Repenser la politique au Togo

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Il est difficile de donner une définition claire et nette du mot „politique“ pour en satisfaire toutes les conceptions de celles et ceux qui la font. Il n’est pas aussi très aisé de dire ce que la politique devrait être dans un Etat de droit.

Pour nous, la politique est un engagement, un sacrifice au service des populations dont on veut amoindrir les souffrances et améliorer le quotidien. Dans ce souci, le politicien est celui qui met sa vie et ses compétences (s’il en a) au service de l’idée générale (entité) dans laquelle il vit. L’engagement politique se situe donc au plus haut degré du comportement citoyen et s’inscrit dans une logique de palier à la difficulté de l’action collective. Le politicien est celui qui consent des sacrifices individuels pour des intérêts collectifs, celui qui travaille pour ces intérêts collectifs quand les autres travaillent pour eux-mêmes

Chez nous au Togo, l’idée de sacrifice pour le bien des populations qui est le leitmotiv de tous les politiciens et la réalité qu’ils nous donnent sur leurs actions est très loin de leurs bonnes intentions.

Que ce soit le pouvoir en place ou l’opposition, tous les leaders politiques ou tous ceux qui ont une responsabilité quelconque à quelque niveau que ce soit, pensent d’abord aux fruits qu’ils vont recueillir du poste qu’ils occupent ou qu’ils vont occuper. Le devenir de ceux pour lesquels ils disent combattre passe en perte et profit. La population pour laquelle on dit lutter devient un objet de manipulation. On lui ment à tous les coups. Rien qu’à suivre les „meetings“ des deux clans régime / opposition.

Tout comme le parti au pouvoir, le RPT/UNIR, les partis d’opposition, eux aussi, ont hérité des pratiques du parti unique où la liberté de penser, de dire la vérité et le droit aux populations est inexistante.

L’attitude du politique togolais se résume dans la métaphore de la mouche qui cherche toujours à se poser sur tout ce qu’elle peut se mettre dans le ventre sans distinction. L’univers politique togolais est fait de reniements et de compromissions, de volte-face au gré des intérêts alimentaires du moment. Les choix politiques ne se font pas en fonction des idées dont on a parlé dans les lignes précédentes. Mais ils s’inscrivent dans une logique de positionnement et d’introduction, de manière concertée dans une autre organisation (entrisme), des membres  pour avoir sa part du gâteau du pouvoir. Pour exemple, la ruée de tous les leaders de partis politiques chaque fois qu’un appel du pouvoir est lancé pour un dialogue, pour des élections, pour la formation d’un gouvernement d’union national ou pour toute autre manoeuvre allant dans le sens du partage. Ce n’est pas la réponse positive à ces appels qui est déplorable mais la manière dont elle se déroule qui rappelle la ruée des mouches sur de la matière fécale. Ces appels ne se font pas sur la base de bonnes négociations qui permettraient de sceller des alliances raisonnables et durables, la réponse consiste à se répartir des places secondaires à des affamés de richesse et à des assoiffés de pouvoir.

J’ai lu un article de la CDPA-BT „ Reprendre la parole“ datée du 20 Avril 2013; article dans lequel elle dit reprendre la parole après un silence d’observation et elle voudrait bien continuer de faire ses propositions.

Depuis que j’ai commencé de suivre la vie politique de mon pays, le Togo, et de ces partis politiques avec la grande majorité des leaders politiques que je connais personnellement, seule la CDPA-BT est le parti qui a des vues cohérentes et stables et peut-être ne tient pas un langage de bois. Et je crois, c’est pourquoi elle n’est jamais associée à ce que font les autres ou quand elle leur fait appel les autres n’acceptent pas.

Je me rappelle une discussion que j’ai eue avec un journaliste de la place en 2002: „ La CDPA-BT dit de bonnes choses mais elle rame à contre courant. Nous préférons vendre nos journaux avec une photo de Gilchrist à la première page que ce qu’elle dit. Nous voulons après tout vivre“. Et un autre grand leader qui avait trouvé place dans la mangeoire: „La CDPA-BT sait d’où elle vient et où elle va mais elle n’a qu’à s’aligner sur la ligne de mon parti car il a fondé le plus grand parti que suit la population“.

Il est temps que la mare soit assainie, que les charognards qui y pullulent à la recherche du moindre bout de cadavre se dégagent ou soient dégagés. Le Togo regorge de personnes à la moralité irréprochable et au patriotisme certain qui doivent se donner la peine d’entrer dans le jeu politique pour en changer les règles et casser le mythe de la politique allergique à l’éthique. Le ciel politique ne peut pas évoluer, changer en marge des populations. L’homme politique togolais doit être celui qui se rapproche de l’idéal moral auquel la société veut tendre

 Fait à Lomé, le 23 Mai 2013

Awute Komla

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