Le Secrétaire général du M.U.D.C écrit à Dénis Sassou-N’guesso

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 Le 07 août 2010
Bienvenu MABILEMONO

 à 
    Monsieur SASSOU-NGUESSO Denis

Nous fêtons le cinquantième anniversaire de notre indépendance, aucun travail épistémologique au niveau des idées, aucune analyse approfondie de l’existant ne semble être faite. Fidèle à votre stratégie de fuite en avant, vous voulez passer pieds-joints une fois de plus sur le bilan catastrophique de vos 25 années d’exercice de pouvoir sans partage.   

 Je vous accuse d’avoir enlisé notre pays dans l’ornière de fatalités, d’échecs, de ce que vous appelez vous-même la logique de construction/destruction. Vous êtes de loin le principal acteur politique de ces 50 premières années du Congo en tant que nation libre et l’histoire a voulu que vous soyez également à la tête du pays à cette date particulière du cinquantième anniversaire de l’indépendance. Cela vous honore bien sûr, mais cela vous oblige aussi, naturellement, à dresser un bilan approfondi de l’état de la nation relatif à cette période. Et il va de soi que vous ne sauriez faire un bilan de ces 50 ans sans souligner votre propre responsabilité dans ces échecs successifs, et surtout dans les drames et les crimes odieux qu’a connu le pays notamment de 1977 à ce jour. L’histoire vous offre là une occasion unique de vous élever spirituellement et surtout de soulager votre conscience en disant enfin au peuple congolais ainsi qu’aux familles concernées, qui a tué Ngouabi, qui a tué le cardinal Biayenda, où se trouvent les restes du corps de Massamba-Débat, où se trouve la fosse commune des 354 disparus du Beach. Que vous le vouliez ou pas, ce cinquantième anniversaire de l’indépendance marque indéniablement la fin d’une époque et impose un devoir de mémoire. Rien ne devra jamais plus être comme avant dans notre pays. 

Votre génération a échoué et vous êtes en grande partie à l’origine de cet échec cuisant de votre génération, celle des années 40. Vous êtes à l’origine des comportements déviants par rapport à l’éthique d’Etat, à l’éthique d’Hommes politiques, symbolisés par des assassinats politiques et les détournements massifs des fonds publics, le clientélisme politique, la corruption, et autres antivaleurs qui sont devenues légion dans notre pays aujourd’hui.

Sans doute à cause de votre faible niveau d’instruction, et surtout de votre refus de vous entourer d’Hommes de grande qualité que compte le pays, vous n’étiez certainement pas préparé à la gestion des affaires de l’Etat à un haut niveau de responsabilité ; ce qui explique que vous soyez tombé dans la simple jouissance. Point besoin en effet de rappeler qu’à votre époque, notre pays qui venait tout juste de sortir de la colonisation, offrait encore les mêmes perspectives à tous, les mêmes chances ; ceux qui passaient par les universités ou les grandes écoles, un petit nombre, et ceux qui, comme vous, passaient par les écoles et instituts de promotion sociale, pouvaient grimper les sommets de l’Etat et de l’administration.

Dans ces conditions, le seul moyen pour des gens peu formés comme vous, de prendre durablement le contrôle du pays était la professionnalisation de la vie politique. Celle-ci a introduit des différences énormes entre les gens d’une même génération et dans la société. Et c’est justement cette professionnalisation de la vie politique qui va finir par créer des mentalités, susciter des comportements ; en particulier, elle va créer des solidarités, façonner des corpus, des centres d’intérêts, des lobbies qui deviendront un système qui se reproduira sans cesse et qui survit aujourd’hui. Ce sont là autant de freins qui sont en fait la cause véritable de notre immobilisme. C’est d’ailleurs cette même logique que vous voulez perpétuer par le truchement d’un glissement dynastique du pouvoir à vos enfants ou neveux, ceux-ci étant généralement sous-formés.

Une analyse comparative, même rapide, des différentes étapes de notre histoire politique montre clairement que vous êtes le moins bon de tous les chefs d’Etat que notre pays a connu depuis l’indépendance. Avant vous, les précédents régimes, notamment ceux de Youlou et de Massamba-Débat, nous avaient laissé un Etat, une administration considérée à l’époque comme la meilleure d’Afrique francophone et un sens de la nation dans la conception du développement. Nous avions hérité de la colonisation d’une réputation de meilleurs fonctionnaires de l’AEF (l’Afrique Equatoriale Française). Des personnalités comme Jacques Opangault, Massamba-Débat, Ibalico, pour ne citer que ceux-là, se sont distingués par le travail. En Oubangui-Chari, actuellement Centrafrique, on nous appelait même les « Mboundzou », en Sango (la langue véhiculaire de la République centrafricaine), les grands bosseurs.

Dans les enquêtes sociales et de mentalités que rédigeaient les inspecteurs du travail ou les chefs de cercles (chefs de districts), les travailleurs congolais, même du secteur privé, étaient présentés comme les meilleurs. Mais il va y avoir rupture avec votre arrivée aux affaires, depuis, les Congolais sont devenus les derniers des derniers sur tous les plans, au lieu d’être des bosseurs, ils sont devenus des guerriers barbares qui n’hésitent pas à tuer leurs propres compatriotes. Le Congo n’a plus d’Etat et on sait que sans un Etat de droit, sans une administration comme stratège de développement, c’est l’anarchie, c’est la sauvagerie qui s’installe. Vous avez donc installé l’anarchie et la sauvagerie dans notre pays. Et aujourd’hui, vu notre situation de putréfaction actuelle de l’Etat, de régression généralisée, nombreux sont ceux qui n’hésitent plus à dire qu’après Youlou et Massamba-Débat, le pays a sombré parce qu’il est passé aux mains de ses fils les moins méritants.

Quand on voit l’état dans lequel se trouvent aujourd’hui le seul hôpital de référence du pays, les écoles, la seule université du pays ; quand on voit le degré de destruction du tissu économique du pays, la carence d’eau, d’électricité et autres infrastructures de base, l’absence des voies de communication modernes quadrillant l’ensemble du territoire national, facilitant les échanges, la circulation des personnes et des Biens du Nord au Sud, bref,  le niveau de l’indice de développement humain, et ce, nonobstant l’importante manne financière générée par les hausses consécutives du prix du baril de pétrole, n’ont-ils pas tout simplement raison ceux qui disent que notre pays est nivelé vers le bas parce qu’il est dirigé par les moins méritants de ses fils ? Comment ne pas leur donner raison quand on sait que notre pays a fait une chute libre, passant du statut, plutôt honorable, de pays à revenus intermédiaires à celui de pays pauvre très endetté à la très grande satisfaction de ses dirigeants ? Où passe donc l’argent de notre pétrole ? Où passe donc l’argent tiré de la vente de notre bois ? Comment justifiez-vous le taux élevé de l’endettement du pays accumulé durant vos 25 années de pouvoir ?  
   
En vous adressant aux membres de la Commission à d’Hoc de la trêve sociale, vous avez dit que les efforts faits dans notre pays sont toujours réduits à néant à cause des violences et les destructions qui en découlent, que notre pays s’est placé régulièrement, depuis l’indépendance, dans un cycle construction/destruction, un cycle permanent de constructions et destructions. Parler ainsi revient tout simplement à prendre un raccourci en rendant responsables tous les membres d’une génération ou tout un peuple, par exemple des assassinats crapuleux des années 60 à nos jours, des guerres civiles avec leurs corolaires de malheurs, de création des milices pour tuer, de la liquidation des Biens et de l’argent publics, du surendettement qui a hypothéqué le pays pour longtemps encore, somme toute de l’impuissance de l’Etat à remplir les tâches de développement, de souveraineté nationale, et cela relève tout simplement de la mauvaise foi. Je vous accuse donc de cultiver la diversion pour embrouiller les esprits des congolais.

Quand vous dénoncez ainsi, sans nuance, ce que vous appelez si bien le cycle permanent de construction/destruction, vous savez pourquoi vous le faites : en général, il s’agit d’une savante opération de diversion car comment comprendre que vous êtes vous-même à l’origine de tous ces cycles de violence et de destruction, que tous les Congolais savent que c’est vous et vos amis qui avez toujours prôné la théorie du chaos dans notre pays tant que vous n’êtes pas aux affaires, et que vous trouvez comme parade cette généralisation de responsabilités. Je pense honnêtement que vous devriez faire un petit pas en avant en acceptant la clarification dans l’analyse de cet échec cuisant des 50 premières années de notre indépendance car il existe des gens, et même des couches entières, qui ont toujours été à l’envers du décor implanté par vous notamment depuis votre coup d’Etat de 1979.

Certes, chaque congolais a sa part de responsable dans cet échec collectif, cependant l’histoire en devenir, celle qui se déroule sous nos yeux, a placé les Congolais à des échelles différentes, à des registres différents. Celui qui est aux affaires depuis plus de 25 ans c’est vous, c’est donc vous le modèle. Pour un peuple, l’amour du pays c’est exactement comme la croyance spirituelle, qui appartient au champ de la vie. On peut donc la partager avec d’autres. C’est pourquoi elle est universelle. Cependant le libre-arbitre est une équation humaine et strictement personnelle tout comme peut l’être l’utilisation des armes à des fins politiques, la corruption, la manipulation des hommes. Vous avez développé le génie de la manipulation et choisi de faire de la manipulation des hommes, de la surenchère politique toute une conception politique, une culture politique, une conception de l’Etat, des pratiques étatiques ; ce qui est une conception rétrograde de l’être humain. Chacun de nous est donc responsable des actes qu’il pose. Aussi, je pense que s’agissant du débat national, du bilan des 50 ans d’indépendance, nous devrions faire un effort de placer chacun devant ses responsabilités. Notre peuple n’a que trop souffert des confusionnistes dont le rôle est de détourner le débat de son objectif. Il n’y a pas de place pour ceux qui seront toujours irresponsables devant l’histoire.

Vous avez dit aussi qu’on ne peut pas demander ce qu’on n’a pas produit ou ce qu’on a détruit. Mais la vraie question est : Pourquoi n’avons-nous pas produit en cinquante ans d’indépendance, durant lesquels vous êtes resté 25 ans à la tête du pays, avec des booms pétroliers et un endettement accru à la clé ? A quoi a donc servi cet endettement effréné alors que vous reconnaissez vous-même que rien n’a été fait ? Mais surtout, pourquoi avons-nous détruit ce qui était déjà acquis ? Et pour être plus complet, on peut aussi se demander, pourquoi avons-nous détruit la démocratie qui était pourtant une très belle avancée vers la construction d’une nation moderne ? Ce sont là autant de questions qui ne devraient pas restées sans réponse à cette occasion de la fête du cinquantenaire de l’indépendance.  

Ceci dit, il va de soi que vous et vos amis, toutes générations confondues, avez échoué lamentablement sur tous les plans et qu’il appartient maintenant à la jeunesse de se donner les moyens, les capacités de relever le défi sans s’enfermer dans les jérémiades, l’opportunisme, la cupidité ou la diversion. J’ai toujours suggéré un grand débat national intergénérationnel, le seul qui puisse nous permettre d’aller de l’avant.

En cinquante ans d’indépendance, notre pays n’a pas pu créer les conditions de la formation d’une véritable nation, de socle d’un développement possible. La question centrale, la question de fond est donc celle de la construction de la nation congolaise. Les guerres civiles ont apporté des peurs, des résignations qui cachent des douleurs, des haines, des passions, des rancœurs à peine dissimulées qui engendrent à leur tour le ressentiment, le renoncement national, le découragement et qui nous éloignent finalement de la nation, de la république et de la démocratie. Du coté de l’Etat, et surtout de vous et vos courtisans, c’est la raison d’Etat qui prévaut : « tout va bien ». En réalité vous faites l’autruche, vous refusez de voir la réalité en face. Cette attitude ne résiste jamais à l’histoire, nous le savons tous.

Depuis le forum que vous avez organisé en 1998, placé sous les thèmes de la réconciliation et de la paix, on revient toujours sur les mêmes annonces sans résultats concrets. Et pour cause, aujourd’hui encore la célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance est elle aussi placée sous l’annonce de la réconciliation nationale, l’esprit du dialogue, de tolérance, d’amour, de paix et de communion nationale, toujours sans emprise réelle sur le peuple. Pendant ce temps, vous, solitaire dans vos idées, avec vos courtisans pour la plupart, parce que vous avez le pouvoir de nomination, de distribution des postes et des Biens, galvanisé par des certitudes de votre longévité aux affaires (plus d’un quart de siècle), de votre victoire militaire et des victoires électorales annoncées, allez du coup d’état constitutionnel en 1997, du pouvoir flexible de 1997 à 2002, de la nouvelle espérance au chemin d’avenir sans séquence, une opération digne d’un illusionniste, une opération de passe-passe pour ne pas avoir à rendre des comptes, totalement fermé à l’appel du peuple, à l’appel de la nation qui vous interpelle. Et pendant ce temps les problèmes des Congolais restent là, têtus, non résolus, notamment la question de la cohésion nationale, de la cohésion sociale.

Pourtant le soir même du forum de la réconciliation et de la paix en 1998, reçu par vous avec les membres de sa région de la Cuvette-Ouest, un grand sage humaniste avait appelé votre haute attention sur le fait que le pays ne sortait pas de ce forum réconcilié à cause de l’insuffisance des résultats obtenus ; qu’à sa sensation, à son sentiment, tout c’était passé comme si la question de la réconciliation, et donc de la paix, était laissée à votre seule responsabilité. Mais malheureusement, comme à votre habitude, vous avez réagi violemment ; et sur une heure et demie de réception qui avait été consacrée aux ressortissants de cette région, près d’une heure avait été consacrée à ce grand humaniste et homme de grande sagesse, pour lui dire qu’il était incapable selon vous de comprendre la symbolique d’union après la guerre atroce qui se déroulait sous ses yeux.

Et à la fin de la réception, votre premier courtisan, Mvouba est venu presque l’engueuler en le taxant d’« impertinence », pendant que vous tapotiez Jean François Obembé sur les épaules, comme pour le remercier, parce qu’il vous avait dit que tout en étant avec Lissouba, il était aussi avec vous. Ce n’est peut-être pas impossible, les politiciens congolais étant très forts dans le dédoublement. Et c’est ce genre d’attitude que vous inculquez aux hommes politiques congolais que vous manipulez à l’envi. Une chose est certaine c’est que tous ces courtisans ne vous rendent pas service car c’est bien vous qui serez seul responsable devant le jugement de l’histoire. Et quand on voit qu’aujourd’hui encore vous placez cette célébration du cinquantième anniversaire de l’indépendance sous l’annonce de la réconciliation nationale, l’esprit du dialogue, de tolérance, d’amour, de paix et de communion nationale, de vous deux, qui a finalement eu raison ?
Vous et vos courtisans évoquez souvent à ce sujet les efforts qui sont faits et que des analyses comme la mienne tomberaient comme dans une sorte de nihilisme, un refus de voir la réalité en face. Mais on ne peut mesurer un effort que par rapport aux données du problème à résoudre. Vous budgétisez un projet de l’Etat par exemple à 30 milliards, sur le terrain, à peine 10 ou 15 milliards ont réellement servi et le travail reste même très souvent incomplet. Peut-on parler d’efforts dans cette situation ? Un développement disparate, non équilibré ne peut pas faire avancer le pays ou le moderniser. Des gens comme moi qui osons aborder ces aspects pourtant fondamentaux de notre société, puisqu’ils concernent notre existence commune dans un même pays, sont perçus par le pouvoir comme des réducteurs, ceux qui cherchent les problèmes là où il n’en existe pas, sinon des pestiférés ou simplement des hommes à abattre.

A propos de la nation, prenons quelques exemples qui devraient faire réfléchir : au sujet de la réconciliation, de la paix, depuis le forum de 1998, plusieurs rencontres ont été organisées, de nombreux accords de paix ont été signés revêtant toujours le caractère de séances d’exorcisme collectif, d’alchimie sociale, les résultats étant toujours superficiels. On ne pose jamais la question fondamentale de l’état de la nation après cinquante ans d’indépendance. La vérité est que la réconciliation n’a jusque-là pas aboutie, la paix non plus et reste une quête. Vous avez donc beau évacuer la question en déclarant que vous n’avez ni à vous excuser ni à vous justifier de vos actes, tant que vous serez aux affaires, mais le jugement de l’histoire qu’en pensez-vous ? Par exemple s’il n’y avait pas eu de guerre du Pool, il n’y aurait pas les disparus du Beach. Alors voyez-vous, l’histoire finit toujours par nous rattraper tôt ou tard, quoi que l’on fasse, même à titre posthume.

A propos de la guerre du Pool par exemple, nous savons que c’est vous-même qui aviez dû mettre fin à cette guerre contre la volonté de quelques officiers comme Adoua ou Mokoki et autres qui en avaient fait une vache-à-lait en allant prendre l’argent au Trésor Public, servi à flot, appelé effort de guerre. Et aussi quelques cadres du Pool comme Mvouba ou Konta qui, peut-être, inconsciemment participaient à cette horreur contre leurs propres parents en qualifiant ces destructions de « dégâts collatéraux ». Autrement dit, la guerre serait justifiée et que les destructions ne seraient que de simples conséquences. Pourtant, à cette époque, avec beaucoup d’ascendance dans l’appréciation de la situation, en privilégiant le dialogue et la négociation comme vous l’avait vivement conseillé les sages et humanistes comme OTTA Jean Joseph William, vous auriez pu éviter cette guerre du Pool ou en diminuer les effets. Aujourd’hui la reconstruction du Pool est une nécessité, tout le monde en convient.

Mais aujourd’hui la question fondamentale reste celle de savoir pourquoi il y a nécessité d’un projet de société à défendre, quelle que soit l’appartenance politique de chacun, à savoir, la construction nationale. La politique de la construction nationale est plus difficile à mettre en œuvre que celle basée sur une idéologie (capitaliste ou socialiste), car il s’agit de construire des esprits, des volontés, des capacités. Au plan géographique, le Congo se présente sous la forme d’un « T » renversé, sans ventre, donc sans Centre géographique en tant que tel. Une telle géographie vous donne une répartition du pays en Nord et Sud sans Est ni Ouest. La difficulté consiste donc à modifier cet état des choses dont se servent les politiques pour diviser le pays en Nord et Sud hégémoniques et finalement politiques. C’est cette répartition qui fait plus de mal à notre pays.

Le problème du Congo est très profond. Ce ne sont pas vos fameuses municipalisations tournantes copiées sur le Gabon voisin, et qu’ils ont eux-mêmes abandonnées depuis, me semble-t-il, faites à la sauvette et limitées dans le temps, qui vont arriver à bout de ce problème. Cinquante ans après l’indépendance, c’est un véritable projet de construction nationale, un grand projet intégrateur qu’il faut pour le Congo, presque un plan Marshall au niveau d’un pays qui demeure totalement à construire. Un vrai projet de construction nationale, voilà ce dont notre pays a besoin après ce long passage à vide qui a duré 50 ans ; c’est un tel projet que devait défendre tout Congolais si nous voulons sortir notre pays de l’impasse dans lequel il se trouve aujourd’hui et que lui impose la géographie politique décrite ci-haut. Tout patriote, tout nationaliste devrait soutenir un tel projet. Et c’est ce que nous proposons, nous au niveau du Mouvement pour l’Unité et le Développement du Congo – M.U.D.C. Les Congolais, du Nord au Sud, ont besoin de mieux se connaître pour se respecter.

En définitive, je peux affirmer qu’en 25 ans de pouvoir sans partage, vous avez fait du Congo, un fleuve d’égoïsmes et un champ d’intrigues, de divisions et de rivalités. Mais surtout il est resté un champ d’expérimentation de la pauvreté. Vous avez donc montré votre incapacité à mener le Congo vers son développement, il faut avoir le courage et l’élégance de reconnaître son échec et de passer la main. Car même en restant encore deux-cents ans de plus à la tête du Congo, vous ne ferez rien. Alors si vous aimez vraiment ce pays qui vous a tout donné, de grâce, ne lui faites pas perdre davantage le temps en vous maintenant au pouvoir par la force, envers et contre tous. A l’occasion de votre message à la nation, le 15 août prochain, je vous invite donc à annoncer au peuple votre sage décision de vous retirer du pouvoir, au plus tard à la fin du septennat.  

Bienvenu MABILEMONO

Secrétaire général du M.U.D.C

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