Sommet Afrique-France: Pourquoi il ne faut plus croire aux promesses de Paris

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Dans son 57e engagement, le président François Hollande avançait vouloir agir pour venir en aide aux pays en développement. Mais au vue de l’étude faite par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), son plan a plus contribué à affaiblir les pays africains qui devaient pourtant être les cibles prioritaires.

Comme pour davantage faire vivre ce leurre, François Hollande sera présent au sommet Afrique-France où il avancera avoir rempli sa mission.

Dans ce sillage, il sera inéluctable pour le Président Hollande de donner raison en son ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault qui déjà en novembre 2016 affirmait que « l’aide française va considérablement augmenter en atteignant un surplus de 160 millions d’euros comparé à son niveau de 2012 ». Ainsi donc, il promettra d’aider les pays africains à hauteur de 2 milliards de dollars (1,9 milliard d’euros) d’ici à 2020 pour leur électrification, soit une parade à la revendication de ces derniers lors de la COP21.

Donc quand le Président Hollande s’aventurera de dire que « l’Afrique est notre avenir » comme ce fut le cas en février 2015, aux chefs d’Etats africains d’emprunter la riposte de Philippe Jashshan, le président de Coordination Sud, qui trouvait «incompréhensible que, face à la multiplication des crises humanitaires, à l’accumulation des besoins, le gouvernement ne puisse remobiliser les moyens en faveur des plus pauvres».

Ce qui reste le plus regrettable dans cette union entre l’Afrique et la France reste le fait que nos pays déjà affaiblis sont obligés de s’endetter via ces soi-disant prêts. Il faut savoir que sur les 9 milliards d’euros annuels d’aide publique au développement, environ 300 millions d’euros seulement sont des dons. Or les pays les plus pauvres et ceux du Sahel en particulier n’ont pas les moyens de s’endetter.

Dans les régions où sévissent le terrorisme, la pauvreté à grande échelle, où l’aide publique devrait être beaucoup plus consistante, nous y notons une France grandement dépassée par la volonté de ses pairs comme l’Allemagne qui fait huit fois mieux que le pays de François Hollande. Alors lorsqu’il se targuera d’être le seul à se soucier de l’Afrique, beaucoup d’entre nous les Africains y croiront parce qu’il s’est tristement affiché un peu partout en terre africaine, minant d’aider notre continent. Cette opération de charme est contradictoire avec les réalités des chiffres. Nos dirigeants eux, répondront comme à l’accoutumée à l’appel de la France comme s’ils étaient restés dans la période coloniale.

Nous avons noté sur nos petits papiers le fait qu’au Sénégal par exemple, les entreprises françaises s’accaparent des grands marchés et comme des parasites tuent nos entreprises locales à petit feu. Que nos ponts et routes soient construites par Eiffage et consorts et nos sociétés locales mourront sous nos yeux au moment où des présidents aveuglés par la beauté des mots vont comme sciemment piétiner nos maux.

A chaque fois que se soulèveront des critiques, vous verrez Paris mettre en avant l’effort que représente son engagement militaire dans la région mais il faut noter qu’il n’est que de 0,37 % du PIB contre 0,71 % par exemple pour le Royaume-Uni.

Pour comprendre ce plaidoyer, il faut savoir que les pays dits industrialisés se sont conventionnellement mis d’accord pour porter l’effort d’aide publique au développement à 0,7 % de la richesse nationale.

Sous ce rapport alors, vous comprendrez aisément que cette relation Afrique-France ne tend que vers l’appauvrissement de notre cher continent. Chers dirigeants africains devant être présents au sommet Afrique-France, sachez que ce partenariat tue votre continent, notre continent.

Seneweb

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