Syrie. Une reculade arabo-américaine ?

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Une prise de position inhabituelle assez différente : les Etats-Unis et l’Arabie saoudite qu’on connait comme les porte-paroles des pays occidentaux et arabes, en rapport avec la crise syrienne, parlent de l’exigence d’un règlement pacifique de cette crise.

La situation semble donc avoir changé en Syrie, selon Fars News. Les groupes opposants et leurs supporteurs occidentaux, ceux même qui se faisaient, d’abord, l’illusion de pouvoir anticiper un départ du gouvernement d’Assad au travers d’une guerre d’usure, se trouvent, maintenant, embourbés dans l’usure et l’affaiblissement. L’Arabie saoudite qui était le pionnier des aides financières et en termes d’armement aux opposants syriens a laissé entendre qu’elle se casserait des tapages autour de la crise syrienne.

En plus de l’appui financier et militaire, les Saoudiens ont aussi tenu, rappelons-le, plusieurs réunions officieuses à Djedda, en afin de mieux organiser les agissements contre le gouvernement syrien. Mais il y a presque deux semaines, on a entendu les responsables saoudiens évoquer l’indispensabilité du règlement, par des voies pacifiques, de la crise syrienne.

Dans un entretien avec son homologue égyptien, Mohamed Kamel Amr, le Ministre saoudien des Affaires étrangères, Saoud Al-Fayçal a affirmé que la solution idéale à la crise syrienne serait pacifique, et qu’il revenait au peuple syrien de décider de son destin. Sans parler d’une intervention militaire, le Ministre saoudien des Affaires étrangères a pourtant demandé aux Nations Unies d’intervenir dans cette affaire.

L’éditorialiste du journal Al-Quds Al-Arabi, Abdel Bari Atwan fait allusion à ce changement de ton de l’Arabie saoudite, ce qui semble avoir entraîné certaines chaînes salafistes qui propagent des pensées tribalistes, à supprimer la diffusion de la télé saoudienne, pour conclure que l’Arabie saoudite a vraiment changé de position envers l’affaire syrienne ; or, certains reportages laissent également conclure qu’entre Riyad et Damas, il existe des liens secrets.

Il conviendrait aussi rappeler le cas des Etats-Unis. Moteur principal, précédemment, des agissements anti-syriens, et qui n’avaient jamais exclu l’option militaire, pour résoudre la crise en Syrie, les Etats-Unis ont dit aussi leurs derniers mots, en faveur d’un règlement politique, comme l’unique solution envisageable à la crise. « Une décennie de la guerre est révolue ; le dialogue est le seul chemin vers la paix », avait, par ailleurs, affirmé Barack Obama, lors de son discours d’investiture de son second mandat.

Il parait que le bilan des groupes armés comme le front Al-Nosra et l’échec des opposants à former un gouvernement transitoire, ont fait que le gouvernement d’Obama revienne sur sa politique en rapport avec l’affaire syrienne, au mépris des demandes d’y intervenir militairement.

Cette reculade, on pourrait peut-être l’expliquer, aussi, par la suprématie de l’armée syrienne et ses réussites dans les opérations de ratissage, ce qui, d’ailleurs, à conduit les opposants d’investir dans des opérations sous-terraines et des attentats dans les régions non-militaires. Les récentes explosions à Salmiya dans la province Hama et l’explosion à l’université d’Alep constituent des exemples de cette approche terroriste.

Le recours des groupes opposants syriens aux actes terroristes est, en réalité, un signe évident de leur faiblesse, face à l’armée syrienne. A ce sujet, un expert de la chaîne Al-Jazeera est d’avis que jusqu’à il y quelque temps, les groupes armés étaient pionniers dans les attaques ; or, l’armée était plutôt dans une situation de défense.

Mais maintenant, le gouvernement syrien a changé de stratégie et l’armée syrienne surprend des opposants par ses opérations. « Cela a infligé de vastes dommages et dégâts aux terroristes et leur a beaucoup affaibli le moral », ajoute l’expert politique de la chaîne Al-Jazeera. C’est dans un tel contexte que le Secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi a, lui aussi, affirmé, il y a quelques jour, que la trêve serait la première et indispensable étape, dans le processus de transition de pouvoir, en Syrie.

Irib

 

 

 

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