment nous sommes-nous débrouillés pour dégringoler avec autant de richesses naturelles dont Dieu nous a doté, pendant que les autres pratiquement sans ressource, nous ont supplantés et de façon durable ?

Un constat s’impose à nous : pendant que le pays « s’appauvrit », le clan qui a pris de force la tête du pays depuis un demi-siècle s’enrichit énormément. Des membres de la minorité possèdent des actions dans de grands groupes occidentaux, et de grands biens à l’extérieur du Togo, en plus des nombreux autres qu’ils comptent sur le territoire. Pendant que pour offrir de l’eau potable aux Togolais, il faut parfois attendre qu’un « pays amis » ou un « partenaire » puisse venir financer un projet. Aujourd’hui encore, des milliers de Togolais partagent l’eau de boisson avec les animaux.

Mensah K

(L’ALTERNATIVE) 

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