Silence, Ouattara veut apporter la Démocratie au Togo !

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Le western est fini. Les rideaux sont tombés. Et les Togolais dans leur large majorité attendent le retour de l’ascenseur. Dans le subconscient collectif, Jean-Pierre Fabre incarne Alassane Ouattara ou c’est Ouattara qui incarne Jean Pierre Fabre. Tout dépend du bout de la lorgnette où on se trouve. Que de débilités, que de niaiseries. Que de désinformation dans le seul but de faire du sensationnel et de vendre le message comme le papier. Journalistes, faiseurs d’opinions et autres Franc-maçons togolais tous étaient debout comme un seul homme. La pieuvre Gabgbo doit partir. C’est un sanguinaire, c’est un non démocrate, c’est un voleur, c’est un faux nationaliste, il a fait 10 ans au pouvoir, il doit s’en aller. Dans les forums très fermés des Francs-Maçons on invente des numéros de compte et on se les dispache pour montrer comment le Bété a volé. On refuse d’accepter que dans son parti le FPI (Front Populaire Ivoirien) les trois premiers sont du Nord. Afy N`Guessan Sécrétaire du parti et ex- premier ministre est même de père Burkinabè. Le président de l’Assemblée Nationale, Mamadou Koulibaly est du nord comme l’homme de confiance Sangaré aussi du nord, celui-là même qui a été aussi arrêté et amené au Golf Hôtel avec lui. La phrase mythique de Sarkozy lancée à Gbagbo en Espagne : « Tu n’es pas le père de l’ivoirité » est gommée et vite remplacée par son degré de haine poussée contre les nordistes, ces Dioulas de la tribu de Ouattara. Le « livre Les Chemins de ma vie » dans lequel Henri Konan Bédié a développé les thèses de l’ivoirié est désormais écrit par Laurent Gbagbo. On pourrait verser les larmes! www.republicoftogo.com n’a jamais aussi fonctionné et à plein temps. Quand ses journalistes prennent le volet politique, le plus vieux clochard et voyou de tous les français en Afrique Charles Debbasch alias Kofi Souza prend le volet juridique et tente de démontrer comment une élection à deux tours est une aubaine pour l’Afrique. On se souvient encore de cette scène surréaliste où on passe à tabac en plein cœur de Lomé un proche de Gbagbo lors d’une réunion sous le regard complice de la police togolaise. Les plus énergiques auront été la presse dans son ensemble : Liberté Hebdo, Forum de la Semaine, Canard Indépendant, Correcteur, Dépêche, Eveil de la Nation… C’était le temps de la croisade contre le Bété. Fini la France colonisatrice, fini la France qui installe les Gnassingbé de père en fils et depuis 43 ans. Fini cette France qui est arrivée et a fait débarquer toutes les archives de 40 ans de règne des Gnassingbé en 2005. Fini cette France qui aide et personne ne voit la direction de l’aide. On aurait aimé revoir ces beaux jours. D’autres vont même sur des chaînes de radio et déversent le dernier fiel qui leur reste depuis que la dictature a fait du journaliste Togolais un guignol, un petit corrompu. Que dire des deux derniers articles de Liberté Hebdo pourtant un peu en avance que les autres journaux dans le traitement de l’actualité togolaise. L’auteur dans une fantastique chevauchée décrit Ouattara : « Ce policé économiste qui a fait ses preuves quand il était premier ministre de la Cote d’Ivoire ». On aurait encore aimé qu’on ajoute cette dose d’inepties et de contre-vérités. Et il a raison le journaliste. Il n’a pas vu des pères et mères de famille se suicider en Afrique francophone avec les ajustements structurels « made Alassane Ouattara ». Il n’a pas vu ce gardien, ce petit employé, cet ouvrier, ce mineur revenir dire à toute sa famille : « Je suis désormais chômeur ». Il n’a pas vu ces étudiants dans toute l’Afrique perdre leurs bourses d’étude. Et il ne se pose même pas la question du pourquoi il n’arrive pas à vivre du métier de journaliste. Même Eyadema, pourtant décrit comme un analphabète le reconnaîtra quand Joseph Takeli, directeur de Togoforum et petits amis étudiants dans son bureau lui reprochent de négliger l’école avec la suppression des bourses : « Je n’en suis pour rien, c’est le FMI » répliqua le tyran. Devinez qui était Directeur FMI Afrique. Pis, Liberté Hebdo reviendra dans un article au soir de l’arrestation de Laurent Gbagbo: Interventions étrangères en Côte d’Ivoire et en Libye : Ruée sur le café – cacao et le pétrole, recolonisation de l’Afrique ou irresponsabilité des dirigeants « nègres » ? C’est le comble ! On tombe des nues de la facilité et de la capacité ondoyantes de changer de veste au Togo. On se croirait au Pays d’Alice où les merveilles ne viendront plus jamais. Alors pourquoi avoir tiré sur Laurent Gbagbo pendant plus de quatre mois? Le Togolais est prié de faire une auto-analyse de notre degré de naïveté dans le combat pour la libération du pays, mieux du continent et de notre aide tacite à nos propres malheurs, bref à notre démission collective. Et l’auteur ne se demande même pas pourquoi Gbagbo et famille ont préféré laisser le monde entier voir la fasse hideuse de l’ONU comme de la France, sans mentionner l’obsolescence abjecte de l’UA et de la CEDEAO, tous ces machins inutiles savamment orchestrés et utilisés pour amuser les Nègres et leur faire perdre le clair de leur temps pendant que le colon blanc s’accapare tranquillement des ressources du continent noir.

L’auteur oublie même qu’il a, au matin des élections, reçu des Jeunes d’Afrique du Cojep, venus lui apporter leur soutien, lâcher: « Je vous fais cadeau de ma vie pour ce combat ». Que dire encore de sa dernière phrase avant l’ultime coup fatal des Ouattaristes : «Si je tombe pendant le combat enjambez mon corps et continuez la lutte».

Ouattara va apporter la démocratie au Togo

Au Burkina- Faso voisin. opposants,  journalistes comme intellectuels ont sorti les vieux livres de la colonisation. Les journaux comme le confrère Sanfinna au Burkina va plus loin et s’interroge sur la vraie victoire d’Alassane Ouattara, l’opposant historique Herman Yaméogo n’est pas du reste et refuse la conspiration internationale. Même son de cloche au Sénégal, au Cameroun. Mais bizarrement au Togo, c’est motus et bouche cousue. Nos leaders n’ont pas pensé que la Côte d’Ivoire prise dans les chaînes néocoloniales c’est bel et bien le petit Togo qui est enseveli et pour toujours. Nous avions même entendu des journalistes togolais dire et emboîté les pas de leur nouvel idole Soro Guillaume: « Ce serait une jurisprudence que de laisser Gbagbo diriger ». Il paraît que l’instinct brutal de Soro dans la rébellion a déjà aussi contaminé une bonne partie au Togo. Du côté où se trouvait la haute propagande mondiale chaque journaliste togolais voulait être en première ligne, comme dans une photo sur laquelle on immortalisera le nègre entrain de caillasser l’autre nègre. On se replie sur la plume et on raconte comment la France va délivrer le Togo aussitôt que Ouattara sera au pouvoir. Jean-Pierre Fabre, à qui on a volé les élections présidentielles, comme par ricochet Gbagbo en a volé aussi à Ouattara, pourra reprendre ce qui lui revient de droit. Comme Ouattara quoi. Quelle naïveté ! Les éclaireurs de la masse togolaise auront cette fois-ci bien éclairé, il faut faire pour 50 ans encore confiance à la France. Le reste, les générations suivantes devront s’en charger. Pis, chacun s’assoit et il n’est pas sûr que Dieu ne le pousse. Voilà la mentalité du Togolais moyen. Du haut de la tête de leur président qui ne pousse que des cheveux blancs, on peut déterminer le coefficient intellectuel et le degré de réflexion des Togolais et du peuple Togolais au 21è siècle, à l’heure d’internet, facebook, twitter et autres wikileaks. Qui refuse toujours de croire avec le Lynx que les peuples méritent leurs dirigeants.

Camus Ali Lynx.info

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