Enquêtes Lynx : Ces hommes de Faure qui ont fait main basse sur les voitures de l’Etat

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Le garage central administratif dirigé par le Lieutenant-colonel Sam n’existe plus que de nom. Les contrôles de l’époque du Général Zoumaro Gnofame grognard devant l’éternel, ne sont plus qu’un lointain souvenir. La pagaille, le laisser-aller et le désordre se sont installés au garage central.
Nous sommes le dimanche 15 janvier 2012 devant le temple catholique de la paroisse Saint Esprit de Totsi sise à quelques mètres seulement du marché de cette localité. Nous étions de passage dans le coin lorsque nous avions remarqué un véhicule officiel garé devant l’église. Il était immatriculé RTG 0895 A de marque Toyota Carina E. Nous décidâmes alors de pousser loin notre curiosité et d’attendre la sortie d’église de celui ou celle à qui ce véhicule de l’Etat était affecté dans le cadre de ses services. Une trentaine de minutes plus tard, une dame sortit de ce lieu de foi pour s’incruster dans ledit véhicule. Il sonnait 8h 00 mn heure GMT, la fin de la première phase de messe qui démarre à 6h. Nous prîmes sur nous de suivre le véhicule pour savoir la destination finale de celle qui en était au volant. La dame emprunta la voie de Totsi en revenant vers le centre ville, alla à N’kafu probablement chez une connaissance pour finir par reprendre la route pour une maison sise à Adidoadin. Là, la dame n’est plus ressortie et ce, pendant plus d’une heure d’horloge.

 Ce dernier lieu devrait probablement être son domicile.  Sans oublier ce monsieur à bord de la RTG 2746 A surpris à 23 h 36 mn en train de déposer une nana chez elle à Avédji à 300 mètres du domicile de l’ancien premier ministre Komlan Mally. C’était le vendredi 23 mars 2012. Ceci s’inscrit-il dans le cadre d’une mission à caractère public ? A cette heure, le véhicule personnel de cet individu se trouvait où pour qu’il se serve d’une voiture de l’Etat pour aller déposer sa petite amie?

  En effet, ces cas de figure-ci sont devenus banals au Togo où ministres, DG et responsables de services publics ont fini par transformer les voitures de l’Etat mises à leur disposition pour des missions officielles en des véhicules de course bons à tout faire. Avec les voitures immatriculées RTG, on va déposer et chercher les enfants à l’école, on emmène madame faire les courses en ville, au salon de coiffure, au marché, à l’église, chez l’amie, la sœur, la cousine de l’autre côté. Avec les RTG, on dépose la maîtresse devant un salon de coiffure. Ainsi n’est-il pas rare de voir des voitures officielles de ministres, directeurs de cabinets, secrétaires généraux de ministères, chefs projets et autres, être usées et abusées comme il n’est pas permis. Tout ceci pour cause de bons d’essence versés « gbandjo ». Il y en a qui n’hésitent un seul instant à faire usage d’un véhicule RTG tout simplement pour aller faire pipi. Au ministère des Sports pour ne citer que celui-ci, le directeur des sports Salokoffi Eloi a transformé la RTG 1258 A mise à sa disposition dans le cadre de son service en une maison ambulante. Pareil pour son collègue Sessi Sétépko en charge des sports scolaires et universitaires.  Ces deux cadres de l’Etat n’utilisent même plus leurs voitures personnelles.

Les voitures immatriculées RTG abondent ces temps-ci devant les salons de coiffure, les églises, les boutiques, dans les marchés. S’agit-il toujours de missions officielles ? Le phénomène se poursuit sous le regard complice du Colonel Sam du garage central administratif qui ne fait rien du tout pour ramener de l’ordre dans son service. A croire que les véhicules immatriculés RTG sont devenus tout simplement des propriétés personnelles.

Malika Igpmzikpé Lynx.info

 

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